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Homélie du dimanche

 

 

 psimontrotabas  

 

 Homélies du Père. Simon Trotabas.

 Méditations sur l'Evangile du dimanche.

Dimanche 15 Octobre 2017

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St Matthieu 22/ 1- 14 - Les invités à la noce !

 

Cette parabole est encore plus parabolique que les autres… à ne plus rien y comprendre !

Ce roi qui doit inviter à deux reprises aux noces de son fils… les invités répondent à l’invitation royale par l’indifférence ou la violence meurtrière… leur ville est incendiée… d’autres invités sont ramassés au hasard sur les routes… un pauvre diable qui ne portait pas le vêtement de noce est rejeté dans les ténèbres… où va-t-on ? quelle histoire !

       En fait, il s’agit de raconter en image, l’histoire du salut offert par Dieu

Dans une première partie de la parabole, il s’agit du refus et de l’hostilité d’Israël à l’invitation des prophètes et des justes, dans des récits de l’Ancien testament, et on fait allusion à la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 après J.C.

Dans une deuxième partie de la parabole, est racontée la proclamation de l’Evangile par Jésus et ses apôtres, et l’expansion missionnaire parmi les païens, sans aucune exclusive

Dans une troisième partie de la parabole, la venue du roi figure celle de Dieu pour le jugement. L’homme qui ne portait pas le vêtement de noce, devient le symbole du croyant inconséquent avec lui-même. Il ne répond pas à la grâce qui lui est offerte

 

         « La multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux »

C’est la fin et c’est la pointe de la parabole. Comment comprendre cette Parole ? Dieu appelle tous les êtres humains, les mauvais comme les bons. Il faut Lui répondre du plus profond de soi-même. On peut être chrétien de surface en négligeant de se convertir.        

         Mon baptême ne suffit pas. C’est ma façon de vivre mon baptême qui compte.  

                               Il s’agit de revêtir « le vêtement de noce »      

Finalement, sans avoir l’air de rien, cette parabole « bizarre » c’est à moi qu’elle s’adresse !

Cette année notre Evêque demande à chacun à chacune, prêtre, diacre, fidèle engagé ou non,

                           de poser sa vie chrétienne personnelle et communautaire sur 5 « essentiels »

Essentiel n° 1 : La vie fraternelle. « heureux les invités au repas du Seigneur » dit-on à la messe, comme dans la parabole. Je viens à la messe, je communie, je me réconcilie. Très bien. Après, quand je rencontre des gens de la paroisse et d’autres gens, comment est-ce que je vis la communion avec eux, et la réconciliation? Dans les premières communautés chrétiennes, les gens du dehors quand ils parlaient des chrétiens, disaient : « voyez comme ils s’aiment » Aujourd’hui, disent-ils cela de nous ? Beaucoup de choses se jouent dans les détails de l’existence. Aimer le Très Haut, c’est aimer le petit, le plus bas, près de chez soi !

Essentiel n° 2 :  La formation. Nous avons tous à nous former, à grandir dans la foi, les prêtres comme les fidèles. Tout le monde aujourd’hui doit se former dans toutes les situations et tous les milieux, même les personnes âgées. En Eglise aussi. Exemple : « les maisons d’Evangile » faites pour tout le monde.   « Les services d’Eglise » proposent des formations régulières à ceux et celles qui participent à ces services. Il y a bien d’autres possibilités d’approfondir la foi. Il suffit de se renseigner

Quand est ce que chacun et chacune se posera la question : et moi, j’ai besoin que ma foi s’approfondisse. Qu’est-ce que je veux et que je peux faire pour grandir dans ma foi ?

 

Les 3 autres essentiels, une autre fois…

 

                                                         en collaboration avec Fabrice

     Dimanche 8 Octobre 2017.

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     Chant d’amour pour la Vigne, Isaïe 5/1-7 

« Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre, il en retira les pierres, Il y mit un plant de qualité. Il bâtit une tour de garde, Il creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais… »

Cette image date de 800 ans avant J.C. Elle chante l’amour de l’époux pour son épouse ou sa fiancée. Le prophète Isaïe n’hésite pas à s’en servir. A la place de l’époux, il met Dieu ! à la place de l’épousée, il met Son peuple !

« Pouvais-Je faire pour ma vigne plus que Je n’ai fait ? »

« J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? »

« Il en attendait le droit, voici l’iniquité ; Il en attendait la justice, voici les cris de détresse »

                                     Ah ! que de prévenances ! que de refus !

Cette image peut-elle nous parler aujourd’hui encore ? Quel sens pouvons-nous lui donner ?

 Ecoutons l’Evangile d’aujourd’hui. Jésus n’hésite pas à reprendre à Son compte la même image de la vigne et même à la préciser encore davantage

                                                       St Matthieu, 21/33-43

« Un homme planta une vigne, Il l’entoura d’une clôture, Il creusa un pressoir, Il bâtit une tour de garde… Quand arriva le moment de la vendange, Il envoya ses serviteurs pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. Le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux. Ils furent traités de la même façon. Finalement, Il leur envoya Son Fils, en se disant, ils respecteront Mon Fils… Voyant l’héritier, pour avoir l’héritage, Ils se saisirent de Lui, Le jetèrent hors de la vigne et Le tuèrent »

Jésus veut s’adresser de cette manière aux responsables religieux de son pays, il le faut. Il leur parle sans détour. Il résume ce qui s’est passé avec les prophètes, il annonce ce qui va Lui arriver. Il prend le risque de leur tenir tête. Il essaye de leur ouvrir les yeux. Et nous, et moi, ai-je enfin compris et admis que

La Vigne du Seigneur, c’est nous tous et toutes, et que nous sommes aimés par Dieu.   Mais, il est vrai aussi que je peux, que nous pouvons refuser Dieu concrètement dans nos vies.                                                      

                       Jésus ajoute une Parole étonnante et inattendue :

« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! »

On ne se rappellera jamais assez que l’Eglise, et donc nous, nous sommes édifiés

                                              sur Jésus Christ la pierre rejetée, devenue pierre angulaire !

                       Une fois de plus l’Evangile nous met devant un paradoxe :

la pierre rejetée, exemple, la prière laissée de côté, devenue pierre angulaire, c’est à dire un essentiel pour nous personnellement, et avec d’autres… une merveille sous nos yeux ! la pierre rejetée, laisser de côté les petits, les autres différents et inintéressants, devenue pierre angulaire découvrir que j’ai besoin des autres quels qu’ils soient… une merveille ! la pierre rejetée, passer à côté de quelque chose qui peut me paraître secondaire, devenue pierre angulaire qui va dénouer tout à coup une situation… une merveille sous nos yeux ! la pierre rejetée, dans une situation sans issue, devenue pierre angulaire, se sacrifier discrètement pour faire avancer une cause commune… une merveille sous nos yeux ! la pierre rejetée, la vieillesse, la maladie, même la souffrance devenue pierre angulaire peuvent me faire grandir et d’autres aussi … une merveille sous nos yeux ! 

en collaboration avec Fabrice

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Dimanche 20 Août 2017, St Matthieu 15/21-28,   Dieu… sans frontières 

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     Au premier abord, Jésus, dans cet Evangile, peut étonner, et même choquer

       C’est dans sa situation historique que ce récit trouve sa véritable signification       

              

                            L’action se passe vers la région de Tyr et de Sidon,

                          aujourd’hui, au Sud-Liban, hors du territoire d’Israël

 

Une Cananéenne crie « Aie pitié de moi, Seigneur, ma fille est tourmentée par un démon »

Les Cananéens n’ont pas bonne réputation. Pour les Juifs, c’est un peuple auquel on attribue le sobriquet moqueur de « chiens !» un peuple relégué dans sa religion et ses coutumes

 

Jésus ne répond rien. Les disciples disent : donne-lui satisfaction, elle nous poursuit de cris

Jusqu’alors, le rôle des disciples semble plutôt effacé. Ils ne se doutent pas, en intervenant ainsi, qu’ils préfigurent la place que Jésus leur donnera désormais.

Dans un premier temps, Jésus, habituellement à l’écoute de chacun, rappelle brutalement

                     « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël »

                   Et, comme la maman insiste encore, Jésus incisif, ajoute en plus

« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens »

De quoi dissuader toute autre tentative. Cette maman ne désarme pas. Elle franchit même toutes les limites. Elle « force » la porte fermée. Tant pis, elle ose dire devant tout le monde

« justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres »

Cette maman est inspirée. Elle semble avoir deviné qu’un jour, les païens auront part eux aussi,   « au Pain livré et donné, à vous, et à la multitude »   comme il est dit à chaque Messe

Jésus est ébloui ! « Femme, ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux  » 

Ici même, en St Matthieu, se vit un moment décisif : le Christ est pour tous. Cette femme Cananéenne, étrangère, a droit, elle aussi, à toute sa place. Elle a autant de prix qu’une autre.

Oui, Dieu s’est d’abord révélé à un peuple particulier, les Juifs.

                                       Mais, Son projet d’amour concerne bien l’humanité toute entière      

 

                                                 Pour nous aujourd’hui

 

L’évènement contenu dans l’Evangile de ce jour est bien plus que le dépassement d’un tabou vécu en des siècles anciens. Il interpellenotre aujourd’hui.Le Pape Benoît XVIsouligne le paradoxede notre temps : Le monde globalisé nous rapproche technologiquement, mais ne nous rend pas davantage frères.

 

Que veut dire exactement, pour moi, une Eglise ouverte aux périphéries de l’existence ?                                      

 

La dynamique de ce Dimanche me porte-t-elle à porter un autre regard sur les personnes différentes, jugées inférieures ? Notre Dieu est-Il en conversation avec elles ?

  

Devant ce qui se passe ces jours-ci en Espagne, quelqu’un me demande : où est Dieu là dedans ? ma réponse actuelle c’est : Dieu est dans les actes de miséricorde, comme des miettes, qui sont déployées vis-à-vis des victimes, des blessés, des mourants. Cela s’est vécu à Nice, à Bruxelles, à Berlin, à Londres. En Jésus, Dieu, s’est logé dans l’homme

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                     15 Août 2017, Assomption de la Vierge Marie

                          

                                   Avant tout, il faut commencer par Jésus.

Ecoutons l’Apôtre St Paul. Il s’adresse à la jeune et turbulente communauté chrétienne de Corinthe. Un certain nombre d’entre eux affirment leur foi à la résurrection du Christ, et doutent de la résurrection des morts : ils ne font pas le lien entre la résurrection du Christ et la leur. Ils se posent tellement de questions sur le « quand » et le « comment » de cette résurrection qu’ils en arrivent à sa négation.

                                       St Paul est net : 1° Corinthiens 15/ 20 à 26

« Frères et Sœurs, le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts »

Prémices désigne les premiers fruits d’une récolte. En Jésus, c’est déjà notre propre résurrection qui commence

                           La résurrection du Christ est le fondement et le gage de la nôtre

 

« C’est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier le Christ ;

et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu’Il reviendra. Alors, tout sera achevé »

Aujourd’hui, le Christ ressuscité nous conduit à Marie ressuscitée. Elle est assumée et glorifiée corps et âme. Marie, non par mérite personnel, mais par la grâce divine, reçoit déjà la destinée finale de ceux et celles qui appartiennent au Christ et seront ressuscités en Lui.

               l’Assomption de Marie au ciel, l’Apocalypse 11/19 et 12/1à 10

Nous avons fait du mot « Apocalypse » un synonyme de catastrophique… Dans la Bible, il s’agit au contraire d’une « révélation », une clarté dans la nuit, une flamme qui consume le mal. Ce livre de la Bible, au langage codé, est écrit à l’intention de chrétiens persécutés, afin de relever et de soutenir leur espérance.  

- Le cadre : « Le temple qui est dans le ciel s’ouvre, et l’Arche d’Alliance apparaît »

                             ( Autrement dit : Dieu va révéler Son projet caché)

* La femme : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme »

( Elle est la personnification du peuple de Dieu, à la fois Israël, dont est né Jésus, et l’Eglise qui donne le Sauveur. La tradition chrétienne a vu dans cette femme, Marie, la Mère de Jésus, image de l’Eglise)

« Le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, sur la tête une couronne de douze étoiles »

                                                   (les douze tribus d’Israël, et les Apôtres)

« Elle était enceinte, elle criait, torturée, par les douleurs de l’enfantement »

( l’enfantement dont il est question n’est pas celui de Bethléem, mais celui du calvaire)

** Le Dragon : « un énorme dragon, rouge-feu, avec sept têtes et dix cornes, et sur chaque tête un diadème. Il se tenait devant la femme afin de dévorer l’enfant dès sa naissance » 

(il n’est autre que le serpent du récit de la Genèse, il représente aussi l’Empire romain d’alors, persécuteur de l’Eglise, et, à travers lui, toutes les forces hostiles à l’Evangile au long de l’histoire)

*** L’Enfant : « La femme mit au monde un Fils… le Berger de toutes les nations »

(le Messie, le Christ. Le mal croit avoir remporté la victoire puisque le Christ est mort sur une croix.)

«  Il fut enlevé près de Dieu et de son trône »

(évocation symbolique de la mort et de la résurrection de Jésus)

« La femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place »

( le refuge au désert évoque l’exode, l’image de l’humanité toujours en marche vers la terre promise dont ni le mal, ni la mort n’auront le dernier mot)

« L’Assomption n’est explicitement reconnue qu’à propos de Marie comme « Mère de Dieu ». Elle n’en signifie pas moins l’accomplissement d’un salut qui n’est pas réservé à elle seule, mais que Dieu, souhaite communiquer à tous les croyants »Groupe des Dombes        

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   Dimanche 13 Août 2017 - St Matthieu 14/22-33 - la marche sur les eaux

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Après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus oblige ses disciples à monter dans la barque. Puis Il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, Il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre. Elle était battue par les vagues, car le vent était contraire…

Pour comprendre l’évènement, deux significations à connaître :

dans le nouveau testament, la barque, représente l’Eglise.

dans la Bible, la mer, c’est l’abîme, le lieu où habitent et agissent les grosses bêtes, qui représentent les puissances mauvaises. Les eaux peuvent être les eaux de la mort

Vers la fin de la nuit, Jésus vient vers eux en marchant sur la mer

Comme Dieu, Jésus maîtrise les flots déchaînés, Il marche dessus. Quelques fois on représente la statue de Marie les pieds écrasant la tête du serpent

En Le voyant marcher sur la mer, les disciples sont bouleversés. Ils disent c’est un fantôme. Pris de peur, ils se mettent à crier

Qu’aurions-nous fait de différent, nous autres, sinon crier de peur ? Or, nous allons assister à un étrange dialogue

Aussitôt, Jésus leur parle : Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur !

Cette Parole de Jésus est prononcée en pleine tempête ! N’ayez pas peur ! Dans la Bible, ces mots reviennent souvent dans la bouche de Dieu : N’aie pas peur, Je Suis avec toi !

Elle est belle et forte de cette Parole de Dieu pour nous, en qui la peur nous habite souvent

En pleine tourmente, Pierre prend la parole : Seigneur, si c’est bien Toi, ordonne-moi de venir vers Toi sur les eaux. Jésus lui dit : Viens !

Quel dialogue insolite ! Faire le pas… avoir peur ou oser la foi !

 

Pierre descend de la barque et marche sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais voyant la force du vent, il a peur et, comme il commence à s’enfoncer, il crie Seigneur sauve-moi ! Aussitôt, Jésus étend la main, le saisit et lui dit homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?

Pierre incarne le cheminement de la foi dans le cœur de l’homme ; il croit, mais sa foi reste fragile. Quand il ne pense qu’à Jésus, il est fort ; dès qu’il prend conscience de sa condition humaine, il « s’enfonce ». Mais il crie Seigneur, sauve-moi ! Jésus le ressaisit, il est sauvé. Image authentique des luttes de l’homme : par la foi et l’amour, l’homme est en quelque sorte suspendu au Christ

Quand ils furent montés dans la barque-Eglise, le vent tomba. Ceux qui étaient dans la barque-Eglise se prosternèrent devant Lui, lui dirent « Vraiment, Tu es le fils de Dieu ! »

Nous sommes au sommet du récit 

Plus que l’homme capable de marcher sur les eaux, l’homme capable de faire tomber le vent,

St Pierre a plongé dans la foi ! Lui et les disciples se prosternent, ils s’adressent à Jésus :

Tu es Le Fils de Dieu. Ce qui revient à dire, Tu es l’Egal de Dieu l’énoncé de la foi chrétienne

Ce récit est actuel. Il est une véritable parabole pour nous aujourd’hui…

Oui, l’histoire nous apprend que la barque-Eglise est sans cesse « harcelée » par les vagues

Oui, la foi des chrétiens et des chrétiennes est une victoire à gagner sur les tempêtes de la vie

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Dimanche 30 Juillet 2017, St Matthieu 13/44-46, un trésor - une perle

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Le royaume des cieux, un trésor caché… j’ai envie de dire : Dieu, vraiment un trésor caché !

L’homme qui l’a découvert… cet homme ne se doutait pas que dans son travail quotidien se trouvait un trésor ! quel trésor ? la parabole va nous le dire

Dans sa joie, il le cache de nouveau… il a découvert que sa vie lui apportait de la joie. Ce secret, il ne veut pas le perdre, il le cache

Il va vendre tout ce qu’il possède…

Pour quoi ? parce que, il a découvert la joie dans sa vie, ça vaut plus que tout l’or du monde

Il achète ce champ ce qu’il a découvert, il ne veut plus jamais le perdre !

Le royaume de Dieu, une perle… pour moi, Dieu, Jésus, : Une perle de grande valeur !

Un négociant recherche des perles fines… il ne se contente pas du train-train de la vie, il est en recherche, il s’interroge sur le sens de sa vie

Il trouve une perle de grande valeur… il a compris la différence entre ce qui est très important, et, ce qui est moins important. Pour lui, c’est cela la perle

Il vend tout ce qu’il possède…

Pour quoi ? il ne veut pas s’enfermer dans la routine quotidienne. Il a découvert un sens à sa vie

Il achète la perle ce qu’il a découvert, pour rien au monde il veut le perdre ou l’oublier !

 

 

Maintenant, c’est à notre tour. Les paraboles de Jésus, il faut en faire l’expérience !

Dans ma vie, c’est quoi le trésor que j’ignorais ?

                                                 Dans ma vie, c’est quoi la perle fine que je laissais de côté ?

Pour ma part, c’est la rencontre d’un prêtre, à Vence, l’âge de 17 ans. Il m’a fait découvrir, sans rien me dire, l’orientation de toute ma vie… C’est aussi une assistante sociale qui m’a donné le sens des autres

Il ne s’agit pas d’aller chercher des grands évènements. Les petites révélations se font souvent dans les détails quotidiens, les simples occasions journalières. Il faut seulement y être attentifs. Il faut aussi en parler avec ceux et celles en qui nous avons confiance.

Au niveau de la foi, j’ai appris ceci, de la part des chrétiens, des chrétiennes

Pour les uns, la foi a prit consistance à partir de la lecture d’un livre qui a servi de révélateur. Pour d’autres, une rencontre, un évènement heureux ou douloureux, un pèlerinage, une communauté religieuse, un groupe de paroles, une retraite spirituelle, une situation nouvelle,

Depuis que je suis en contact avec des réfugiés, je sens que mon style de vie doit changer !

Un déclic s’est produit. Il est bon que chacun, chacune se remémore pour lui-même, ce qui a été un début, un commencement, un recommencement, un tournant, une autre façon de croire, d’espérer, une meilleure façon d’aimer les autres.

             L’essentiel c’est de ne pas s’intéresser seulement à soi-même.

 

 

La période des vacances. Le moment où nous faisons et défaisons les bagages. Occasion de nous demander ce que nous allons emporter de précieux et ce que nous allons laisser de moins important. En parler en famille ou entre amis pour nous aider à faire des choix

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Dimanche 23 Juillet 2017, St Matthieu 13/24-30  La parabole de l’ivraie 

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En ce Dimanche de Juillet, je me sens appelé à parler de ce qui s’est passé le 14 Juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice. Je demande à ceux et celles qui sont blessés de ne pas m’en vouloir de revenir sur cette tragédie. Je voudrais dire tout ce qu’elle contient

Il y a ceux et celles qui étaient sur place, il y a ceux et celles qui ont assisté à l’effroyable depuis leurs balcons. Ils auraient pu rester là, sans bouger, pétrifiés par la peur. C’était 22 heures. Certains ont entendu sonner à leur porte d’en bas. C’était sans doute pour se mettre à l’abri. Ils ont décidé d’ouvrir la porte sans connaître, à n’importe qui. D’autres ont décidé de ne pas rester en haut sans rien faire. Ils sont « descendus dans l’horreur » pas pour regarder. Pour aider. Il y en a qui sont restés en bas toute la nuit jusqu’à 6 heures du matin. Pour quoi faire ? tenir des mains, serrer des épaules, donner à boire, tenter de réconforter avec quelques mots. Le Curé de la paroisse dit : je me souviens d’avoir tremblé, j’ai pleuré. Encore aujourd’hui, il m’arrive d’être saisi par les images quand je me réveille. Je me souviens aussi de la très belle humanité que j’ai vue ce soir-là. Je ne m’attendais pas à tant de générosité, de bonté. Tous ces gens qui étaient là pour aider, tenir une main, ouvrir leur porte. J’ai vu des serveurs, des plagistes, des policiers, revenir dix fois auprès d’un même corps pour le recouvrir quand le vent repoussait le tissu posé sur lui. Je me souviens des employés de la Mairie qui ont dû nettoyer le sang le lendemain. On n’imagine pas ce que cela a été. Le soir plusieurs sont venus dans l’église, comme un refuge et un lieu de prière. Certains viennent partager leur angoisse, comme cette mère, qui, fuyant le camion, n’a pas vu mourir son fils

A Nice, après le 14 Juillet, la communauté musulmane s’est sentie montrée du doigt. Plusieurs femmes voilées, notamment, ont été prises à partie sur le Promenade des Anglais. Au lendemain des attentats, nous avons entendu des mots méchants. Nous avons aussi vécu de vrais moments formidables, car à Nice, le dialogue interreligieux est une réalité.

Nice, un an après, le 14 Juillet 2017, la journée toute entière est consacrée au Souvenir.    

Extrait du texte de Pauline, cousine de Camille Murris, décédée le 14 Juillet 2016

… Les personnes présentes auront du mal à rire et encore plus de mal à rêver ce soir…

L’an dernier, ils ont vu par où le ciel s’était obscurci… Les dieux des uns, les étoiles des autres n’ont rien à voir là-dedans. Seule la folie des hommes est à blâmer, enrôlée par des foyers de haine stérile. Ils ont aussi vu d’où pouvait venir la lumière qui dissout les ténèbres quand elle saisit le courage et le cœur des hommes…

 

   La parabole proposée en ce jour s’applique exactement à cet évènement !

Maître, n’avais-tu pas semé dans ton champ des semences de première qualité ? Comment se fait-il qu’y pousse de l’ivraie ? Le maître répond C’est la faute de mon ennemi.

L’ivraie, le camion fou. Le chauffeur ? Ceux qui l’ont convaincu d’agir ainsi sont les premiers responsables. Dieu le sait. Dieu seul est « Le Juge »

Le blé, tous ces inconnus qui ont œuvré cette nuit-là. Ceux et celles qui travaillent, souvent, bénévolement, tout seul, dans les associations, malgré tout ce qui se passe dans les ténèbres.

Veux-tu qu’on cueille l’ivraie maintenant ? Non. D’une même poignée, vous arracheriez le blé et l’ivraie.    Laissons-les croître côte à côte jusqu’à la maturité. Réponse inattendue !

A bien y regarder, c’est le salut du bon grain, plus que tout, qui préoccupe le maître du champ. Il s’oppose à ses serviteurs qui répartissent toutes choses en deux camps bien distincts : bien et mal, vérité et erreur. Le monde n’est pas parfait. Le monde est mélangé.

Nous aussi, nous sommes impurs, mélangés. Lumière et ténèbres croissent côte à côte

       Les ténèbres nous envahissent dès que nous avons perdu de vue La Lumière

« Au moment de la récolte, à la fin du monde, Je dirai aux ouvriers : ramassez d’abord    

l’ivraie. Liez-là en bottes pour la brûler ; Quant au blé, recueillez-le dans mon grenier »

                                           «  Entende, qui a des oreilles ! » 

          

 

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Dimanche 16 Juillet 2017, St Matthieu 13/1-23, la parabole du Semeur

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« Une foule se rassemble auprès de Jésus. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles »

Les disciples demandent « Pourquoi parles-Tu en paraboles ?» Jésus répond :

« c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre »

Comme l’a bien dit Le prophète Isaïe «  Le cœur de ce peuple s’est épaissi. Ils sont devenus durs d’oreilles, ils se sont bouché les yeux, et les oreilles, pour ne pas voir et ne pas entendre, de peur que leur cœur ne comprenne, et qu’ils se convertissent, et Moi, Je les guérirai »

Toute Parabole est dite pour nous apprendre quelque chose à découvrir en nous-même

Puisque notre cœur est épaissi par tant de préoccupations, il faut ouvrir tout son cœur Puisque nous sommes devenus durs d’oreilles, il faut se mettre à tout écouter avec soin

Puisque nos yeux ne savent plus voir, il faut regarder autrement et désirer comprendre

                   Cela nous est donné à tous et à toutes si nous le voulons bien

Pour ce qu’il en est de la Parabole du Semeur, Jésus Lui-même en révèle le sens caché  

   Le Semeur semait… des grains sont tombés au bord du chemin… d’autres sont tombés dans des endroits pierreux… d’autres sont tombés dans des épines… d’autres dans la bonne terre...

 

« La graine tombée en bordure de la route, c’est cet homme qui entend la Parole de Dieu et ne la comprend pas. Alors le mal s’empare de ce qui a été semé dans son cœur »

« La graine tombée sur un sol pierreux, c’est cet homme qui entend la Parole et la reçoit d’emblée avec joie. Mais comme il est dépourvu de racines, ce n‘est que pour un temps. Que la Parole lui vaille d’être persécuté ou inquiété, et aussitôt, elle le fait trébucher »

« La graine tombée sur les buissons d’épines, c’est cet homme qui entend la Parole ; mais elle est rapidement étouffée par les préoccupations de son époque et les richesses qu’elle fait miroiter. La graine est stérile ».

« Enfin, la graine tombée dans une terre riche, c’est cet homme qui entend la Parole et en comprend la portée. Alors, il la fait fructifier et l’on voit une graine en donner cent, et là soixante, et ici trente »

 

        «  Heureux nos yeux qui voient, heureuses nos oreilles qui entendent »

                                   Découvrons Dieu dans cette parabole

Dieu, un semeur sort pour semer ! Arrêtons-nous : Magnifique image de Dieu !

Dieu, un Semeur ! Dieu, un semeur qui sort de Lui-même pour Se Donner ! Dieu qui ne s’arrête pas de répandre la bonne graine ! Et, en plus Dieu qui sème à tous vents !

Quelle largesse. Quel don de soi. C’est sans limite, c’est actuel et c’est de tous les temps, c’est la générosité, la gratuité, à l’état pur

                               Découvrons-nous dans cette parabole

Nous, c’est le risque et la grandeur de notre liberté. Nous pouvons être sourds, ne pas vouloir entendre ; Nous pouvons être aveugles, ne pas vouloir voir ; Nous pouvons faire semblant d’ignorer ; heureusement, nous pouvons aussi donner, trente, soixante, cent, pour un.

                                                 Méditation du jour

Aujourd’hui, le langage des paraboles n’est pas employé, alors, comment parler de Dieu ?

« Il n’y a pas de réponse technique ou théorique. Nous avons, chacun de nous, à être une réponse .Une réponse que nous ne comprenons pas, mais que nous sommes. Suivre Jésus, le Verbe, sur son chemin de croix (et de joie). L’essentiel n’est pas du côté de l’avoir, mais de l’être. L’essentiel est d’être avec le Christ, une parole vivante et livrée à autrui. Donc, avoir moins une parole surDieu, que d’être les uns pour les autres une parole de Dieu.

Arrêtons-nous là-dessus. Fabrice Hadjadj, converti au Catholicisme, professeur de philosophie, dramaturge et essayiste.   Dans « Magnificat » Juillet 2017 pages 190 et I91

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                     Dimanche 9 Juillet 2017, St Matthieu 11/25-30

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Verset 25 « Père, Seigneur du ciel et de la terre… ce que Tu as caché aux sages et aux savants, Tu l’as révélé aux tout-petits »

         Dieu Père Fils St Esprit s’adresse à tous les humains quels qu’ils soient

     Que signifie cette répartition entre« les sages »  « les savants » « les tout-petits » ?  

« les tout-petits » ceux et celles qui s’ouvrent à Celui qui est Le plus haut, à Dieu

« les sages et les savants » ceux et celles pour qui la science, leur savoir suffisent à tout

                 C’est comme si Dieu leur était caché par leur science, leur savoir

Dans l’Evangile Jésus s’adresse à tout le monde. Certains comprennent. Ils adoptent ce que dit Jésus. Ils se mettent à L’écouter, à Le suivre, même quand son message est exigeant.

D’autres sont heurtés par Jésus. Pour eux Jésus est un homme comme un autre. Il est le fils d’un petit artisan de Nazareth, Il n’a pas fait d’études. Quand Il s’adresse aux gens, Son message n’est pas celui de la doctrine habituelle. Ils pensent que Jésus est un fauteur de troubles, ou un idéaliste dont il faut se débarrasser.

 

Question : Il y a des savants, comme Einstein, croient en Dieu. Ils savent que la science par elle-même peut résoudre DES problèmes, mais pas LE problème pris dans tout son ensemble. Aujourd’hui la science médicale, permet de faire engendrer un enfant par une femme qui n’est pas sa mère, g. p. a. Le drame c’est qu’on se suffit de la science sans faire appel à d’autres critères plus essentiels. Je veux dire que la science ne résout pas les problèmes de fond de la vie humaine. Ainsi, tout enfant a besoin de savoir qui est son père, qui est sa mère pour se construire solidement. La science toute seule n’apporte pas la vraie réponse

                                     Dieu Père Dieu Fils Dieu St Esprit

Verset 27   « Tout m’a été remis par Mon Père ; personne ne connaît le Fils sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut Le révéler »

                                         Cette phrase est une phrase-clé

« Le Père connaît le Fils » Le Père voit en Jésus une réciprocité totale, Son Fils « Unique »

« Le Fils connaît le Père » Jésus Le Fils est « le Seul » visage humain de Dieu Père

« Et celui à qui le Fils veut le révéler » ce sont eux « les tout-petits » à qui Dieu se révèle.

Par l’Esprit Saint, ils font la découverte inattendue, que c’est Dieu qui parle et agit en Jésus !

La Trinité c’est Dieu Père Fils St Esprit en relation mutuelle. Nous sommes créés pour vivre en relation les uns avec les autres.

                                                           Le poids du fardeau

Versets 28   « Venez à Moi vous qui peinez sous le poids du fardeau »

Saurais-je entendre cet appel dans ma vie complexe, remplie d’agitations, de bruits, de fatigues, de blessures mutuelles, de problèmes… si je me maintiens dans la seule dimension horizontale de l’existence, si j’oublie la dimension verticale de toute vie humaine

Henri Matisse rejoint l’appel de Jésus Christ quand il écrit : « Je désire que tous ceux et celles qui entrent dans cette chapelle, s’assoient, posent leurs fardeaux, et se sentent allégés » et quand il reconnaît que  « sa main a été conduite pour accomplir l’œuvre de cette chapelle »

 

« Et Moi, dit Jésus Je vous procurerai le repos»

Si je pouvais simplement entendre, garder, cette Parole de Jésus pour les jours difficiles !

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Dimanche 2 Juillet 2017, Matthieu 10/37-42, un simple verre d’eau fraîche…

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Parfois l’Evangile comporte des formules dérangeantes, il y en a plusieurs ce Dimanche…

Si à la première lecture, je suis rebuté, je les relis plusieurs fois. Je souligne d’une couleur les mots qui me semblent porteurs de vie, et d’une autre couleur les mots qui me heurtent, ou que je ne comprends pas. Parfois, l’Evangile apparaît simple et limpide… comme un verre d’eau fraîche… c’est aussi le cas ce Dimanche…

                                                    Les formules dérangeantes 

 

« Celui qui aime son père ou sa mère, plus que Moi » dit Jésus

Bien sûr qu’il faut aimer son père et sa mère. Il est des moments de la vie où nos parents, âgés ou malades, deviennent une priorité. Alors, Il faut les aimer autrement qu’avant. Jésus n’est pas prétentieux quand Il ajoute « plus que Moi ». Tout dépend de l’image et de la place qui est celle de Jésus. Jésus n’est pas quelqu’un qui s’ajoute en plus, comme un concurrent. Jésus Se situe à l’intérieur de chacun et de chacune de nous. A propos de la relation à nos parents, Jésus est Celui qui élargit ma faculté d’aimer au-delà même de ma famille.

 

« Celui, qui aime son fils ou sa fille, plus que Moi » dit Jésus

Cela peut me sembler exorbitant. Il ne s’agit pas de préférer Jésus à ses enfants. Quand arrive le jour où l’enfant fait des choix de vie qui ne correspondent pas du tout à ce que ses parents souhaitent… Quand un enfant ressent un appel à une vie religieuse ou sacerdotale… à ce moment, Jésus est Celui qui crée, chez les parents, un amour nouveau, plus ouvert, plus vrai, à l’égard de chacun de leurs enfants pour qu’ils se sentent parents et enfants autrement qu’avant

 

« Celui qui ne prend pas sa croix, et ne Me suit pas » dit Jésus

C’est le point culminant. Jésus n’a pas choisi la croix. Jésus a choisi le chemin de Dieu Son Père. Jésus me dit qu’à certains moments, quand on va jusqu’au bout de l’amour… le chemin devient étroit et même crucifiant. Jésus m’a montré que l’amour véritable choisit le côté de la vérité et de la vie… alors, l’Amour de Jésus en moi est plus fort que la mort !

 

« Pas digne de Moi » dit Jésus. Cette expression revient à trois reprises.

                       Qui oserait se sentir digne d’être aimé par Dieu Lui-même ?                 

                                   Justement, à la messe, nous allons dire :

Seigneur… je ne suis pas digne… de Te recevoir… mais dis seulement une parole… et je serai guéri 

Le problème n’est pas d’être digne. Le problème c’est de croire que Dieu est d’une bienveillance infinie qui nous déborde de tous les côtés. Le problème c’est de croire qu’Il nous demande, malgré tout, de L’accueillir, de Le recevoir, de se laisser aimer par Lui

 

 

                                                            Accueillir !

                 Accueillir ! Ce verbe est cité six fois de suite dans cet Evangile !

   Il ne s’agit pas forcément de faire de grandes choses, mais d’être tout simplement humain

  « Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche à l’un de ces petits…

«  Qui vous accueille, M’accueille ; et qui M’accueille, accueille Celui qui M’a envoyé  »      

         Il s’agit d’accueillir les autres comme si j’accueillais le Seigneur Lui-même

                                         Je cherche quel verre d’eau fraîche

                 je peux offrir, aujourd’hui, à ceux et celles que je vais rencontrer !

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Dimanche 25 Juin 2017   Evangile selon St Matthieu 10/26-33

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Ce soir, 24 Juin, fête de Jean Baptiste, la messe de Tourrettes/Loup est célébrée, avec vous, dans la chapelle St Jean le Baptiste et St Jean l’Evangéliste. Bienvenue à tous et toutes.

Cette chapelle que vous connaissez mieux que moi, Paul Vigrou, l’aime et donne tout son cœur et son expérience chrétienne pour la faire vivre…

Cette chapelle des Pénitents blancs date du 17ème siècle. Tombée en ruine, elle a été restaurée totalement dans ses murs, sa toiture, ses fondations, à partir de 1955 par la Mairie de Tourrettes à le demande du Chanoine Pierre Viale curé de cette époque. Magnifique travail extérieur et intérieur.

Les peintures intérieures ? les grands moments de la Bible et de la vie de Jésus sont représentés avec les habitants, adultes et enfants de Tourrettes ! Unique !

         Ecoutons maintenant l’Evangile de Jésus. Jésus est au milieu de nous, à Tourrettes.

« Ne craignez pas » cette parole de Jésus est redite trois fois.

Le Pape J.PAUL II le jour de son inauguration a dit à la foule réunie place St Pierre : « N’ayez pas peur » c’est pareil. Oui, il m’arrive d’avoir peur, de ne pas oser m’engager totalement dans la foi. Je me souviens d’un prêtre qui disait, à qui voulait l’entendre, sa confiance totale en Dieu. Un jour, je lui demandais, « tu n’as donc jamais peur ?» à mon grand étonnement, il est resté silencieux un moment, puis il a ajouté « oui, j’ai peur, mais j’ai peur de moi, mais, je n’ai pas peur de Dieu » C’est beau, je m’en souviens toujours. Avoir peur de soi, oui, car nous sommes fragiles et faibles.

Quand Jésus prononce «  ne craignez pas » Il s’adresse à ses disciples, petite équipe à côté du vaste monde souvent incroyant et capable de cruauté. Nous en savons quelque chose. Il y a bien des chrétiens persécutés en ce moment. Chasser la peur en soi demande une vraie conversion de soi-même. C’est un défi : ou la peur ou la foi. Il arrive d’être noyé dans le bruit, la confusion, l’angoisse. Pour en sortir, il faut mettre chaque jour, un vrai temps de silence, pour prendre du recul par rapport à nos craintes. Pour d’autres, ce temps de silence, il est réservé à Dieu. Dieu peut me parler si je fais le silence en moi. Dieu peut aussi me laisser habiter par Son Silence à Lui. Dieu travaille à son rythme à Lui. L’essentiel, c’est de tenir le temps de silence que je me suis fixé. Cela peut remettre les évènements les situations, les angoisses à leur vraie place et me permettre de me redresser, de retrouver la confiance, la foi.

Oui, un vrai danger existe : tout ce qui peut faire périr l’âme. Qu’est-ce que l’âme ?

C’est une source en nous… Le don d’une Présence immense et intime… une source… une Présence… qui provoque une ouverture vers les autres… qui me fait sortir de moi… de mon seul petit univers… sans calcul, librement, gratuitement…

                                                   Les moineaux et nous

Quand je suis stressé, quand j’ai perdu le sens, la raison d’être de l’existence, quand je suis accablé par les forces du mal, je regarde la nature. Je contemple la force de la vie qui jaillit. Je passe du plus petit brin d’herbe, d’une fleur de violette, à un arbre immense et fort…

Je regarde une faible petite bête, je pense à un grand mammifère…

Je découvre que la base de tout, c’est Dieu. Dans Son Amour, Il met tant de soin, tant d’énergie, tant de fantaisie à Sa création. Je me dis que Dieu ne peut pas ne pas se soucier de nous les êtres humains. Pour Dieu, tout être humain a du prix

                                          Tu es le Dieu fidèle éternellement !

- Seigneur, Tu nous partages Ton corps et Ton sang

   Et nous allons tout joyeux vers Toi en chantant :

- Tu as tracé la route qui nous mène à Toi, et nous allons invitant le monde à Ta Joie

- L’Amour que Tu nous donnes nous a libérés, et nous marchons vers la sainteté de Ton Nom

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         Dimanche 18 Juin 2017 Le Saint Sacrement de l’Eucharistie

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A Le temps de la manne au désert   Deutéronome chap. 8 / 2-3. 14-16

En quittant la Montagne du Sinaï, Dieu promet à Son Peuple qu’Il les accompagnerait. Pourtant, les murmures d’incrédulité du peuple se renouvelent sans cesse. Moïse s’adresse à son peuple :

« Tu te souviendras de toute la route que le Seigneur ton Dieu t’as fait parcourir depuis quarante ans dans le désert » …   dans nos vies, à un moment ou à un autre, nous aussi, sommes appelés à traverser des temps de désert au bout des quels devrait apparaître la terre promise. La marche dans le désert est une épreuve de vérité. La tentation nous y attend : vouloir vivre avec ses propres moyens, refermé sur soi-même. Ceci revient à oublier Dieu, source de toute vie véritable

« Dieu t’a fait avoir faim et Il t’a donné à manger la manne, que ni toi ni tes pères connaissiez. La manne, pour que tu reconnaisses que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais qu’il vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur » Deutéronome 8 / 2-3

La manne, (une farine granuleuse, déposée chaque matin sur le sol comme du givre. On ne pouvait en faire provision).

La manne, pas seulement une nourriture, mais aussi «  tout ce qui sort de la bouche de Dieu dont l’homme a besoin pour vivre vraiment ». Je n’oublie pas, n’oubliez pas cette belle définition de la manne,  « tout ce qui sort de la bouche de Dieu pour vivre »

C’est seulement ces jours-ci que j’ai compris que le don de la manne était une préparation et une image lointaine de l’Eucharistie

                 B Le temps de Jésus, le don de soi   St Jean chap. 6/ 51-58

   Après avoir nourri la foule dans un endroit désert avec cinq pains et deux poissons…

                                                        Jésus annonce

                    «  Moi, Je Suis le Pain vivant, qui est descendu du ciel »

     « Le Pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée, pour que le monde ait la vie »

             Jésus se fait Lui-même une « manne nouvelle et éternelle » !

Les gens de son époque, et nous peut-être, nous avons du mal à croire ces Paroles de Jésus.

De Sa Vie humaine, de Sa mort, Jésus en fait du pain pour que Sa Vie soit partagée entre vous et la multitude

De Sa Vie humaine, de Sa Mort, Jésus en fait du vin pour que Sa Vie soit versée en vous et en la multitude

Non seulement Dieu, Jésus, se fait un homme au milieu des autres hommes, mais encore plus bas, Dieu, Jésus, se fait nourriture et breuvage ordinaires, pour que Sa Vie soit communiquée à la multitude comme Il le dit à la Cène du Jeudi Saint

 

« Tel est le Pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement »

         Je reçois du Christ Sa Vie en plénitude pour en vivre ici et maintenant

 

                                                               C Le temps de l’Eglise, la Parole, les Sacrements  

           « Vous ferez cela, en mémoire de Moi » Jésus le soir de la Saint Cène.

                                     «  L’Eglise, c’est Jésus continué et répandu. »

* Au temps de l’Eglise, la décision de croire se prend face à Jésus, vivant dans les uns et les autres, agissant dans Sa Parole, et dans Ses sacrements, ce n’est pas toujours facile !

 

             Raison de plus pour en parler franchement les uns avec les autres… !

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Dimanche 11 Juin 2017 - Dieu la Sainte Trinité

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     Dieu est le centre de la Liturgie. Aujourd’hui, fixons-nous sur ce mot : « Dieu »

Si l’on pose cette interrogation à quelqu’un « qui est Dieu ? » voici quelques réponses… 

Dieu ? je n’y crois pas, il n’existe pas ; si il y avait un Dieu, il ne se passerait pas toutes ces choses horribles; Dieu, je ne sais rien dire de Lui ; Dieu, Il est là haut, au dessus, il ne fait rien ; Dieu, je le prie quand ça va mal ; Dieu, je n’y pense pas souvent, je l’ai pas besoin de lui

Et, nous Chrétiens, que disons-nous de Dieu ? nous avons souvent nos propres idées.

                           Laissons plutôt la Bible nous apporter son éclairage

            

                           Livre de l’Exode 34/4-9 Dieu avec Moïse

En ces jours-là, Moïse vivait environ 1250 ans avant Jésus Christ. Un évènement grave vient de se produire : au désert, Israël a cédé à l’idolâtrie. Il a fait un veau en or, et, il l’a adoré comme son dieu.

Moïse se leva de bon matin et gravit la montagne du Sinaï. Le Seigneur descendit dans la nuée. La nuée symbolise le mystère et l’insondable de Dieu

Il passa devant Moïse et proclama « Le Seigneur, Le Seigneur » Dieu Se révèle, Il dit Son Nom. Puis Il se définit : tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité

Cette déclaration est surprenante : Dieu ne parle pas de Sa toute-puissance, ni de Sa supériorité. Au contraire, Il est Celui sur lequel on peut s’appuyer. Même après l’infidélité de son peuple, Il demeure bienveillant, lent à la colère, plein d’Amour et de fidélité. Dieu, se fait proche de ceux et celles qu’Il a créés et qu’Il veut accompagner

Avez-vous, vous-même, expérimenté, ressenti, une telle présence de Dieu dans votre vie ?

La rencontre avec le Seigneur suppose un accueil et une réciprocité de notre part

La rencontre avec le Seigneur se fait souvent dans la rencontre avec les autres

 

Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna. « Seigneur, daigne marcher au milieu de nous » Quelle est belle cette prière de Moïse pour son peuple qui n’en fait qu’à sa tête.

Au long de la longue histoire chaotique de l’humanité, Dieu se souvient de Son Alliance

             Evangile selon Saint Jean 3/16-18 Le sommet de la Révélation :

                                    Dieu a envoyé Son Fils dans le monde !

Nous sommes maintenant, 1250 ans après Moïse, aux environs de l’année 90, rédaction définitive de l’Evangile selon St Jean. Que de chemins parcourus, depuis Moïse, l’arrivée en terre promise, les guerres, la paix, la construction du Temple de Jérusalem, les rois, les prophètes, l’exil à Babylone, les autres peuples différents, le retour, l’occupation par les Grecs, les Romains,… l’Alliance de Dieu avec l’humanité franchit une étape décisive

Dieu a prit un corps et un visage d’homme pour vivre au milieu de Son peuple…

           Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique

                             Nous touchons le sommet de la Révélation

« Dieu invisible, invite les êtres humains à entrer en communion avec Lui dans sa Trinité intime » Concile Vatican II, La Révélation chap. 1er n °2

« Dieu nous a parlé par Son Fils Jésus Christ … Le voir, c’est voir le Père… l’envoi de l’Esprit de Vérité, achève la Révélation, aucune nouvelle révélation n’est à attendre » Concile Vatican II, La Révélation chap.1er n°4

                             Quand on aime, on ne peut pas être tout seul 

             Dieu Trinité : La vie de Dieu est une relation à l’intérieur de Lui-Même.

                      Dieu Trinité nous met en relation les uns avec les autres

             Dimanche 4 Juin 2017, La Pentecôte , St Jean 20/19-23  

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       Seulement quatre phrases dans l’Evangile d’aujourd’hui, mais quelle densité !

 

C’est après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine…

Nous sommes le soir du Dimanche de Pâque

Les portes étant closes, là où se trouvent les disciples, par peur des Juifs

Les disciples ont peur, ils ont fermé toutes les portes… c’est normal, après ce qui vient de se passer… nous aurions fait pareil, sans doute

Jésus vient et se tient au milieu d’eux

Cette phrase a de quoi nous surprendre, nous étonner. Nous ressemblons aux disciples qui ne s’attendaient pas du tout à voir Jésus vivant. Cette « irruption » est caractéristique de Dieu. Dieu n’est pas enfermé comme nous, dans les catégories de temps et d’espace. L’accent est mis sur l’essentiel : la présence du Christ. On ne s’interroge pas sur le comment. Dieu vient à Sa façon, à Son heure. Quand deux ou trois sont rassemblés en Mon Nom, Je Suis là, au milieu d’eux. Dieu est là, au milieu de nous, dans notre assemblée dominicale. Il est là dans nos groupes de prière, Il est là dans nos partages sur Sa Parole. Nous le croyons dans la foi.

Jésus leur dit « paix à vous ! »

Chez St Jean, la paix est toujours liée à la présence de Jésus. Jésus leur donne Sa Paix. Les disciples en ont bien besoin, car c’est l’envers de la situation qui pèse sur eux, en ce moment !

Ayant dit cela, Il leur montre ses mains et son côté  

Jésus veut, de cette manière, leur montrer que c’est bien Lui qui est là. La résurrection n’efface pas les traces de ce qu’Il a vécu avant.

Les disciples sont remplis de joie à la vue du Seigneur

La joie est un signe de la Présence de Dieu en nous. Les disciples découvrent que Jésus est vivant. Les disciples découvrent que Jésus est vraiment « Seigneur » Ils sont Heureux !

Jésus leur dit de nouveau : « paix à vous ! 

encore une fois « la paix ». Comme à la Messe. Il nous est dit, de la part de Jésus : « Je vous donne Ma Paix » Nous nous transmettons cette paix les uns aux autres.

Comme le Père m’a envoyé, dit Jésus

c’est l‘annonce solennelle de l’envoi, de l’incarnation de Jésus. Dieu en personne, vient dans notre monde ! Le centre de la foi chrétienne.

« Je vous envoie »

c’est l’annonce que, nous aussi, nous sommes envoyés par Dieu, personnellement, chacun et chacune. Envoyés où ? là où la vie nous a placés, dans les circonstances qui sont les nôtres.

Ayant dit cela, Il souffla sur eux

Le Souffle, ce mot est très important. Le livre de la Genèse, raconte d’une manière imagée que Dieu, après avoir façonné l’être humain, Souffle sur lui, pour qu’il ait la vie. C’est le grand Souffle de la création. L’homme a besoin de Dieu pour vivre. Ici, c’est le Souffle de Jésus Ressuscité sur l’être humain. C’est le grand Souffle de la recréation. L’homme a besoin du Souffle de Jésus Christ pour être recréé. Le souffle a aussi sa place dans le monde sportif. Lors des compétitions, on parle couramment du second souffle qui permet de tenir pour accomplir la performance

Et Jésus leur dit : « Recevez l’Esprit Saint »

Dieu est Père, Dieu est Jésus, Dieu est Esprit, Souffle, Tout en UN. L’être humain sait très bien prendre, se servir. L’être humain aime donner. L’être humain pense aussi se suffire à lui-même. La grande difficulté de l’être humain c’est d’apprendre à recevoir. Recevoir des autres quels qu’ils soient. Apprendre à recevoir Dieu. Dieu, on ne Le prend pas. Dieu Se donne, Dieu Se reçoit. Seule, la prière, m’apprend à recevoir l’Esprit Saint, le Souffle de Dieu

   Vraiment, cet Evangile de la Pentecôte dégage un deuxième souffle dans nos vies !

Dimanche 21 Mai 2017, St Jean 14/15-21, le testament de Jésus

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C’est le soir du Jeudi Saint. Jésus se met à genoux devant chaque disciple. Il lave leurs pieds.

Jésus leur annonce qu’Il donne Sa Vie sous la forme du Pain et du Vin partagés. Judas sort, il fait nuit. Les apôtres rejoignent avec Jésus le mont des Oliviers. L’ambiance est étrange, la fin approche. Jésus parle en chemin, Il leur révèle qu’il sera toujours avec eux, en eux .

 

Je prierai le Père L'Esprit de Vérité sera en vous le monde ne me verra plus mais vous, vous me verrez vivant et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que Je Suis en Mon Père que vous êtes en Moi et Moi en vous.

Je prierai le Père … l’Esprit de vérité sera en vous … le monde ne Me verra plus …

vous, vous Me verrez … vous vivrez … vous êtes en Moi … et Moi en vous …

Je garde précieusement ces Paroles.

Le Père, Jésus, l'Esprit, Dieu est inséparable Dieu est « relation ›› à l 'intérieur de Lui vous en Moi … Moi en vous … cela veut dire, nous en Dieu !... Dieu en nous ! …comme mélangés … à Lui et Lui à nous...

Suis-je loin de la réalité ?

Au moment où ces Paroles de Jésus, peu avant Sa mort, résonnent en moi, quelqu`un se donne la peine de venir faire part de sa souffrance, et de l’incapacité à en sortir. Il s’agit d’une rupture profonde et durable entre les membres d’une même famille, entre parents et enfants.

D’un côté, ces Paroles fortes de Jésus qui font écho en moi, et j’espère en vous...

Et, de l’autre, le désarroi devant cette situation familiale bloquée.

On pourrait répondre que cette situation familiale n’a rien d°exceptionnelle. Vais-je me contenter de ça.

Si j'en crois Jésus.

Il y a Quelqu’un en moi qui parle. Il y a Quelqu’un en moi qui me demande d’agir. Il y a

Quelqu’un en moi qui prie. Il y a Quelqu’un en moi qui écoute. Il y a Quelqu’un en moi qui est miséricordieux.

Il y a toujours un grand risque.

Celui que je me détourne de ce Quelqu’un en moi. Celui que je ne crois à personne d’Autre

qu’a moi. Celui que cet Autre m’entraîne trop loin, que ce soit trop difficile.

Qui est cet Autre à Qui je me réfère ?

Pour moi, c’est Dieu, c`est l’Esprit, le Souffle, c’est Jésus, Sa manière d’être en moi.

Pour d’autres, ce n’est pas Dieu. Il n’y a rien.

Pour d’autres, ce qui donne sens à leur vie, c’est le besoin de se donner, d’agir.

Si j’en crois Jésus

Dieu existe, Dieu est Vivant. Dieu apporte mieux que nous-mêmes

Dieu fonctionne de l’intérieur, dans notre vie, dans notre cœur, dans notre intelligence, dans nos faiblesses, nos insuffisances, nos pauvretés en amour. Rien ne L'empêche d'aimer.

« Je vais T'aider, mon Dieu, à ne pas Téteindre en moi ››

Etty Hillesum 1914-1943 Auschwitz

  Dimanche 14 Mai 2017

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       Les Actes des Apôtres 6/1-7   …Récriminations entre chrétiens…

Les Chrétiens de langue grecque récriminent contre ceux de langue hébraïque. Les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien.

Dans la toute jeune communauté chrétienne de Jérusalem existe un groupe « les hellénistes » Ils sont Juifs convertis. Ils parlent le grec et non l’araméen comme les « Hébreux ». Par leur origine, ils sont plus ouverts au monde extérieur et ils ont « sept » chefs d’Eglise à côté des « Douze » Une discussion s’engage au sujet du service quotidien, c’est-à-dire l’organisation des repas de bienfaisance, mais aussi des repas fraternels avec l’Eucharistie. Le problème est important : il concerne l’unité de toute la communauté dans sa diversité

Les Douze convoquent l’ensemble des disciples ; ils proposent que les sept accomplissent cette charge nouvelle. Ceci convient à tous, et les apôtres leur imposèrent les mains.

Ce problème est résolu par l’institution du diaconat permanent. Le Concile Vatican II rétablit dans l’Eglise du xx° siècle l’existence du diaconat pour des hommes mariés ou célibataires. Ils ont un ministère liturgique et un service auprès des pauvres et des éloignés de l’Eglise à accomplir. Actuellement, le diocèse de Nice compte 42 diacres plus 2 qui seront ordonnés Dimanche 28 Mai prochain, dont Philippe Mellet pour notre paroisse

             Evangile selon St Jean 14/1-12   … Montre-nous le Père…

Philippe dit à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit »

Jésus répond «  il y a si longtemps que Je Suis avec vous, et tu ne Me connais pas encore Philippe ! Celui qui M’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire ‘montre-nous le Père’  Tu ne crois donc pas que Je Suis dans le Père et que le Père est en Moi !»

La question de Philippe à Jésus est la suivante : fais-nous voir Dieu, et ça nous suffit !

Et la réponse de Jésus est fondamentale : celui qui Me voit, il voit Dieu !

En Christianisme, Dieu a un visage, Dieu a un visage humain. C’est le visage de Jésus Christ

Nous n’avons pas à inventer un autre visage de Dieu que Celui de Jésus.

Notre tentation permanente, c’est celle d’imaginer Dieu à notre façon, à notre manière, selon nos idées. Dieu s’est révélé aux êtres humains dans la personne du Christ venu vivre dans la condition terrestre.

Oui, bien sûr, ceci nous surprend et contredit toutes nos représentations habituelles de Dieu

Les malaises dont nous souffrons viennent souvent de la réponse que nous apportons :

* Est-ce que pour nous, Dieu est un pouvoir extérieur à nous, qui nous domine, nous assujettit, nous limite…

* Ou bien Dieu est-Il une source qui jaillit en nous comme une vie, comme un espace illimité qui s’offre à nous

La difficulté dans laquelle nous nous débattons est celle de passer d’un Dieu extérieur à un Dieu intérieur à soi-même et aux gens. Un Dieu silencieux, dépouillé, fragile, un Dieu au plus profond de nos intimités ET de nos relations aux autres. O Christ, Tu n’as pas fait que la souffrance et que la peur aient disparu. Tu les as remplies de Ta Présence

Heureusement que peu à peu, au contact des évènements, des rencontres, des situations, des chocs de la vie se produit en nous une découverte vitale de l’Evangile et une rencontre personnelle avec Jésus Christ

         « La sérénité qui m’habite, elle ne m’appartient pas. Elle m’est donnée »

   « Quand je vois un geste de tendresse auprès d’un malade, d’un petit, d’un faible »

                 « Quand j’apprends un acte de réconciliation, de pardon »

                                       «  je vois le visage de Dieu »

                                         Dimanche 7 Mai 2017

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                             Les Actes des Apôtres 2/14. 36 à 41.

Le jour de la Pentecôte, à Jérusalem, 50 jours après Pâques, les apôtres sont réunis au Cénacle. Provenant du ciel, un bruit semblable au passage d’un vent violent envahit la maison. Ils voient comme des langues de feu se répartir et se poser sur chacun d‘entre eux. Tous, à ce moment, comblés du Souffle Saint, ont parlé selon ce que Le Souffle leur donnait de dire, dans un langage compréhensible

Quand l’Esprit vient, Il libère la Parole des Apôtres. Il fait naître le Nouveau Peuple de Dieu

   Tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera !

 

             Nous voilà, soudain, les uns et les autres, devant la largeur de vue de Dieu !

                 Le Souffle de Dieu nous empêche de nous rétrécir sur nous-mêmes

On nous dit que nous vivons dans une civilisation dirigée par l’argent et l’égoïsme. Ce n’est pas faux. Cependant, je connais et vous aussi, vous connaissez plein de personnes engagées au service des réfugiés, des exclus, des pauvres, des malades, contre les injustices

Et aussi des personnes qui ont tout ce qu’il faut et qui pensent aux autres en travaillant dans des associations.

J’essaye de jamais oublier que je ne trouverai jamais en moi tout seul l’accomplissement de moi-même. Toute vie est faite pour s’ouvrir, surtout quand on est seul, et même quand on est âgé, même quand on est malade.

Nous avons besoin les uns des autres. Nous avons besoin d’apprendre « le vivre ensemble »

 

                                 Evangile selon St Jean 10/1à 10

Le vrai berger… les brebis écoutent Sa voix… elles connaissent Sa voix

Pourquoi Jésus raconte t’Il cette histoire de berger, de brebis, quand on l’accuse de guérir un aveugle-né ? Parce que les gens n’ont pas compris le vrai sens de ce miracle. En effet

1° on se voit toujours mieux que ce que l’on est. J’oublie, ou je ne veux pas reconnaître que j’ai sur moi, des yeux aveugles

2° on veut s’en sortir tout seul, c’est une erreur. Nous avons tous besoin les uns des autres. Souvent, justement, pour nous ouvrir les yeux.

« Amen, amen, Je vous le dis : Moi, Je Suis la porte » « Si quelqu’un entre en passant par Moi, il sera sauvé »

Si quelqu’un entre en passant par Moi, Jésus emploie le verbe « passer », le mot « passage ».

Nous savons que Pâque veut dire passage, passer. Oui, nous avons tous et toutes des passages à faire dans nos existences. Ils sont souvent très étroits comme une porte. La porte de Dieu n’est jamais fermée. Ces passages étroits, les autres ne peuvent les surmonter à notre place, mais ils peuvent nous aider à les traverser.

 

«  Si quelqu’un entre en passant par Moi il sera sauvé. Il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage

Entrer… sortir… trouver un pâturage… c’est bien ce que nous désirons profondément

 

«  Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, La Vie en abondance. »

Il s’agit d’une découverte de Jésus Christ qui est « vitale ». Il s’agit de la Vie de Dieu en chacun et chacune. Elle nous est communiquée dans la communion Eucharistique et aussi dans la vie ordinaire, quand nous nous efforçons de vivre mieux ensemble malgré tout.

«  Dieu avec nous  » « la Vie en abondance» . Cela se révèle dans la prière quotidienne

Dimanche 30 Avril 2017   Les disciples d’Emmaüs   St Luc 24/13-35

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                           Cela a lieu dans la journée du Dimanche de Pâques.

Deux disciples font route vers un village, Emmaüs, à une trentaine de Kms de Jérusalem. Ils parlent entre eux de tout ce qui s’est passé…

Or, Jésus Lui-même s’approche. Il marche avec eux. Oui, cela signifie que le Seigneur n’est pas loin de nous. Cela signifie que le Seigneur peut très bien nous rejoindre sur la route, au même pas que nous… sans que nous nous en rendions compte…

Mais leurs yeux étaient empêchés de Le reconnaître. Ils Le prennent pour un passant ordinaire. Pour eux, c’est sûr, Jésus n’est plus là, Il est mort. Ils sont tristes. Ils quittent Jérusalem, ils s’en vont loin, ils tournent la page : ils avaient cru en Jésus, maintenant, tout ça, c’est fini. Heureusement, ils acceptent de faire un bout de chemin et de parler avec Cet Inconnu.

Quand ils s’approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fait semblant d’aller plus loin. Ils Lui disent : reste avec nous, le soir approche, le jour baisse… Quand Il est à table avec eux, Il prend le pain, Il dit la bénédiction, Il le rompit, et Il leur donne.

Moment assez incroyable, trois jours après la Cène et annonçant toutes les Eucharisties à venir, et tout particulièrement, celle à laquelle nous sommes en train de participer ici en ce moment

Alors leurs yeux s’ouvrent… ils Le reconnaissent, mais Il disparaît à leurs regards.

Ils se disent l’un à l’autre : notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’Il nous parlait sur la route, et qu’Il nous faisait comprendre les Ecritures ?

tout à coup, une lueur se fait jour en eux, une parole prononcée, un geste qui leur parle… leurs yeux s’ouvrent à une réalité à laquelle ils ne s’attendaient pas… la lumière jaillit en eux !

Comme je ressemble à ces deux disciples !… vraiment, je suis comme eux…

Comme mon cœur est lent à croire… à comprendre ce qui m’arrive…

heureusement, comme eux, parfois, une lumière se met à briller, mes yeux s’ouvrent… une lumière jaillit en moi. Une baptisée adulte de l’année dernière a compris, elle aussi et ose dire : Dieu, le Compagnon invisible de notre vie. Il travaille avec nous « sur mesure ! »

Maintenant, écoutez la suite :

A l’instant même, les deux disciples se lèvent, ils retournent à Jérusalem

Ils sont transformés. Ils allaient à l’envers, ils se trompaient dans leurs idées. Ils font demi-tour ! ça veut tout dire ! quelle leçon pour moi : je suis fixé sur mes idées, mes conceptions, mes principes sans en démordre. Je n’aime pas reconnaître que je me suis trompé… que j’ai eu tort

ils retournent à Jérusalem   Pour quoi faire ?

Ils racontent aux onze apôtres et à leurs compagnons ce qui s’est passé sur la route, et comment ils L’ont reconnu quand Il a rompu le pain ils osent dire à leurs compagnons qu’ ils croient que Jésus est vivant !

 

PÂQUES ! MOMENTS INTENSES, TOMBEAU VIDE , MARIE-MADELEINE, TEMOIGNAGES AUX DISCIPLES,   EMMAÜS, THOMAS, NOUS TOUS… ET TOUTES…

Quand donc vais-je m’inscrire à un groupe de paroles sur la Bible ? ou dans une « maison d’Evangile » comme cela m’est proposé régulièrement ?J’en ai vraiment besoin !

 

                             Chantons « Trouver dans ma vie ta Présence »

Dimanche de la Miséricorde et de St Thomas, 23 Avril 2017, St Jean 20

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Dimanche, le soir de la Résurrection, les portes étant closes là où se trouvent les disciples,

Nous sommes à Jérusalem, peut-être dans la chambre haute, celle où l’Eucharistie fut instituée. Les dix apôtres (Judas s’est suicidé et Thomas est absent) et d’autres disciples sont rassemblés…           Jésus vient, Il se tient debout au milieu d’eux !

Jésus est là, soudain, au milieu d’eux. «  Quand deux ou trois se réuniront en mon nom, Je serai là au milieu d’eux » Nous tous ici, sommes réunis au Nom de Jésus dans cette chapelle. Jésus est là. Présence non palpable, mais présence effective. Jésus est là, en toutes autres églises, et lieux, où des personnes sont réunies en Son Nom qui est Miséricorde

Jésus leur dit « Paix à vous ! » Dans leur trouble et leur peur, Jésus leur donne « Sa Paix »  comme à la messe avant la Communion. Dieu est Miséricorde 

Jésus leur montre Ses Mains et Son Côté. Les disciples sont remplis de joie à la vue du Seigneur. Ils n’ont pas cherché à vérifier les plaies. Ils ont « vu le Seigneur » comme par intuition. Dieu est Miséricorde. Alors de nouveau,

Jésus leur dit «  Paix à vous ! De même que le Père m’a envoyé, Moi aussi, Je vous envoie » Quand Dieu Se révèle, une mission s’ensuit.

 

Or, Thomas n’était pas est avec eux, lorsque vint Jésus. Il manquait quelqu’un ! Donc, les disciples lui disent : »nous avons vu le Seigneur ! » Il répond «  Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. » C’est un refus net.

Une semaine passe. Le Dimanche suivant, les portes sont encore closes comme avant

 

Jésus vient et Il se tint au milieu d’eux tous, Thomas avec eux. Jésus dit « Paix à vous » Tout comme le Dimanche précédent. Puis il dit à Thomas « Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, ne sois plus incrédule, mais croyant »

Cette fois-ci Jésus se montre Lui-même à Thomas. Il n’est pas dit que Thomas vérifie en touchant le corps de Jésus. Thomas accepte de convertir son regard, sa parole devient une parole croyante. « Mon Seigneur et Mon Dieu » ! Il va plus loin que ceux qui ont déclaré avoir « vu le Seigneur ». Lui, il affirme que Jésus est son Seigneur et son Dieu !

Cette parole de foi de Thomas nous la proclamons nous-mêmes à la consécration de la Messe 

      

     Alors Jésus, Dieu est Miséricorde, prononce cette Parole qui concerne tous les croyants 

                           « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru »

Dans l’Evangile de St Jean, la première fois que Jésus affirme ce mot «  Heureux », c’est lors du lavement des pieds : «  Heureux êtes-vous si vous le faites » Il s’agit d’un dépassement de soi à accomplir : devenir un serviteur. Ici, au sujet de la foi, il s’agit aussi d’un dépassement de soi à accomplir : devenir un écoutant de la Parole Dieu est Miséricorde

Conclusion n°1 : tout commencement de la foi est difficile ! Il n’est pas facile de croire en en la résurrection. Il n’est pas facile non plus de transmettre ce message, ni de le recevoir !

Conclusion n°2 : la foi est un certain regard. Dieu nous fait signe, mais, nous ne savons pas, (ou nous ne voulons pas) les voir

Conclusion n°3 : la foi s’appuie sur le témoignage de la Bible transmis en Eglise

Conclusion n°4 : la persévérance dans la foi demande un accompagnement. Un croyant isolé est un croyant en danger. La foi se vit ensemble.

Conclusion n°5 :  la foi est un engagement de tout notre être tourné vers les autres et Dieu

 

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Dimanche 16 Avril 2017 - Dimanche de Pâques

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Marie de Magdala se rend au tombeau, le jour de Pâques, le matin, à l’aube, alors qu’il fait encore sombre. Elle est là… toute seule… effondrée…déconstruite… par terre. C’est la nuit en elle. Marie de Magdala pleure. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau…

Quelqu’un lui dit : pourquoi pleures-tu ? Pouvez-vous trouver une parole plus humble, plus délicate, plus tendre, plus familière, plus humaine ? Jésus ressuscité n’oubliera jamais d’être humain

Le prenant pour le jardinier : Si c’est toi qui l’a emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je l’enlèverai. Alors, elle entend « Mariam ! » son prénom. Mais sur quel ton. Marie de Magdala se sent appelée jusqu’au fond d’elle-même. Elle crie « Rabbouni » !

deux prénoms en araméen. C’est trop précieux : on n’a pas voulu les traduire autrement que dans la langue où ils ont été prononcés ! Marie de Magdala était morte de chagrin, elle est ressuscitée à la vie !

Rien de spectaculaire, rien de journalistique. Simplement l’Evangile selon St Jean 20/1-18

Marie de Magdala, la femme aux sept démons, annonce Pâques, aux apôtres découragés !

Le jour de Pâques, au matin, Pierre et Jean courent tous les deux ensemble… L’autre disciple court plus vite que Pierre. Il arrive le premier au tombeau. Il se penche, il voit que le linceul est resté là. Cependant, il n’entre pas. Simon Pierre qui le suivait arrive à son tour. Il entre dans le tombeau. Il regarde le linceul resté là. Il voit le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part, à sa place.

Alors, entre l’autre disciple, lui qui est arrivé le premier au tombeau. Il voit et il croit

Il voit… que tout est en ordre, rangé à sa place. Il n’y a pas de parole. Pas de bruit. Pas d’apparition. Rien que le silence. Une lumière jaillit en lui, une force grandit en lui, la vie s’impose en lui : Tout cela n’est plus utile… Tout cela ne sert plus à rien… tout cela n’a plus sa raison d’être…

Il croit… la vie est plus forte ! Pour le moment, il ne dit rien. Tout se passe à l’intérieur. Croire à la résurrection, c’est nous ouvrir les yeux, voir plus loin, plus haut, plus grand. Voir le plus grand dans ce qui est le plus petit. Rien de spectaculaire, rien de journalistique. Simplement l’Evangile St Jean 20/1-8

L’Evangile vient de nous témoigner des « moments » de Pâques. Nous en avons sûrement tous connus. Ils sont différents pour les uns et pour les autres. Mais, chaque fois, ils signifient un « passage » d’un état à un autre. En effet, Pâques vient d’un mot hébreu qui veut dire « passage »

Aujourd’hui, à 30 Km de Mossoul les habitants d’un village Bastagna, duquel ils ont dû fuir, sont revenus. Les Chrétiens célèbrent la victoire de Pâques dans leur église défigurée par la guerre

Ce matin à 6 heures 30 les chrétiens et chrétiennes de plusieurs confessions se sont retrouvés au Col de Vence. Ils ont chanté le Christ Lumière surgissant de la nuit pour éclairer le monde. Puis, ils ont partagé ensemble leur petit déjeuner.

Et nous, ici, nous célébrons Pâques dans cette chapelle de lumière que Mr Matisse a créée alors qu’il était entré dans les dernières années de sa vie.

Notre vie est jalonnée par un certain nombre de passages, de métamorphoses en nous.

Tout ce qui nous donne envie de vivre, tout ce qui donne sens à notre vie, a trait à la résurrection. « N’oublie jamais la joie de ta résurrection !» Mère Teresa,

                                         Profession de foi

Frères et sœurs, en communion avec les chrétiens du monde entier, et les hommes et femmes de bonne volonté, en ce saint Jour de Pâques, renouvelons notre volonté de combattre le mal en nous, autour de nous…….silence

Renoncez-vous au mal et à tout ce qui conduit au péché ?

Nous y renonçons

Frères et sœurs, en communion avec les Chrétiens du monde entier, et les hommes et femmes de bonne volonté, en ce saint jour de Pâques, renouvelons notre volonté de croire en Dieu Trinité d’Amour

Dieu est Père de tous les hommes. Il a tout créé avec Amour. Avec Lui nous sommes appelés à être créateurs de vie, de joie, d’amour……. Silence

Vraiment le croyez-vous ?

Oui. Nous le croyons

Jésus Christ est la Parole, le Verbe de Dieu. Il est venu partager notre condition humaine excepté le péché. Il est Vivant. Il nous appelle à marcher à Sa Suite… Silence

Vraiment le croyez-vous ?

Oui. Nous le croyons

L’Esprit Saint est une présence d’Amour dans le cœur de tout être humain. Il nous inspire à vivre ensemble et à pardonner……. silence

Vraiment le croyez-vous ?

Oui. Nous le croyons

Que Dieu fasse grandir en nous la foi, l’Espérance, la charité maintenant et toujours.

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                 Jeudi 13 Avril 2017 -  Jeudi Saint - St Jean 13/1-15

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Avant la fête de la Pâque… au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, l’intention de le livrer, Jésus se lève de table, dépose son vêtement, prend un linge qu’Il se noue à la ceinture ; puis, Il verse de l’eau dans un bassin. Alors, Il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’Il avait à la ceinture

Quand on est auxiliaire de vie, on sait ce que c’est que de laver les pieds des gens. On sait qu’il faut s’abaisser, s’agenouiller devant la personne. On ne peut plus la regarder d’en haut.  « Ceux qui lavent les pieds sont les domestiques. « Moi, je fais ça tous les jours. Je sais que la personne sera mieux après. Mais quand on me lave les pieds, c’est plus difficile de recevoir ce geste. Faire ce geste, c’est entrer dans l’intimité de quelqu’un. On devient plus que des frères. Je vois Jésus qui s’abaisse. Il se met même en dessous. Jésus ne veut pas nous aider d’en haut. Il veut nous aider d’en bas. A la Résurrection, Jésus revient nous entraîner avec Lui. Jésus nous aide à faire la même chose avec les autres.

 

Le Jeudi saint c’est le cœur de la semaine sainte. C’est le jour du don de soi. Jésus, Humble Serviteur. L’amour s’abaisse !

 

De belles choses comparables existent aujourd’hui. Exemple : L’équipage de l’Aquarius. Un cargo de 77 mètres affrété par deux ONG, SOS Méditerranée et Médecins sans frontières. Sa mission, citoyenne, humanitaire, est financée par des dons de particuliers, avec un objectif : arracher les migrants à une mort certaine. Le Capitaine est un allemand. L’équipage est composé de plusieurs nationalités. Cet hiver, l’Aquarius a été le seul saint-bernard à patrouiller. En un an, ses bénévoles ont sauvé 9662 vies de la noyade.

Vous m’appelez « Maître » et « Seigneur », vraiment, Je le Suis. C’est un exemple que Je vous ai donné. De façon que, vous aussi, vous le fassiez avec Moi !

Plus on avance dans la vie, plus on se rend compte qu’aimer les autres, tous les autres, c’est exigeant. Plus on avance dans la vie, plus on se rend compte que aimer les autres, c’est risqué. Des gens près de la frontière avec l’Italie en savent quelque chose en ce moment. Plus on avance, plus la tentation me gagne, nous gagne que cela ne change rien. Simon de Cyrène accompagnant la montée de Jésus au calvaire n’a pas pu empêcher la Passion du Christ, mais il l’a adoucie. Et ça, ça change quelque chose ! Le Pape François nous exhorte à croire en la victoire de l’amour. Toujours. Si il n’y a pas d’espérance, nous ne sommes pas chrétiens.

Devenir plus que des frères ! Enfant, je me sentais frère des autres enfants.

Ma question aujourd’hui :

Moi qui communie à Toi Jésus Christ, aide-moi à me sentir frère ou sœur des autres 

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Dimanche 9 Avril 2017 – Dimanche des rameaux et de la passion

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Voici la grande céramique du Chemin de Croix d’Henri Matisse, Il avait plus de 80 ans, et sa santé compromise par un cancer. Chacune des stations a été recomposée des dizaines et des dizaines de fois pour ne pas dire davantage encore, Mr Matisse nous présente un évènement violent, repoussant, dur. Tout est cassé, tout est emmêlé. Il n’hésitera pas à dire que ce fut :

            “un effort énorme, sincère, difficile… l’exécution fut rude, très rude même. Dieu m’a tenu la main. Je devais être si pénétré, si imprégné de mon sujet que je puisse le dessiner les yeux fermés, que ça sorte tout naturellement de moi,”

            Première station : Jésus est condamné à mort par Pilate

Pilate est assis sur son trône. Il rend la justice de toute sa hauteur. Devant lui, la silhouette de Jésus, debout, sans aucun apparat, encadré par un soldat de la police.

Mr Matisse a réalisé plusieurs esquisses les unes à la suite des autres. L’une des premières figure dans le Musée à côté. Au début, Mr Matisse représente Jésus tout petit devant Pilate à côté du soldat. Plus l’Artiste recommence ce dessin, plus il agrandit la silhouette de Jésus. A l’aboutissement du travail, au moment où il est condamné à mort, Jésus nous est plus grand que Pilate ! Quelle avancée de la part de Mr Matisse dans sa compréhension sur cette scène.

            Douzième station : Jésus meurt sur la croix

Nous sommes transportés tout en haut de cette céramique. Au centre, Jésus crucifié. A ses pieds, Marie sa Mère, l’apôtre St Jean, En haut… les deux bras de Jésus apparaissent déjà détachés de la croix... élevés… comme un signe de victoire et d’offrande. Jésus, récapitule tout, souffrance et don de Soi. En une seule et même image, il nous est donné de voir, Jésus EN CROIX; et, d’entrevoir le passage de Jésus EN RESURRECTION ! Merci Mr Matisse

Jésus, le Christ, ne laisse pas mes ténèbres me parler

                                                           Jésus, le Christ, donne-moi d’accueillir Ton Amour

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Dimanche 2 Avril 2017, Jésus, Marthe, Marie, Lazare, St Jean chap.11

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Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare, envoient dire à Jésus :

- « Seigneur, Lazare, celui que tu aimes, est malade »…

A son arrivée, Jésus trouve Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.

Aussitôt qu’elle apprend l’arrivée de Jésus, Marthe va au devant de Lui. Marie reste assise dans la maison. Marthe dit à Jésus :

- « Si Tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais, quoique que Tu demandes à Dieu, même maintenant, je sais qu’Il Te le donnera. »

- Jésus répond : « Ton frère ressuscitera. »

- Marthe reprend : «  Je sais, il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »

- Jésusrépond : « Moi, Je Suis la résurrection et la vie. »

«  Qui croit en Moi, même s’il meurt, il vivra. » « et quiconque vit et croit en Moi,   il ne mourra pas pour toujours »

- Alors, Jésus demande à Marthe si elle croit « tout cela » ?

- « oui, Seigneur, je crois que Tu es le Christ, Fils de Dieu, envoyé dans le monde »

Marthe va chez chercher sa sœur Marie. Elle lui dit tout bas :

- «  Le Maître est là, Il t’appelle. »

Marie arriva à l’endroit où se trouve Jésus. Dès qu’elle Le voit, elle se jette à Ses pieds

- «  Seigneur si Tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »

De la voir en pleurs, Jésus a la gorge serrée, Il est bouleversé, Il demande

- « Où l’avez-vous déposé » ? - Viens voir Seigneur - Alors Jésus se met à pleurer.

Les deux sœurs ont fait appel ensemble au « Seigneur », en lui disant leur peine avec les mêmes mots. Cependant, elles se comportent différemment face au mystère de la mort.

- Marthe accourt vers Jésus ; Marie demeure chez elle assise à la maison.

- Marthe exprime sa confiance en Jésus, puis, délibérément, elle exprime ouvertement sa foi

- Marie se jette aux pieds de Jésus, ce qui exprime sa reconnaissance vers un Être supérieur

- Marie, cependant, demeure accablée sous le poids de la douleur.

- L’une affirme l’espérance dans la vie qui ne finit pas, l’autre ressent surtout la séparation

                                       Et si on revenait sur les Paroles de Jésus !

Jésus ne parle pas de la mort comme si elle était la fin de tout. Quand Jésus parle de la mort, aussitôt, Il parle de la Vie. Jésus ne dissocie pas l’une de l’autre. Nous, nous parlons de la vie qui se termine par la mort. Jésus affirme qu’il y a, en tout être, un combat de mort et de vie. J’en fais l’expérience quand, devant un manque, un échec, une souffrance, au lieu de me laisser enfermé, je fais appel à une force de vie qui triomphe. En Jésus, et pour ceux et celles qui croient en Lui, la Vie est plus forte que la mort.

   Ne vois-tu pas ce qui se passe dans la nature qui renaît de l’hiver au printemps ?

                                   Image de la mort qui devient vie.

   Ne faut-il pas que le grain de blé meure en terre pour que naisse une plante nouvelle?

                                                          

   Du plus profond de Lui-même jaillit la voix de Jésus : « Lazare, viens dehors ! »

Suis-je prêt à laisser résonner en moi cette Puissance?

                         En ce temps proche de Pâques suis-je prêt à « oser » la foi en Jésus-Christ ?

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Dimanche 26 Mars 2017, 4° de carême, Jésus et l’aveugle, St Jean chap. 9

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En passant, Jésus voit un homme aveugle de naissance

Ses disciples, faisant écho à une opinion courante, Lui demandent : à qui la faute si il est né aveugle, à lui ou à ses parents ?   Jésus répond : ni lui, ni ses parents.

Ayant dit cela Il a craché par terre et avec Sa salive, Il fait de la boue, Il l’applique sur les yeux de l’aveugle

Pourquoi ces gestes ? l’eau, la terre ! Image de la Création. Ce faisant, Jésus lui façonne un regard tout neuf. C’est un rappel de la création de l’homme telle qu’elle est racontée dans le livre de la Genèse.

Et Jésus lui dit « Va te laver à la piscine de Siloé »

Alors, l’aveugle s’en va, se lave, et, il revient voyant clair !

Un miracle prodigieux ! Jésus, Lui, appelle cela un signe. Il veut nous montrer et nous dire que cette guérison a un sens, Quel sens ?

« L’homme » de ce récit, tout homme, est aveugle de naissance. Son état symbolise une ténèbre, celle où tout être humain se trouve tant qu’il n’a pas été éclairé par une nouvelle révélation. Jésus « Lumière du monde » nous appelle à un regard neuf, un autre regard, le regard de la foi. La foi, c’est une autre façon de voir, une autre façon de vivre qui prend corps en nous.   Voilà le sens de ce « miracle »

Le prophète Isaïe 42/16, nous avait orientés vers cette nouveauté :

« Je ferai marcher les aveugles sur un chemin inconnu d’eux, sur des sentiers inconnus d’eux, Je les ferai cheminer. Je transformerai devant eux les ténèbres en lumière ».

 

J’ose dire que les nouveaux baptisés, et beaucoup d’entre nous, et j’en fais partie, ressemblent à cet aveugle de naissance. Un jour, grâce à Jésus, nos yeux se sont ouverts. Nous avons découvert une nouvelle manière de voir et donc de vivre que nous igniorions jusqu’à présent !

Heureux ceux et celles qui se sont ouverts à la grâce de la foi !

 

La suite du récit nous montre que ce mendiant devenu, non sans épreuves, un être nouveau, va devoir s’engager. D’abord Jésus l’invite à se bouger. Il doit se rendre à la piscine alors qu’il est toujours aveugle. Puis, tour à tour, les voisins, la foule, ses parents et lui-même sont convoqués à un procès : cet homme guéri est-il vraiment l’homme qui mendiait ? Qui est ce guérisseur qui ne respecte même pas le Sabbat ? Et quand notre ancien aveugle reconnaît en son guérisseur, un prophète, on le jette dehors. La foi au jour d’aujourd’hui ne fait pas l’unanimité ! Souvent, elle est même mal vue, et violemment exterminée.

Jésus, ayant appris qu’on l’avait expulsé, vient et lui dit « Fais-tu confiance, toi, au Fils de l’homme ? » - dis-moi, seigneur, qui c’est, et je lui fais confiance - « Tu le vois, dit Jésus, Il est en train de te parler ». Il dit : « Oui Seigneur, je Te fais confiance », et il se prosterna

Dimanche dernier, Jésus s’est révélé à une femme de Samarie comme une source intérieure

En ce Dimanche, Jésus se révèle à un aveugle de naissance comme une lumière forte en lui

A plusieurs : cherchons ensemble comment nous avons connu Jésus le Christ ?

Qui nous l’a fait connaître ? Comment le reconnaissons-nous agir dans nos vies ?

Que nous permet-Il de voir plus profondément ?

Cette année, dans notre diocèse, 73 adultes de 17 à 63 ans seront baptisés à Pâques Interrogeons un catéchumène : qu’il nous dise pourquoi il veut devenir Chrétien,

ce qui l’a mis en marche à la suite de Jésus, en quoi son regard a changé dans sa vie,

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Dimanche 19 Mars 2017, 3ème de Carême, Jésus et la Samaritaine, St Jean 4

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Jésus arrive à une ville de Samarie, appelée Sykar (probablement l’actuelle Askar) Là se trouve le puits de Jacob…

La Samarie est un pays qui a subi plusieurs invasions. Sa population est constituée d’un mélange de races. Au temps de Jésus, les Samaritains sont déconsidérés et traités par les Juifs comme des hérétiques que l’on ne doit pas fréquenter.

Jésus fatigué par la route, s’assoit près de la source. C’est environ midi l’heure chaude du jour. Arrive une femme de Samarie. Elle vient puiser de l’eau.

Jésus lui dit : « donne-moi à boire ». Comme un pauvre qui passe et qui demande à boire ! C’est extraordinaire ! tout commence ainsi ! Jésus prend l’initiative de parler à cette femme. Il transgresse l’interdit social et rituel qui Le sépare des Samaritains, et à fortiori d’une femme samaritaine. Jésus en plus, renverse les rôles, puisqu’Il lui demande un service ! donne-moi un verre d’eau ! Quel abaissement de sa part ! La réponse ne se fait pas attendre :

-  Quoi ? Toi, un Juif, tu demandes à boire, à moi, une femme de Samarie ? -

Là-dessus va s’enchaîner un véritable dialogue entre Jésus et cette femme, et tout va changer

     « Si tu savais Le Don de Dieu…

Ainsi commence la conversation … et si Jésus s’adressait aussi à moi ?… si tu savais Le Don de Dieu ; j’ai besoin de m’entendre dire cela, moi aussi

                                                     Jésus ajoute  … Il t’aurait donné L’Eau Vive »

Jésus, se révèle à cette femme…à moi aussi. Jésus, Tu es La Source Vive, Vivifiante

- Tu n’as rien pour puiser, le puits est profond, d’où la tires-tu ton eau vive ?-

Cette femme n’a pas compris. Elle ne croit pas que Celui qui lui parle est L’Eau Vive…

il s’agit pour elle de passer d’un dieu extérieur qui domine, qui limite, à un Dieu intérieur, secret, une source qui jaillit en Vie Divine ! il s’agit d’aller à La Source ! quel tournant !

Au cours de la conversation avec Jésus, la source divine jaillit en elle. Il faut qu’elle le dise

Elle laisse là sa jarre vide, elle retourne en ville, et dit aux gens : venez voir quelqu’un qui m’a dit tout ce que j’avais fait. Ne serait-ce pas le Christ ?

Ils sortent de la ville pour aller Le rejoindre… ils lui demandent de rester avec eux. Il resta là deux jours. Ils furent nombreux à Le croire sur Sa Parole

                          

Qu’est-ce que je vais garder de tout cela ?

- Témoin ici :

Pour entrer moi-même davantage dans cet Évangile, agir comme Jésus : si j’allais oser parler à un inconnu ? si j’allais oser demander un service à quelqu’un de mal vu ?

- Témoin de là-bas :

Un canot pneumatique a été secouru hier au large de la Libye. Leurs pieds nus à la peau noire, ils foulent le pont de l’Aquarius. Ils découvrent les humanitaires de SOS Méditerranée et de médecins sans frontière, tous bénévoles. Aleksander Moroz, le Capitaine de l’Aquarius a aperçu un point minuscule sur son radar. Que seraient-ils devenus sans les yeux d’Aleksander et avec l’énorme tempête qui souffle depuis hier après-midi ?  Des hommes, une femme, ils sont environ 85 d’origine subsaharienne, du Bangladesh, de Gambie. Anouar, 42 ans, témoigne : nous venons de nous échapper d’un terrible pays. Ils évoquent un racisme anti-Noirs. On nous rétribuait en nourriture, pas plus. Ses jambes sont marquées par les coups de fouets Nice-Matin, 14 Mars et 15 Mars

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Pour nous Chrétiens, comment cet article de journal résonne-t-il en moi ?

Sur quoi, sur qui j’appuie mon espérance ?qu’est-ce qui me pousse à agir dans notre monde ?

 

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Dimanche 12 Mars 2017 – 2ème de Carême – St Matthieu 17/1-9

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Jésus prend avec Lui Pierre, Jacques et Jean son frère.

Mettons-nous avec Pierre, mettons-nous avec Jacques, mettons-nous avec Jean… et pas simplement nous… bien d’autres aussi que nous connaissons… un jour, il y a quelques mois, quelques années… Dieu était là, avec eux avec elles… si discret… silencieux… et nous, et eux et elles, et moi, nous ne nous doutions de rien, nous ne pensions pas à Dieu !

Jésus les emmène à l’écart, sur une haute montagne

Je concrétise en faisant appel à des témoignages récents de personnes qui ont senti Dieu passer dans leur vie… un évènement bouleversant dans le sens d’une joie profonde qui vous inonde… un décès, plusieurs décès dans une seule famille qui ont posé une question sur le sens de la vie, de la mort… une situation inattendue dans laquelle on se trouve tout à coup impliqué… un appel directement adressé à l’intérieur de quelqu’un… d’un jeune… une retraite dans un sanctuaire… bien d’autres témoignages encore…

Jésus est transfiguré devant eux. Son visage, brillant comme le soleil,

ses vêtements, blancs comme la lumière

Là, je sens que c’est bon pour nous, chrétiens de toujours, et chrétiens récents, chrétiens de demain : recevoir une image glorieuse de Jésus bien vivant… alors que nous sommes habitués à une image de Jésus souffrant… une image de Jésus crucifié… recevoir   un Jésus de lumière... un Jésus en ressuscité… oui, Jésus est vivant, oui, Jésus donne un sens nouveau à mon existence, à la religion, à l’Eglise, je ne les regarde plus comme avant…

Comme il est bon que nous ayons une image heureuse de nous-mêmes… pas seulement celle des moments malheureux,

                                                   Une voix dit :

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui J’ai mis tout Mon Amour ; écoutez-Le ! 

               La vision n’a rien d’un rêve : « écoutez-Le ! » C’est concret

          

Dans les évangiles, Simon de Cyrène écoute l’appel d’aider Jésus. En accompagnant la

Ascension de Jésus au calvaire, il n’a pas pu empêcher la passion du Christ. Il l’a adoucie

         Ecouter, c’est perdre l’habitude de juger sans savoir, sans connaître

Des gens, souvent près de nous, dans notre département, sont en situation de précarité… des réfugiés ont tout perdu… et on entend ces phrases : ils n’ont qu’à rester dans leurs pays ; les pauvres profitent de nos lois sociales ; si ils cherchaient du travail, ils trouveraient ; et bien d’autres paroles encore…

     Le Secours Catholique-Caritas France lance une campagne en Mars et mi-Avril      

             pour combattre ces préjugés et redonner à la fraternité toute sa place                                    

 

 

   Des personnes, dans notre paroisse et d’ailleurs, ont bien saisi que tout se tient :      

             Ecouter Jésus, écouter Sa Parole, écouter les appels du monde

             Cela va ensemble. Cela résonne en nous quand nous écoutons

 

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Dimanche 26 Février 2017 – 8ème année A – St Matthieu 6/24-34

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« Ne vous faites pas tant de souci pour demain   …

                                                 … à chaque jour suffit sa peine » Matthieu 6/34

             Notre monde est inquiet, notre monde est pressé, notre monde est triste

          L’inquiétude et la tristesse sont deux manières d’être qu’il faut traverser

 

« L’inquiétude est mauvaise… rien ne m’éloigne plus de mon moi profond, que l’inquiétude et l’agitation…

Les oiseaux pris au piège ne peuvent s’en dégager, parce qu’ils se débattent trop, et plus ils se débattent, plus ils s’enlacent ». St François de Sales

                       Six fois de suite dans cet Evangile revient le verbe s’inquiéter

Apprendre à faire les choses «  non selon mon désir, mais selon la raison » paisiblement, les unes après les autres, paisiblement

«  La tristesse est mauvaise… elle me prive de toute paix et m’engourdit. Elle ressemble à un dur hiver qui dérobe à la terre tout sa beauté » St François de Sales

Si j’envois tout le monde promener, si je suis irrité à la moindre contrariété, il est clair que je suis pris dans une mauvaise tristesse

« Cherchez, d’abord, le royaume de Dieu et sa justice… » Matthieu 6/33

Dans cette Parole du Christ, le mot qui retient mon attention, c’est le mot « d’abord »

Dans mon emploi du temps, Dieu n’est pas le premier. Dieu vient après. «  D’abord » place à ce que j’ai à faire. Cela passe en premier, et Dieu ensuite

Je me rends compte que je fonctionne à l’envers : je fais passer l’urgent avant l’essentiel !

C’est l’inverse qu’il faudrait rétablir pour remettre ma vie à l’endroit !

                                 C’est un vrai travail intérieur de conversion

«  La logique de l’Evangile consiste à tout recevoir de Dieu… accepter d’accueillir de la main de Dieu, jour après jour, tout ce qui est nécessaire, sans s’inquiéter, ni du passé, ni du lendemain. Jour après jour, je fais ce qui m’est demandé, sans inquiétude et sans peur, certain que Dieu est fidèle, et me donne, d’instant en instant, ce dont j’ai besoin. Dans la banalité de mon quotidien, je cherche comment plaire à Dieu dans les petites choses. Je suis attentif à toutes les occasions de poser de simples gestes d’amour, d’offrande de moi-même »

Jacques Philippe de la Communauté des Béatitudes.

                                                     Une grande règle 

La vraie et solide vie spirituelle consiste en une volonté constante de faire ce qui plait à Dieu

Dieu immense, ne s’impose pas. Mais, à un moment ou l’autre, Il Se propose à moi

                  Je peux L’accueillir en moi comme force de vie et de lumière

                         Je peux aussi vivre selon mes propres perspectives

Faire halte, oui, mais pas faire le vide ! Faire halte pour réveiller en moi le don de Dieu            

Ce qui est en jeu, c’est une véritable redécouverte de Dieu, une totale adhésion intérieure

          

«  Jésus, j’ai confiance en Toi » Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

J’ai mis très longtemps à accueillir cette Parole à   l’intérieur de moi !

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Dimanche 19 Février 2017 - Année A – St Matthieu 5/38-48

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             On a dit : « œil pour œil, dent pour dent »      Moi, Jésus, Je vous dis :

« Ne résiste pas au mal. On te frappe sur la joue droite ? Présente l’autre »

On a dit : « Aime ton prochain et hais ton ennemi. Moi, Jésus, Je vous dis :

« Aimez vos ennemis. Priez pour ceux qui vous pourchassent »

« Ainsi vous deviendrez les enfants de votre Père qui est dans les cieux »

Oui, ces Paroles de Jésus bouleversent mon univers intérieur. Jésus me demande une véritable conversion de mon comportement. Ces Paroles vont à l’encontre de ce que la société m’enseigne. C’est à moi de décider : Je peux m’enfermer dans mon attitude habituelle, ressasser le mal qu’on m’a fait, et me venger. Je peux aussi interrompre le cercle de la violence, en commençant d’abord par moi-même.

Voici quelques phrases du message du Pape François pour le 1er Janvier 2017

Je souhaite m’arrêter sur la non violence … dans les relations interpersonnelles, dans les relations sociales et dans les relations internationales …

La non violence active consiste à répondre à la violence autrement que par une violence

La violence n’est pas le remède pour notre monde en morceaux…

Jésus aussi a vécu en des temps de violence …

Jésus a enseigné à ses disciples à aimer les ennemis et à tendre l’autre joue (Mt 5/38-48)

Jésus a empêché ceux qui accusaient la femme adultère de la lapider (Jean 8/1-11) Jésus, la nuit d’avant Sa mort, a dit à Pierre de remettre son épée au fourreau (Mt 26/52) Être aujourd’hui de vrais disciples de Jésus signifie adhérer également à Sa proposition de non-violence active

... Là où il règne trop de violence, trop d’injustice, on ne peut surmonter cette situation qu’en lui opposant un supplément d’amour, un supplément de bonté. Ce « supplément » vient de Dieu.

L’amour de l’ennemi constitue le noyau de la « révolution chrétienne » 

                 En effet il s’agit bien d’une révolution chrétienne que le Christ introduit

Il ne s’agit pas de se résigner au mal, mais de répondre au mal par le bien (Rom. 12/17-21) Mère Térésa, le Mahatma Gandhi et Khan Abdul Gaffar, Martin Luther King ne seront jamais oubliés. Les femmes sont souvent des leaders de non-violence, comme ces milliers de femmes libériennes qui ont mit fin à la guerre civile au Libéria.

Je le réaffirme avec force : « Aucune religion n’est terroriste »

La violence est une profanation du nom de Dieu.

L’origine dont émane la violence est le cœur de l’homme. Le parcours de la non-violence se fait en premier lieu à l’intérieur de soi-même et à l’intérieur de la famille. De l’intérieur de la famille, la joie de l’amour se propage dans le monde et rayonne dans toute la société. … La non-violence active est une manière de montrer que l’unité est vraiment plus puissante et plus féconde que le conflit. Tout dans le monde est intimement lié.

Demandons à la Vierge d’être notre guide. Tous nous désirons la paix ; beaucoup de personnes la construisent chaque jour par de petits gestes… En 2017, engageons-nous, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence

 

Oui, je peux penser que cela est utopique, ne me concerne pas, rester dans mes idées

Oui, je peux m’enfermer dans ma haine, ressasser le mal qu’on m’a fait, et me venger

Oui, je peux aussi interrompre le cercle vicieux de la violence, d’abord en moi-même

Oui, la paix, j’y crois. Je m’y exerce chaque jour, au quotidien, en toutes occasions

Oui, « tous, nous pouvons être des artisans de paix » Pape François

         « Ainsi, vous deviendrez les enfants de Votre Père qui est dans les cieux »

Dimanche 12 Février 2017 - A - St Matthieu 5/17-3

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Je ne suis pas venu ABROGER la Loi ou les Prophètes, mais ACCOMPLIR 

Ce verbe « accomplir » est typique de St Matthieu qui l’emploie 16 fois dans son Evangile. Accomplir, c’est achever. Accomplir, c’est plus encore, accomplir signifie une manière nouvelle d’être et d’agir.

Pour bien comprendre, il faut savoir qu’il y a en nous de l’inaccompli qu’il faut transformer peu à peu en accompli. C’est un travail intérieur exigeant. Ce travail intérieur est un dépassement qui nous tire en avant.  C’est l’œuvre que Dieu fait en nous et avec nous.

 

« Si la vie humaine a un sens, c’est en décollant de soi-même. C’est déjà une grande chose que de découvrir cette infirmité qui nous affecte tous : être collé à soi, être lié à soi, se subir soi-même, sans jamais pouvoir rien inventer de nouveau… Si l’on refuse d’accepter le monde tel qu’il est, et d’abord soi-même, si l’on comprend que toute la réalité humaine est ‘en avant’ de nous, et, qu’il s’agit de la créer, alors nous entrons enfin dans la véritable aventure… C’est bien ‘en avant’ de nous qu’il s’agit de regarder… c’est bien ‘en avant’ de nous qu’il s’agit de mettre en œuvre tous les dons de l’Esprit. C’est en avant de nous qu’il faut chercher Dieu … Ce dépassement constitutif de soi »  Père Maurice Zundel.

Ce dépassement qui me tire en avant ne concerne pas que moi. Je suis en lien avec les autres, ce que je suis, ce que je deviens a des répercussions sur la vie en société.

                 « Je ne suis, pas venu abroger mais accomplir »

           Cette Parole de Jésus est le cœur de l’existence chrétienne

Si nous acceptons ce qui vient d’être dit, nous ne serons pas étonnés de la suite

*      Vous avez appris : Tu ne commettras pas de meurtre, Moi je vous dis :

Quiconque se met en colère contre son frère… celui qui dira à son frèreimbécile’ celui qui dira ‘fou’… quand tu vas présenter ton offrande à l’autel… va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande      C’est cela : passer de l’inaccompli avec l’autre à l’accompli avec l’autre

*     Vous avez appris : Tu ne commettras pas d’adultère, Moi je vous dis :

C’est déjà commettre l’adultère avec une femme que de la désirer du regard…

                            Là, on reste dans l’amour de soi inaccompli

*   Il a été dit : si quelqu’un répudie sa femme, qu’il lui remette un certificat de répudiation. Moi je vous dis :

Renvoyer sa femme, c’est la rendre adultère, sauf si elle est déjà adultère. Et épouser la femme renvoyée par son mari, c’est commettre l’adultère

                        Là aussi, on reste dans l’amour de soi inaccompli

*   Il a été dit : Evite le parjure. Et accomplis ce que tu as juré de faire par le nom du Seigneur. Moi je vous dis :

Garde toi de tout serment. N’aie qu’une parole : soit oui, soit non. Tout ce qui s’ajoute vient du mal. Là, on passe de l’inaccompli de la parole à son accomplissement

En résumé, avec Jésus, l’accomplissement procède de l’intérieur avant l’extérieur.

En résumé, avec Jésus, l’accomplissement nous recentre dans l’essentiel.

L’essentiel, c’est l’ouverture de soi à Dieu et aux autres qui ne peuvent être séparés.

Là réside l’accomplissement de soi-même.

 

Dimanche 5 Février 2017 – 5° A – St Matthieu 5/13-16

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                                           Le sel … la lumière …

Je commence par un témoignage. Hier après midi, j’étais coincé par rapport à l’homélie. J’avais beau lire les textes, je ne voyais pas comment vous en parler. J’ai consulté des commentaires, je ne trouvais pas un chemin pour exprimer quelque chose de valable à vous dire. Le téléphone sonne. J’hésite à répondre parce que je n’ai pas de temps. Je dois d’abord faire l’homélie. Et puis, tant pis, je décroche. C’est une dame que je ne connais pas. Elle est passée au secrétariat paroissial. Elle a besoin d’être aidée, éclairée dans sa vie chrétienne devant tant de questions que lui pose la vie du monde. Que puis-je faire me dit-elle ?

Je découvre à cet instant que l’Evangile d’aujourd’hui où Jésus vient justement nous dire que nous sommes le sel et la lumière du monde, devrait coïncider tout à fait à ce dont cette personne a besoin. En même temps remonte en moi cette Parole : un chrétien isolé est un chrétien en danger. Fort de tout cela, je lui dis : il faudrait que vous trouviez une équipe où des personnes échangent sur leur vie chrétienne. Je vais jusqu’à lui parler des équipes d’amitiés salésiennes selon St François de Sales. Elle connaît justement une dame qui en fait partie. La suite, je ne la connais pas puisque tout cela s’est passé hier après midi.

Cette dame a été pour moi une pincée de sel ! pour quoi ?

Heureusement qu’elle s’interroge sur sa vie chrétienne plutôt que de continuer sa vie plan plan sans se poser de questions

Cette dame a été pour moi une lumière ! pour quoi ?

Elle m’a fait comprendre que l’Evangile apportait une réponse actuelle à des gens d’aujourd’hui. En eux, existe une vraie lumière dont ils ne se doutent pas. Cette dame a déclanché l’homélie de ce jour

Jésus dit :

«  Vous êtes le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur… il n’est plus bon à rien »

je peux perdre le goût de la foi … je peux perdre le goût de la vie …

« Vous êtes la lumière du monde. On ne va pas cacher la lumière de la lampe »

Je peux cacher la lumière de la foi qui m’habite … je peux être aveugle devant la vie …

Heureusement, Jésus rajoute à ses disciples et à nous tous ensemble en Jean 8/12

«  Moi, Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » St Jean 8/12

Tout seul, on n’est pas le sel de la terre. Tout seul, on n’est pas la lumière du monde. C’est ensemble que Jésus nous transmet le goût de la vie. Jésus nous donne de refléter Sa Lumière.

Le prophète Isaïe 58/7-10 dans la lecture de ce jour :

« Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable, ne te dérobe pas à ton semblable »

‘Le malin’ comme disait le Curé d’Ars, m’apprend à esquiver l’autre. L’indifférence envers l’autre me conduit à l’indifférence envers Dieu. Les deux fonctionnent ensemble.

« Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, tes forces reviendront vite »

La lumière jaillira de l’intérieur de toi conjointe à la lumière du Seigneur. Les deux lumières n’en feront plus qu’une. Tu seras guéri de tes obscurités intérieures.

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Dimanche 29 Janvier 2017 – 4° Dimanche ordinaire – St Matthieu 5/1-12

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Jésus répète neuf fois  ce mot «  heureux ! »

Comment est-ce que je réagis ? je ferme les yeux… je suis près de ce mot ? j’en suis loin ?

Qu’est-ce qui se produit en moi ? Est-ce que ce mot me correspond ? «  heureux ! » oui ? non ? je ferme les yeux, une brise légère … non, un souffle puissant …

« heureux les pauvres de cœur… heureux ceux qui pleurent… heureux les doux… heureux ceux qui ont faim et soif de la justice… heureux les miséricordieux… heureux les cœurs purs… heureux les artisans de paix… heureux ceux qui sont persécutés… heureux êtes-vous si l’on vous insulte…   à cause de Moi… réjouissez-vous… »

Je vois défiler autant de situations de l’existence … peut-être en ai-je vécu certaines… d’autres vivent en ce moment l’une ou l’autre de ces situations

Une dame âgée écrit ceci :

Que votre vie soit semée de petites joies qui vous fassent oublier les ennuis de santé dus à nos âges avancés… quelle sagesse ! quelle est belle cette manière de prendre sa vie !

Oui… si mes ennuis de santé occupent tout l’espace en moi, si mes ennuis de santé occupent toutes mes conversations, alors comment voulez-vous être heureux ?

Oui, heureusement il y a des gens, hommes et femmes qui tuent l’ennui et la tristesse quand ils s’intéressent aux autres dans les mille détails de la vie courante … alors ils trouvent un sens à leur vie. Le secret est là !  

« Heureux » D’autres traductions au lieu de mettre « heureux » écrivent « en marche » longtemps j’ai préféré cette expression parce que cela sous entend qu’il faut faire des efforts pour arriver à être heureux. Dans une autre bible, au lieu de « heureux » il y a le mot « joie ». Maintenant, je conserve ce mot « joie » parce que la joie, c’est quelque chose qui nous est donné, qu’on reçoit

Le bonheur dans les béatitudes est un vrai bonheur, une vraie joie intérieure

C’est le Mystère. C’est un don de Dieu. Dieu vient à nous. Ce n’est pas produit par nous. Ce don de Dieu se fait maintenant. Il produit un état d’harmonie avec Dieu, avec les autres et avec soi-même

Il y a une part de mystérieux. On ne peut pas empêcher que le mystère ait sa place en tout.

« Que votre vie soit semée de petites joies qui vous fassent oublier les tracas de l’existence »

 

Est-ce que je vais en rester là ! En famille, ou avec des amis, ou en communauté de partage, relisons tranquillement ce passage des Béatitudes. Prenons-les comme elles sont. Ne discutons pas. Peut-être qu’une Béatitude va se mettre à me parler, à prendre un sens. Je le dis aux autres.

Les Béatitudes, c’est tout Jésus Lui-même : Sa manière d’être, Sa vie profonde.

Les Béatitudes peuvent me révéler quelque chose de moi que j’ignorais jusqu’à maintenant. J’écoute avec cœur les réactions de chacun face à cet Evangile sans faire de commentaires.

C’est une manière d’être qui est proposée, une attitude concrète, quotidienne, reçue de Dieu

A moi de L’accueillir …

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Dimanche 22 Janvier 2017 – 3° ordinaire – St Matthieu 4/12-23

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Quand Jésus apprend l’arrestation de JeanBaptiste… cette annonce est douloureuse. Elle incite Jésus, non à se lamenter, mais au contraire à entrer dans Sa vie publique avec tous les risques et les dangers que cela représente. Où va-t-Il ?

le pays de Zabulon et Nephtali, route de la mer, pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations…

ces pays aux noms étranges, initialement, il s’agit des pays du Moyen Orient, la Syrie, la Transjordanie, la Palestine, Israël… mais, vraiment, nous pouvons y joindre tous les pays de la terre

Le peuple qui habitait dans les ténèbres, a vu une grande lumière

le peuple qui habite dans les ténèbres, initialement il s’agit à cette époque, des peuples en guerre. Ils sont vraiment dans les ténèbres. Mais, il s’agit aussi des ténèbres intérieures qui nous habitent et nous aveuglent… ne laisse pas mes ténèbres me parler…

le peuple a vu une grande lumière, initialement il s’agissait de la fin de la guerre qui ouvrait sur la paix. Mais réellement, la grande lumière, c’est la bonne nouvelle : Dieu est là, au milieu de nous; Dieu est là, Il nous donne Sa Présence. Dieu est là, Sa Lumière éclaire l’existence de tous ceux et celles qui L’accueille

« Changez ! Le règne des Cieux est proche » telle est l’annonce que Jésus apporte

Je me répète cette Parole de Jésus. Changez ! oui, Changez ! oui, Changez !

Petit à petit ma vie s’est mise sur des rails. Je pense toujours la même chose, je me suis fait mon univers, toujours le même ; je suis fixé sur mes idées ; je fréquente toujours les mêmes personnes. Je ne bouge pas. Et, pourtant, tout ce qui élargit mon regard est bienvenu pour moi.

Le règne des cieux est proche

J’imagine souvent Dieu très loin, très haut, inaccessible, invisible, une belle Idée, un idéal

J’oublie cette Parole de Jésus : Tout ce que vous faites aux autres, c’est à Moi que vous le faites et, Tout ce vous ne faites pas aux autres, c’est à Moi que vous ne le faites pas. Cela revient à dire que Dieu est proche, accessible, visible, concret, comme l’est mon voisin, celui que je côtoie sans le connaître. Les autres sont mon frère, ma sœur. Si je prends cette Parole comme la vérité, cela change tout mon comportement

L’Evangile me conduit tout de suite à des rencontres inattendues… Simon, appelé Pierre et son frère André ; Jacques et son frère Jean. Je prends le temps de regarder les deux premiers frères, puis les deux autres. Ils font leur travail de pêcheur de poissons. Jésus passe dans leurs vies. Et, si Dieu m’appelait, moi aussi, dans ma petite sphère ?

A travers les évènements, Dieu passe. Christiane vient de perdre sa maman à 95ans en maison de retraite. Entre elle et sa maman, il y a comme un fossé. Christiane aide-soignante décide d’être auprès de sa maman et, d’y rester jusqu’à la fin. Aux derniers moments, Christiane embrasse sa maman, « maman, je te pardonne ». Elle sent en elle un poids immense qui se dissipe, un malaise profond qui disparaît. Dieu est passé en Christiane. Elle est prête à le dire autour d’elle.

Ainsi, Jésus sillonne toute la Galilée (qui représente le monde) Il annonce l’Evangile, Il guérit toute infirmité parmi le peuple (c’est-à-dire nous)

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Dimanche 15 Janvier 2017 - Evangile selon St Jean 1/29-34

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Assistons au témoignage rendu par Jean Baptiste : il voit Jésus venir vers lui...

   il dit : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »

Cette Parole annoncée par des prophètes, bien avant Jean Baptiste, concernait Dieu directement. Cette Parole, qui s’adresse à Dieu, Jean Baptiste l’applique à Jésus ! Cela revient à dire que Jean Baptiste voit Dieu quand il voit Jésus ! Jean Baptiste s’engage dans une Parole de foi très forte :

Voyant Jésus venir à lui, Jean Baptiste témoigne que c’est Dieu qui vient à lui.

Je retiens cela comme une découverte essentielle : Dieu n’est pas une idée, ni une théorie, ni un présupposé, ni une idéologie. Dieu est à découvrir, à voir dans le concret de la nature, dans le concret de la vie des gens, car il n’y a pas que du mauvais. Dieu est à voir aussi dans les évènements mêmes malheureux. Pour les chrétiens, catholiques, protestants, orthodoxes, anglicans, évangéliques, Jésus est la concrétisation de Dieu. Dans la foi chrétienne, Dieu Se montre à voir en Jésus Christ. Si on laisse Jésus de côté, on fait fausse route sur la vraie réalité de Dieu. Là est la spécificité du Christianisme.

Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi, Il était. Je ne le connaissais pas.

Jean Baptiste avoue qu’il ne connaissait pas bien Jésus. Maintenant, il dit la supériorité de Jésus sur lui. Jésus a sa place devant moi et non derrière moi. Avant moi, Il était. En même temps, il se situe plus en vérité par rapport à lui-même. Quelqu’un a sa place devant moi : Je ne suis pas le premier. Je ne suis pas le centre. Jean Baptiste avance encore davantage dans son témoignage

J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur Lui

Oui, j’ai vu et je rends ce témoignage : c’est Lui le Fils de Dieu

Deux fois de suite Jean Baptiste affirme : « j’ai vu »

D’habitude, la foi ne repose pas sur des visions. Il s’agit de signes qui m’aident à discerner que Dieu est bien là : une coïncidence inattendue, une intuition, un changement d’attitude chez quelqu’un, un évènement providentiel… Dieu donne un sens à ce qui arrive… Dieu Se révèle indirectement, mystérieusement, progressivement, sans éclat, même silencieusement et souvent : après, plus tard. As-tu vu le grain qui meurt avant de porter du fruit ? dit Jésus. A moi d’appendre à voir ces signes.

 

Ne serait-ce pas une invitation directe à me demander

quel est mon regard à moi sur Jésus ? et en même temps sur l’Eglise de mon époque ?

Je ne suis pas obligé de réciter les réponses de Jean Baptiste.

Chaque réponse est personnelle et concrète. Ma réponse m’engage tout entier

Pour moi, tout en m’appuyant sur les définitions du Christ et des sacrements choisis par l’Eglise, ma foi s’exprime aussi par d’autres formules comme ces mots du chant de Taizé :

Jésus, le Christ, lumière intérieure …. ne laisse pas mes ténèbres…

Jésus, le Christ, lumière intérieure …. donne-moi d’accueillir…

A chacun, à chacune de formuler son propre regard par rapport à Jésus, par rapport à l’Eglise

Dimanche 8 Janvier 2017 – Les Mages et les Bergers

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Dimanche dernier, il était question des bergers accourus à la crèche … aujourd’hui, ce sont des mages venus de très loin… ils se trouvent devant le bébé ! Il est très nécessaire d’avoir devant nous l’un et l’autre tableau. Chacun a sa signification

Les bergers représentent, pour leur part, la nation Juive. Ceux et celles qui ont su accueillir Jésus, l’envoyé de Dieu. Ils font partie du petit peuple de ceux et celles qui ont cru à la Parole et à la Lumière qui s’est faite en eux. Ils sont venus vers Jésus, simplement, comme ils étaient…

Les Mages qui sont-ils donc ? D’après Matthieu ils sont plus astrologues que magiciens. Leur pays d’origine n’est pas précisé. Les cadeaux, or, encens, myrrhe, orientent vers l’Arabie ou vers l’Iran. L’astre dont il est question signifie la présence d’un grand personnage à venir. Il sera un don de Dieu. Ils sont des savants, des chercheurs. Ils sont des étrangers. Ils se permettent d’aller consulter directement le Roi Hérode. Depuis les premiers siècles de l’Eglise, ils représentent tous les autres peuples du monde : les païens qui accueillent, eux aussi, le salut en Jésus

C’est très important d’avoir l’une et l’autre représentation devant nous, si différente à tous les ponts de vue. Dieu s’adresse à des bergers, tels quels, tout près. Dieu s’adresse à des savants qui viennent de très loin, d’autres cultures, d’autres races.

C’est important de me dire, de me redire cela. Dieu est infiniment large, ouvert. Dieu, quand Il s’adresse à moi, quand Il s’adresse à nous, Il ne cesse de m’élargir, de nous élargir de nous ouvrir. Moi, j’ai plutôt envie de ne pas trop m’ouvrir à l’inconnu, à l’inquiétant.

St Paul a bien compris la dimension nouvelle et le sens qu’apporte cette fête de l’Epiphanie. Voici ce qu’il dit quand il s’adresse aux chrétiens et aux chrétiennes d’Ephèse en Turquie :

Avec les bergers et les mages a commencé ce qui devait se développer et s’étendre dans le monde entier… «  ne faire qu’un peuple des deux » Ephésiens 2/4

« Ce mystère cette intention, ce projet, cette volonté de Dieu pour tous les humains, c’est que toutes les nations soient associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse : même héritage ! même corps ! même promesse ! Ephésiens 3/6, la deuxième lecture d’aujourd’hui. Difficile à admettre… difficile à croire… contraire à tout ce qu’on voit… irréalisable… tous et toutes appelés à devenir fils et filles de Dieu… tous et toutes aimés de Dieu… Pourtant, tel est le sens de l’Epiphanie !

Je me sens dépassé. C’est sûr, ce n’est pas étonnant, puisque c’est le projet de Dieu.

Le plus étonnant, c’est que je vois vivre concrètement des signes qui vont dans ce sens

Il y a de multiples associations, de multiples fondations qui mettent en œuvre le « vivre ensemble » qui n’est jamais facile

Je ne vais pas citer tout ce qui se fait de bien dans le monde. Je suppose que vous cherchez à le savoir par vos lectures et vos moyens d’information. Il se trouve que je pense, en ce moment aux problèmes devant lesquels sont affrontés les habitants de la vallée de la Roya dans notre département. Ceux et celles qu’on appelle des migrants arrivent chez eux à pieds de Vintimille. Ils suivent les voies du chemin de fer de la vallée, et les sentiers de la montagne. Ils sont du Soudan, du Tchad, de l’Erythrée, de la Libye, hommes, femmes, enfants, jeunes. Que faire quand ils arrivent ? Que faire qui soit permis par les lois européennes et françaises ? Ce n’est pas simple. Il ne suffit sans doute pas de tourner la tête pour ne pas voir. Nourrir ? Héberger ? transporter ? Est-ce permis ? Suis-je si loin que ça de la fête de l’Epiphanie ?

 

   Peut-être n’avez-vous pas d’or à offrir à l’enfant Jésus, ni encens, ni myrrhe posons un acte dans le sens du « vivre ensemble » nous ne serons pas à côté de la plaque.

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Dimanche 1er Janvier 2017 – Ste Marie Mère de Dieu et Mère des humains

Dimanche de la paix et de la confiance dans le terre (Taizé) St Luc 2/16-21

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Je viens me glisser dans le texte de ce Dimanche.

Les bergers arrivent à Bethéem… ils découvrent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire… Ils disent ce qui leur a été annoncé au sujet de cet enfant… tout le monde s’étonne de ce qu’ils racontent… Marie retient tous ces évènements… elle les médite dans son cœur… les bergers repartent, ils glorifient Dieu pour ce qu’ils ont entendu et vu…

Je suis frappé par les deux mouvements qui traversent cette scène : celui des bergers qui arrivent inopinément à la suite d’une Parole qui leur est adressée. Ils en parlent à tout le monde… et pendant ce temps-là, Marie écoute, toute intériorisée…

Les bergers croient et viennent voir. Voir quoi ? un couple et leur enfant : Joseph, debout, qui accueille, Marie, la mère, silencieuse et émerveillée, un bébé couché dans une mangeoire parce qu’il n’y a pas de place pour eux ailleurs. Les bergers ont été réveillés en pleine nuit…il y avait une grande lumière… ils disent ce qu’ils ont appris au sujet de cet enfant. En parlant ils donnent sens à l’évènement. La lumière nous vient très souvent par la parole des autres ! Surtout de ceux et celles dont on ne s’y attend pas. Il faut savoir s’en rendre compte. Puis, les bergers s’en retournent, laissant la parole faire son chemin chez ceux qui l’ont reçue. Réveillés dans la nuit, ils deviennent Eveilleurs. Chemin de disciple, qui nous sera montré tout au long de l’Evangile. Ces bergers inconnus, ils sont des modèles pour moi.

Au cœur de ces allés et venues, de ces paroles et de ces louanges peut-être bruyantes, Marie retient tous ces évènements et les médite dans son cœur. St Luc nous met ainsi devant une autre attitude spirituelle : dans le silence. C’est un autre moment du chemin du disciple : celui où j’accueille la Parole et je La rumine dans le silence. Ma vie, si je le veux bien, est faite de ces moments qui se croisent – moments où je reçois la Parole, elle mûrit en moi, Elle prend sens en moi - et moments où elle s’incarne et où il me faut La dire, La proclamer, La mettre en actes. Marie intériorise, donne un sens à ce qui arrive

Joseph, Il est là. Il ne dit rien. Il ne se fait pas remarquer. Il agit selon ce qui Lui est inspiré. Quel exemple !

                                           Et voici la dernière phrase

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçu le nom de Jésus.

En hébreu, Jésus signifie « Dieu sauve » Jésus = sauveur. Que fait ce petit bébé ? Pour le moment, rien. Mais, par Sa seule présence, Il nous relie à Dieu… et Il nous relie les uns aux autres… C’est énorme. Plus tard, Il s’engagera à fond dans ce chemin.

                           Que de choses importantes en quelques phrases

Aujourd’hui, premier Janvier, les vœux. Q’ils soient une prière les uns pour les autres

«  Que le Seigneur te bénisse et te garde »

«  Que le Seigneur fasse briller sur toi Son Visage »

«  Que le Seigneur tourne vers toi Son Visage »

«  Que le Seigneur T’apporte la paix »

 

je voudrais… que les parents le disent à leurs enfants, que les enfants le disent eux-mêmes à leurs parents, et entre eux

je voudrais… que les amis se le disent entre eux, chacun à son tour

je voudrais… que vous le disiez tout bas quand vous croisez un inconnu dans les rues

je voudrais que tu le dises et le penses, quand tu rencontres quelqu’un que tu n’aimes pas

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Dimanche 25 Décembre 2016 - NOËL - Evangile de St Jean 1/1-18

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La Bible débute ainsi : «  Au commencement … Dieu parle … »     c’est une Parole créatrice

L’Evangile selon St Jean débute ainsi : «  Au commencement… La Parole créatrice, elle est vie, elle est lumière, elle est Dieu, en personne, et Dieu en personne est venu sur la terre, avec nous  »

Je touche là le fondement de la foi chrétienne, ce qui la distingue de toute autre religion, c’est ceci :

« Le Verbe, La Parole créatrice, s’est fait chair, Il a habité parmi nous »    

     Nous proclamons que Dieu, La Parole créatrice s’est fait un homme

         « Le Très Haut » se fait « Le tout Proche » Il se fait «  Le Très Bas »

                                     Dieu vient habiter l’homme

         Noël, « cet instant prodigieux où Dieu respire sur la terre » (Père Carré)

« Souvent dans le passé Dieu a parlé à nos pères par les prophètes… mais, dans ces jours où nous sommes, Il nous a parlé … par ce Fils… par qui Il a créé les mondes… Ce Fils porte toutes choses par Sa Parole puissante… » 

( Lettre aux Hébreux 1/1-3)

 

Il est absolument nécessaire de faire silence…

                                                 …de prendre conscience de cetévènement inouï…

         Il est absolument nécessaire que croire que Dieu est autrement que je l’imagine

( Comme l’image que je me fais de moi-même ne correspond pas nécessairement à la réalité )  

           Dieu SE révèle au fur et à mesure…. je L’apprends peu à peu

         Au niveau de ma vie… dans les bonheurs… dans les malheurs…

         …au niveau de ma conscience, dans les actions tournées vers les autres…

Dieu ne s’achète pas… Dieu est donné, Dieu est dans le don, Dieu est dans l’accueil

       Dieu est raconté dans la Bible, Dieu est rejoint en Eglise, dans la prière,

           Dieu est rejoint dans les sacrements, Dieu est universel, Dieu est large

 

 

             Cette page du prologue de St Jean m’apprend encore une autre chose :

       « La lumière luit dans la ténèbre et la ténèbre ne l’a point arrêtée » 

                 Jésus Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler

               Jésus Christ, Lumière intérieure, donne-moi d’accueillir Ton Amour

                                     C’est très utile dans la vie de chaque jour

Entre lumière et ténèbre la lutte est constitutive de l’être. Elle laisse à l’homme la noblesse d’un consentement libre à la lumière

Suis-je assez au courant de tout ce qui se passe chaque jour dans les associations, les O.N.G. les actions individuelles, qui œuvrent sans faire de bruit ? Là, la lumière luit dans la ténèbre

 

Vivre un Noël de lumière, c’est me réconcilier avec quelqu’un qui m’en a fait voir,

Vivre un Noël de lumière, c’est créer des liens avec un étranger, une personne inconnue 

     «  La lumière luit dans la ténèbre et la ténèbre ne l’a point arrêtée »

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   Dimanche 18 Décembre 2016 – 4° de l’Avent – St Matthieu 1/18-24

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Nous connaissons bien l’annonce à Marie selon St Luc. St Matthieu, lui, nous présente l’annonce à Joseph.

 Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie. L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Elle enfantera un fils. Tu lui donneras le nom de Jésus.

Joseph a un double rôle : prendre chez lui Marie, et, donner un nom à l’Enfant.

Joseph de la lignée de David, inscrit l’Enfant divin dans la descendance de David. Joseph adopte légalement l’Enfant divin en lui donnant le nom de Jésus.

Jésus-le-Seigneur-sauve. C’est Lui qui sauvera son peuple (nous tous et toutes) de ses péchés

Et, conformément à la parole du Prophète Isaïe,

La vierge concevra, elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel,

Qui se traduit « Dieu avec nous » « Dieu avec nous » il y a-t-il un plus beau nom que celui-ci,

« Dieu avec nous » ? Nous y sommes tellement habitués que nous y faisons plus attention !

Jésus ajoutera plus tard « avec nous, tous les jours jusqu’à la fin » Y croyons-nous vraiment ?

Joseph a vraiment un rôle très concret dans la venue de Jésus. Il Lui donne Sa place dans la généalogie humaine. Il va accompagner, avec Marie, cet Enfant jusqu’à l’âge adulte. Cet Enfant qui est Jésus-Emmanuel

St Luc insiste sur la conception virginale de Marie.

St Matthieu montre que Joseph révèle, lui, qui est l’Enfant qui va naître.

Quand Dieu intervient dans le monde, Il passe toujours… par nous

Quand donc Dieu est-Il intervenu dans ma propre histoire personnelle ?

Et pour faire quoi ? à moi de répondre, ou à nous de répondre en équipe chrétienne

 

                   Témoignage de Mgr Joseph Tobji, Evêque à Alep

« Je suis né à Alep. J’y ai passé presque toute ma vie. Ma famille m’a donné la foi par imprégnation. C’était naturel. A 19 ans, le Seigneur m’a appelé. Au début, je n’ai pas bien compris si il s’agissait de Sa voix ou bien de ma voix intérieure. Je me trouvais à l’église, durant trente secondes, j’ai senti battre mon cœur d’un amour très grand. Pendant six mois, j’ai hésité à Lui donner ma vie. Un prêtre m’a dit : saute et le Seigneur te dira ! » J’ai sauté…

A cette époque Alep était une ville qui ne dormait jamais. Elle vivait selon le rythme à l’espagnol, lever tard, coucher tard. Les gens venaient de toute la Syrie pour y trouver un emploi. La cité était le premier pôle industriel du pays. Les habitants étaient persuadés que la guerre ne les concernerait pas. Aujourd’hui, dans ce chaos, tout le monde est touché dans sa vie. Des chrétiens en colère crient : « où est Dieu ? dort-Il ? » Pour eux, si Il ne fait pas de miracles, c’est qu’Il est impuissant, qu’Il n’est pas Dieu. J’essaye de corriger cette vision. Je leur dis : « le Christ est sur la croix et Son Père ne fait rien. C’est cela le mystère ! »

Mais par Sa mort, Il a vaincu la mort. Il surmonte la haine par l’amour, la violence par la paix. Voila notre foi. Si nous passons à côté de la croix, nous passons à côté de la résurrection.

De loin, vous vous dites sans doute que nous ferions mieux de partir. Pour ma part, j’ai décidé de rester. Je serai le dernier à partir s’il le faut. Le pasteur ne laisse pas ses brebis ».  

La Vie – Les essentiels – 15 Décembre 2016 – n° 3720

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Dimanche 11 Décembre 2016 – 3° de l’Avent – St Matthieu 11/2-11

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Dieu Fils, vient naître sur la terre ! il est immense ce projet de Dieu ! ce projet a mûri pendant des siècles. Un projet qui comporte l’histoire de tout un peuple… des hommes… des femmes… des rois… des prophètes… des sages… des petits… des riches… des pauvres… des exilés… tout ce monde nécessaire pour préparer la Descente de Dieu sur la terre des humains ! Inouï ! imprévisible ! inattendu ! incroyable ! véritable !

Quatre semaines de l’Avent résument tous ces siècles de préparation !

Isaïe, Jean-Baptiste, Marie, tous ceux et celles qui croient nous aident à mieux vivre la naissance du Christ en ce monde pour lequel nous ne pouvons pas désespérer

Jean le Baptiste n’a rien fait de mal. Il a dénoncé l’attitude du représentant de l’Empereur d’avoir pris pour femme celle de son frère. A cause de cela, il est en prison et, il sera mis à mort. Mais, lui-même est déstabilisé par ce qu’il entend dire de Jésus. Il avait imaginé le messie comme un « super héros » Il se pose des questions

Es-tu Celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?

Moi aussi, comme Jean Baptiste, j’imagine Dieu à partir de mes idées, de mes conceptions. Moi aussi, à certains moments, je peux me tromper sur Dieu. Moi aussi, il peut m’arriver de ne pas bien comprendre les paroles et les gestes de Jésus… ce que le Seigneur fait ou veut faire avec moi...

 

Jésus répond

Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle

Je relis lentement, dans le silence, ces paroles de Jésus… 1fois, 2 fois… 3 fois…

j’ai tendance à penser que je n‘ai jamais vu cela se réaliser… et pourtant…

si je veux bien reconnaître

- ne suis-je pas aveuglé par mes qualités, au point que je ne vois pas mes défauts ?

- ne m’est-il pas arrivé de me sentir, autre, différent, dans mes attitudes profondes. Ne serait pas une des formes de résurrection dont parle Jésus qui se produit en moi ?

- la Bonne Nouvelle, c’est que le bien, le beau, le vrai sont toujours possibles à celui, à celle, qui compte sur les autres pour y arriver

ainsi les Paroles de Jésus se réalisent sous nos yeux quand je veux bien Les recevoir dans leur réalité jusqu’en mes profondeurs

 

suis-je prêt à reconnaître Dieu dans le visage d’un enfant dont les parents sont chassés de partout jusqu’à naître par terre dans une étable ?

L’Evangile n’est pas une légende. Il se vit, en ce moment, tel quel, sous nos yeux d’aveugles, dans la partie frontalière qui touche notre département

Cette semaine, le 8 Décembre, la ville de Lyon s’est transformée en ville de lumière pendant trois jours.

En célébrant l’immaculée conception de Marie, nous fêtons la prévenance de Dieu pour toute l’humanité.

Au cœur de ce temps de l’Avent, et avec l’appui de Marie, je choisis de préparer Noël en ouvrant mes yeux fermés à l’essentiel. Je donne du temps et de l’espace à la prière avec des personnes d’autres confessions religieuses si l’opportunité se présente

 

         Dimanche 4 Décembre 2016 – 2° de l’Avent – St Matthieu 3/1-12

           L’Evangile d’aujourd’hui commence par Jean le Baptiste

           Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche !

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De quoi s’agit-il ? de quelle conversion parle t-il ?

C’est récemment avec un chrétien que j’ais pris conscience d’une chose essentielle.

Il s’agit en effet d’une attitude générale, et pas forcément d’un péché particulier : un enfermement sur soi : « Je suis enfermé sur moi-même »

                Prendre conscience de cela, c’est le premier stade de la conversion 

                      

                             Je n’y parviens pas du premier coup

Si je pense que je suis au dessus des autres ou mieux qu’eux, alors pourquoi changer, je suis bien comme je suis et je reste comme je suis. Pas besoin de me convertir.

Si je parle en vérité avec des gens, je peux m’apercevoir que je suis finalement comme eux. J’apprends à mieux me découvrir moi-même, à connaître mes failles.

                

       Ce premier stade de la conversion est une découverte à effectuer

       Souvent, il faut être tombé en bas de soi pour s’en apercevoir

Découvrir que l’on est enfermé sur soi, c’est une grâce qui nous ouvre enfin à  

                                 une autre dimension.

                             le deuxième stade de la conversion 

Dans cet Evangile, Jean-Baptiste précise au sujet de Jésus : Celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, je ne suis pas digne de Lui retirer ses sandales

dans l’antiquité, ce sont les esclaves qui ôtent les sandales de leur maître. C’est aussi un geste que faisaient les étudiants pour leur maître.

Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu

En langage actuel, on pourrait dire, que le deuxième stade de la conversion c’est de reconnaître au moins ceci : une puissance supérieure à moi, existe. Cela concerne ma vie

 

Là, je contreviens aux raisonnements courants. On n’aime pas trop avoir une puissance supérieure au dessus de soi.

On pense couramment que Dieu n’intervient que pour nous contrecarrer. D’où la mode de présenter des spiritualités sans Dieu.

Cela revient à tout aligner à notre niveau horizontal. On se prive de la dimension verticale.

Ces deux stades de la conversion, si je veux bien m’y appliquer, vont m’aider à donner sens à ce temps de la deuxième semaine de l’Avent destinée à me préparer à Noël.

Au-delà du Père Noël, Il s’agit d’accueillir la naissance intérieure de Dieu en moi et aussi dans les autres

Le jour du Seigneur aujourd’hui à 10h.30 sur Antenne 2 : ouvrir sa porte

Delphine et Emmanuelle, amies depuis 20 ans ont décidé d’accueillir dans leurs foyers respectifs une famille de 6 Irakiens.

La famille Fatoohi, qu’elles vont héberger, vit en exil forcé depuis l’été 2014 quand Daech a pris possession de la ville de Mossoul et intimé l’ordre à tous les chrétiens d’abjurer leur foi.

C’est dans l’intimité de ces deux familles françaises, non loin de Toulouse, que les Fatoohi vont trouver refuge.

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Dimanche 27 Novembre 2016 - 1er de l’Avent

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         De quoi faut-il parler aujourd’hui en ce premier Dimanche de l’année liturgique ?

           faisons le clair dans nos pensées, nos ressentis, nos objectifs, nos jugements

A propos de la prière

La persévérance fidèle dans la prière nous apprend beaucoup sur la manière de

                   conduire notre vie dans l’existence quotidienne

La prière est un lieu de rencontre avec Dieu, avec Jésus. Or, dans la prière, nous ne voyons pas Dieu. Dans la prière, la plupart du temps nous ne sentons pas Dieu. La prière est une rencontre avec Dieu qui se passe dans la foi. Nous croyons en la Présence de Dieu en nous. La présence de Dieu nous dépasse de beaucoup, de tous les côtés. Elle est immense cette présence de Dieu en nous. Bien plus que nous l’imaginons, et bien plus que nous la méritons. La présence de Dieu en nous vient de la Volonté de Dieu qui veut partager son Etre avec notre être.

Alors n’avons-nous rien à faire si tout vient de Dieu ?

Si, nous avons à faire. Il faut nous rendre accueillants à Dieu, à Ses Inspirations

Comment ? Être droit. Être juste. Être vrai. Être ouvert aux autres.

   Alors je deviens comme un lopin de terre qui reçoit le soleil de la grâce !

A propos de la vie de tous les jours, c’est comme la prière

Dieu y est. Nous ne Le voyons pas, nous ne Le ressentons pas. Cela ne veut pas dire qu’Il n’y est pas

Sa présence nous dépasse de tous les côtés. Sa présence est plus profonde, plus large, plus engagée que nous l’imaginons dans nos étroitesses. Dieu est dans la vie de tous les jours. Je Le rejoins à travers les gens. Ce que vous faites aux plus petits, c’est à Moi que vous le faites. Ce que vous ne faites pas aux plus petits, c’est à Moi que vous ne le faites pas. Jésus

A propos de la vie du monde, c’est comme la prière

Nous sommes renseignés sur tous les évènements du monde. En particulier ceux qui sont les plus sombres comme si il n’y avait que ceux-là. Nous en sommes souvent découragés et désabusés. C’est comme la prière, il nous semble que cela ne sert à rien. Aux évènements du monde, il nous semble que nous ne pouvons rien y faire.

C’est faux. Chacun, chacune, à sa place, peut faire quelque chose.

Dans le monde, il se passe aussi des évènements inattendus et magnifiques.

Sur France 2, durant l’Avent, à 11h. 30 après la messe « Le Jour du Seigneur » propose quatre documentaires sur le thème de l’accueil. Aujourd’hui il est question du bon larron. Il est ce bandit repenti crucifié à côté du Christ, premier à franchir les portes du paradis

C’est l’histoire d’une amitié aussi improbable que salvatrice entre deux hommes que tout semble opposer : Gérard, un braqueur multirécidiviste ayant passé près de la moitié de sa vie en prison et Henry un agriculteur discret et profondément croyant de la région du Mans. Bien qu’il ne lui parle pas souvent de sa foi, mais qu’il prie beaucoup pour Gérard avec d’autres personnes, l’ex-voyou finira par être touché par Dieu. A sa sortie de prison, il rejoindra la « fraternité du bon larron ». Henry est désormais visiteur de prison régulier.

     Au milieu de toutes les mauvaises nouvelles, une bonne nouvelle digne de l’Evangile

 

                               Qu’est ce qu’il nous reste de tout cela ?

Ce qui a infiniment le plus de poids dans nos vies, ce qui nous prépare le mieux à Noël

           C’est le don que le Christ nous fait de Sa Présence intérieure. J’y crois

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Dimanche 20 Novembre 2016 - Christ roi de l’univers - St Luc 23/35-43

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Aujourd’hui, dernier Dimanche de l’année liturgique, fête du Christ, roi de l’univers. Il est pour le moins étonnant qu’on ait choisi de nous montrer pour cette fête, Jésus au moment où Il meurt sur la croix. C’est peut-être étonnant, mais Jésus est roi Miséricordieux, Il est roi Serviteur, et Donné jusqu’au bout. J’ai du mal, nous avons du mal à nous faire à cette idée si peu partagée. Mais comment L’admettre sans nous convertir ? Seul un retournement fondamental de nous-mêmes nous donnera de saisir, dans la foi, le mystère de la croix du Christ

Le groupe « Semeurs de Lumière » est un groupe rattaché à la délégation du Secours Catholique de Haute-Savoie. Il se retrouve une fois par mois pour partager sur l’Evangile. Quand donc Dieu nous donnera-t-Il de goût de faire pareil, nous aussi ?

Dans ce groupe en lisant cet Evangile, ils se sont mis au niveau des deux malfaiteurs crucifiés de chaque côté de Jésus. Voici un extrait de ce qu’ils ont dit :

 

« N’es-Tu pas le Messie ? Sauve-Toi Toi-même, et nous avec !

« Il demande au Christ de se sauver tout seul ! Or, Il n’a jamais rien fait tout seul, Il est toujours avec le Père. Dans notre groupe, on ne vient pas pour se sauver soi-même. Ce sont les autres qui nous aident à avancer »

« Je comprends celui qui est en révolte. Moi aussi, j’ai eu des révoltes ! »

« Le pardon, ce n’est pas notre fort. On dit qu’on pardonne, mais ce n’est pas profond. On reste avec des arrière-pensées. »

 

«  Aujourd’hui, avec Moi, tu seras dans le paradis »

 

« Je suis touché par ce malfaiteur qui vire de bord juste avant de mourir, il est transformé par sa rencontre avec Jésus. Ne condamnons pas trop vite les personnes, même les plus mauvaises. On ne sait jamais ce qui peut se passer dans la tête. Seul Dieu connaît le cœur de l’homme. »

« Je suis marqué par le « aujourd’hui » : Je te prends, tu as pris conscience, tu as osé prendre la parole, tu es avec Moi dans le paradis. Nous aussi, on peut être dans son paradis si on sait reconnaître nos faiblesses. La miséricorde vient de Jésus, pas de nous. Même Jésus s’en remet à Son Père. On attend le pardon des autres, l’essentiel, c’est le pardon de Dieu. »

 

     L’expérience du larron en croix peut alors devenir un repère pour nous tous.

Dans notre impossibilité de nous libérer de ce qui nous entrave, de ce qui nous retient, de ce qui nous enchaîne, le don, le pardon de Dieu peut toujours, nous rattraper.

Dieu a voulu tout réconcilier par Lui et pour Lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de Sa croix.

     Voilà où se situe la royauté du Christ, voilà où elle devient alors totale

Puissions-nous, dans nos vies concrètes, faire l’expérience de cette royauté du Christ

                                  et nous en faire part les uns aux autres.

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Dimanche 13 Novembre 2016 – 33° ordinaire – St Luc 21/5-19

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On se dressera nation contre nation… il y aura de grands tremblements de terre, des famines, des épidémies… on portera la main sur vous et l’on vous persécutera… vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis…

Soyons bien clair, Jésus ne dit pas tout cela pour mettre en nous la peur. La peur n’est pas bonne conseillère. On peut dire sans se tromper : la peur, c’est l’opposé de la foi !

Bien sûr, les mauvaises nouvelles tiennent la « une » de toutes les annonces. Cela finit par occuper tout l’espace, envahir nos esprits, et nous rendre pessimistes.

Devant le mal, que fait Dieu ? Il a l’air de ne rien faire. Cet argument est très répandu, peut-être même y suis-je sensible… Est-ce vrai que Dieu ne fait rien ?

Dans le même Evangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit :

C’est Moi qui vous donnerai un langage et une sagesse. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

Je veux apprendre à voir la vie, les évènements de plus près, autrement que par ce qui apparaît au premier abord

Je vous donnerai un langage et une sagesse. C’est par votre persévérance

Je crois comme tout chrétien que Jésus est né dans notre monde. Ceci m’enseigne que Dieu en personne est venu vivre comme un homme parmi les autres hommes. Cette annonce peut me paraître déroutante ; Oui, elle dérange les idées et les conceptions que je me suis faites sur Dieu. Je fais le choix de croire que la Parole de Dieu est plus vraie et plus juste que ma propre conception des choses. Je reconnais que la conduite de Dieu m’étonne. Si Dieu est venu dans le monde, ce n’est pas pour nous laisser tomber. Je crois que Dieu s’engage Lui-même contre le mal. C’est un combat. Ce combat, Dieu le mène avec nous. Dieu a besoin de nous tous et de nous toutes des pauvres et des riches ; des humbles, des méprisés, des enfants, pour agir.

Je vous donnerai un langage et une sagesse ; Votre persévérance pour agir

 

Hier, j’ai entendu ces paroles sur Radio Chrétienne en France, RCF :

* Les chrétiens d’Irak et de Syrie ont tout perdu, maison, patrie, travail, santé, argent, mais ils n’ont pas perdu la foi en Dieu quel témoignage pour nous ! quelle force pour nous de leur part ! quelle persévérance !

* Sur trois jours se tient à Rome le jubilé des plus pauvres. Sous l’égide de l’association « Fratello » 3500 personnes sans abri sont rassemblées et rencontrent le Pape François qui leur manifeste une présence accueillante et fraternelle

* A Paris se tient une cérémonie commémorative des attentats du 13 Novembre 2015.

Il y aura une pose de plaque portant les noms des victimes. Certains membres de leurs familles n’iront pas car ils ne peuvent, pour le moment, retourner sur ces lieux tragiques. Ce soir une Messe sera célébrée à la Cathédrale Notre Dame par l’Archevêque de Paris.

* La même chose a été faite à Nice en souvenir de la tragédie du 14 Juillet. Il y a eu un pèlerinage à Rome conduit par l’Evêque de notre diocèse. Au début les participants ne se parlaient pas, ne se connaissaient pas. Peu à peu, des amitiés se sont nouées.

     Les gens ont trouvé eux-mêmes les gestes, les mots, qui aident à se reconstruire

 

Je vous donnerai un langage et une sagesse. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie

Quel écho et quelle action cette parole de Jésus peut faire naître en moi ?

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Dimanche 6 Novembre 2016   - 32° Dimanche - St Luc 20/27-38

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Jésus, on ne laisse pas tranquille. On L’interroge souvent, pas tellement pour avoir une réponse, plutôt pour L’embarrasser. Aujourd’hui, ceux qui ne croient pas à la résurrection l’interrogent sur ce sujet. Cette question est centrale.

A la suite de Jésus, je voudrais y répondre, mais pas à votre place. Chacun et chacune devraient le faire, d’abord pour soi-même, parce que nous l’affirmons tous les dimanches dans le « Je crois en Dieu », et ensuite parce que, à un moment ou à l’autre, nous pouvons en témoigner autour de nous.

Pour mon compte, J’ose dire, la résurrection, c’est la vie ; la résurrection, c’est la vie plus forte que la mort.

J’y pense beaucoup au moment des obsèques. Oui, le corps de cette personne est mort. Mais, on va bénir, encenser son corps. Le bien qu’elle a fait, avec son corps, sa peine, sa patience, son courage, sa fidélité, tout cela n’est pas mort. Cela subsiste toujours.

Il y a quelques jours, nous avons fait mémoire de nos morts. Nous sommes peut-être allés fleurir leurs tombes.

Ceux et celles d’entre eux qui nous ont fait du bien durant leur vie,

Ceux et celles qui nous ont montré un chemin de vie,

Nous aident-ils encore depuis l’Au-delà ? Je réponds oui, ils nous aident. Cela s’appelle la communion des saints. Oui, il y a une communion pour le bien entre les morts et les vivants. Cette communion existe aussi entre les vivants et les morts. Nous pouvons nous faire du bien réciproquement. La mort peut être vue comme une rupture ou une transformation. La « mort transformation », c’est la foi. En consentant à toutes les petites et grandes morts de notre quotidien, nous vivons déjà ces changements qui annoncent la grande transformation.

Je le constate dans la nature. La vie réapparaît après l’hiver. Un terrain laissé à lui-même devient vite un espace où la végétation reprend ses droits. Tout va pousser, les herbes, les arbustes, les plantes. La force de la vie se manifeste dans la nature.

Je voudrais rajouter encore ceci :

la résurrection, elle se faufile comme la vie. Je la sens parfois dans le sacrement de la réconciliation, lorsque une personne reconnaît ses torts en vérité. Là où il y a plusieurs années, elle a fait du mal à quelqu’un, elle porte un poids en elle, quelque chose de bloqué, une sorte de mort en elle. L’exprimer en vérité et en simplicité dans le sacrement, avec tout l’effort que cela demande, elle en ressort rajeunie d’autant, libérée par le pardon de Dieu. Légère, J’ose employer le mot, ressuscitée par le sacrement. Ce qui revient à dire que la résurrection, ce n’est pas seulement pour après, plus tard. La résurrection spirituelle, c’est à vivre maintenant.                                                                                                                    

         En conclusion : la résurrection n’est pas une invention, c’est une découverte

                 Il reste tout juste le temps de me poser quelques questions :

-          Où Dieu en est-Il de Sa résurrection en moi ?

-          Quels sont mes liens avec ceux et celles qui sont passés de l’autre côté ?

-          Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants      St Luc 20/38

-          je veux laisser cette Parole résonner en moi. Je choisis de la laisser germer en moi

Mardi 1er Novembre 2016 - La Toussaint - Apocalypse 7/2-4. et 9-14

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La Bible est un livre ouvert aux deux bouts… ouvert lorsque la genèse parle du mystérieux commencement de tout, (chacun peut penser à son propre commencement pour comprendre et mesurer ce que cela peut signifier). Ouvert, en finale, l’Apocalypse en appelle à la venue du Seigneur Jésus : le célèbre

« Marana tha » qui veut dire : Viens, Seigneur Jésus ! Les derniers mots ne ferment pas le « Livre », ni le livre de la vie. La plénitude est encore à venir. C’est dans cet entre-deux que nous vivons ! entre le « déjà là » et le « pas encore » à venir en plénitude. Il s’agit d’apprendre, non sans mal, l’art d’attendre et de préparer l’accomplissement de toutes choses, et de nous-mêmes. L’Apocalypse dévoile l’à venir sous la forme d’images symboliques

 

… J’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève… image symbolique de la résurrection de Jésus, victoire de la vie sur la mort et les ténèbres

attendez… tout viendra en son temps

que nous ayons marqué sur le front les serviteurs de notre Dieu, signe de la croix notre appartenance à Jésus Christ

ils étaient cent quarante-quatre mille symbole de la multitude des fidèles du Christ       

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples, et langues.

Ils viendront du Nord et du Midi, de l’Orient et de l’Occident a annoncé Jésus

Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau.

L’Agneau, le nom propre de Jésus dans l’Apocalypse. L’Agneau, c’est cet homme, Jésus de Nazareth. Il porte encore les marques, glorieuses désormais, de Sa lutte sur la croix. Il est debout, tel que l’a fait la résurrection. Agneau immolé, Agneau qui siège sur le trône de Dieu Il entraîne toute l’humanité

Ils étaient en vêtements blancs, des palmes à la main. Les vêtements blancs symbolisent le bonheur céleste ; les palmes, le triomphe.

Ils criaient bien haut « le salut à notre Dieu, qui siège sur le trône, ainsi qu’à l’Agneau »

L’apocalypse est une immense liturgie. Notre Eglise de la terre s’associe et rejoint la liturgie céleste au cours de la Messe

 

Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? Ils viennent de la grande épreuve  la grande épreuve de la vie

La Toussaint n’est pas une rêverie sans prise sur le réel de nos existences

« ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau ».

Ils ont lavé leurs âmes, ils ont été sanctifiés par la vie, la mort et la résurrection de Jésus

 

La Toussaint n’est pas une rêverie sans prise sur le réel de nos existences.

Les saints et les saintes transforment la réalité quotidienne.

La Toussaint, une respiration, une ouverture, une volonté d’à venir

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Dimanche 30 Octobre 2016 - 31° Dimanche - St Luc 19/ 1-10

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A Jéricho, il y a un homme, Zachée, chef des impôts… il cherche à voir qui est Jésus… c’est intéressant à noter … il est de petite taille… donc, il, court en avant… et il grimpe sur un sycomore… devant tout le monde… pour voir Jésus qui va passer…

                                           Drôle d’entrée en matière !

Arrivé à cet endroit, Jésus lève les yeux…

Dans nos vies aussi, il s’est produit sûrement un évènement, une rencontre, quelquechose qui   nous a marqué…

Jésus lui dit : Zachée, il est appelé par son nom

Descends vite ! il est nécessaire à certains moments de descendre de soi-même !

Aujourd’hui ce mot tient une place dans l’Evangile de Luc, aujourd’hui vous est né un sauveur… aujourd’hui le salut est venu dans cette maison…

Luc lit toujours l’Ecriture dans sa dimension présente. Lire l’Ecriture dans la foi, c’est entendre Dieu nous dire : « aujourd’hui ». Dieu n’est pas dans le passé ou dans le futur. C’est aujourd’hui qu’Il nous appelle. C’est aujourd’hui qu’Il nous sauve.

Il faut que j’aille demeurer dans ta maison, chez toi !

C’est pour le moins inattendu, et assez étonnant et dérangeant… Zachée voulait seulement voir Jésus, pas plus… Jésus décide d’aller chez lui… Il aurait pu répondre, pas tout de suite… je n’ai rien préparé… je ne suis pas prêt… demain… pas aujourd’hui… et bien…

Vite, il descend, et reçoit Jésus avec joie…

On devrait se réjouir… non, au contraire, tous récriminent…

Jésus est allé loger chez un homme qui est un pécheur … ce n’est pas bien, cela ne se fait pas … que pense le Pape François quand il demande d’aller dans les périphéries … ?

C’est-à-dire de lutter contre les préjugés qui nous habitent vis-à-vis des autres…

Seigneur, Tu aimes tout ce qui existe, Tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres Parole du livre de la Sagesse proposée aujourd’hui

Et l’Evangile nous raconte la suite de la rencontre de Jésus avec Zachée

                                                  

                                        Que vais-je retenir de tout cela ?

 

- Zachée n’est pas bien vu parce qu’il est au service de l’occupant romain. Oui. Je peux reconnaître cependant qu’il n’a pas peur du respect humain

- Quand est-ce que Dieu m’appelle par mon nom ?

- Le mot « aujourd’hui «  qui est au centre de ce texte, quelle résonance a-t-il en          moi ?

- Quelle expérience ai-je de l’action de Dieu dans les autres, en moi ?

- Quelles résistances à Dieu dois-je affronter ?

Dimanche 23 octobre 2016 - 30° ordinaire C - Saint Luc 18/9-14

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Deux hommes montent au Temple pour prier….

         L’un est pharisien, un bon pratiquant. Ce qu’il dit n’est pas faux. Il raconte à Dieu tout ce qu’il fait de bien : je jeûne deux fois par semaine, je verse deux dixièmes de tout ce que je gagne….je ne suis pas comme les autres…

         Il attend que Dieu le rétribue. Finalement, il se justifie lui-même et il se trouve mieux que les autres.

         L’autre, un publicain est un agent des impôts au service de la Puissance étrangère.

         Les deux prières commencent par l’invocation « Mon Dieu ». A la fin, c’est l’agent des impôts qui est justifié, et non le pharisien. Ils s’adressent au même Dieu, mais ils ont une pensée et une attitude opposées. La prière du publicain tient en neuf mots : Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !

         J’ai mis du temps à découvrir la justesse de cette parole, le pécheur que suis !

         Jusqu’à maintenant, il ne me semblait pas que je sois pécheur dans ce sens que je ne fais pas de gros péchés, et que je vois plutôt les choses bien que je fais.

         J’agis comme si tout le bien vient de moi, un peu comme le pharisien, et j’ai tendance à me considérer comme supérieur.

         J’oublie simplement le plus important, c’est-à-dire, tout ce que je dois à Dieu pour le travail qu’Il fait en moi….au moins deux choses dont je suis conscient : Sa constante fidélité et Sa profonde miséricorde. Cela vient vraiment de Lui et non pas de moi. C’est en cela qu’Il nous justifie c’est-à-dire qu’il nous rend justes.

         Merci au pharisien et au publicain. Ils m’ont appris, aujourd’hui, deux choses importantes : d’abord que je suis pas supérieur aux autres et que le bien qui se fait c’est le travail de Dieu en moi.

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Dimanche 10 Juillet 2016 - 15° ordinaire C - Saint Luc 10/25-37

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La parabole du bon Samaritain. La plupart d'entre nous la connaissent par cœur. Je retiens la question posée à Jésus par le spécialiste de la Loi :

                                     Qui donc est mon prochain?

 

Au premier abord, cette question est surprenante. Est-ce à moi de décider qui est "mon" prochain? Ai-je une sélection à faire, un tri parmi mes connaissances?

Le spécialiste de la Loi n'a pas conscience de se mettre en cause en posant cette question

Vous et moi, répondrions, sans doute : mon prochain, c'est l'homme laissé à moitié mort sur la route par les bandits et près de qui je passe

Je choisis d'entendre l'histoire que Jésus raconte ce matin

un homme descendait de Jérusalem à Jéricho… la route qui relie les deux villes ( environ 27 Kms) traverse une zone mal fréquentée. Jérusalem se situe à 750 mètres d'altitude, Jéricho est à 400 mètres au dessous du niveau de la mer, descente de 1.150 mètres.

des bandits dépouillent cet homme et l'abandonnent à moitié mort sur la route

un prêtre et un lévite, fonctionnaire du Temple, arrivent l'un après l'autre, ils voient, et ils passent de l'autre côté… un Samaritain arrive, il est en voyage, il n'estpas d'ici

la parabole fait jaillir un contraste insoutenable : ce qu'un prêtre et un lévite n'accomplissent pas, c'est un Samaritain, un ennemi, un étranger qui va l'accomplir!

Le Samaritain est saisi de compassion ce mot désigne en grec les entrailles de l'homme, y compris le cœur. Il regarde le mourant, il se sent impliqué au plus intime de lui-même et poussé à mettre en œuvre tout ce qui est possible. La véritable compassion est plus qu'un sentiment. elle conduit à une action, un engagement

Il s'approche, le Samaritain se fait proche, il se fait le "prochain", le prochain, c'est lui! surprenante définition du prochain! Au début, c'est l'homme à moitié mort qui est le prochain. A la fin, c'est le Samaritain. Le prochain, ce peut être chacun, chacune, toi, moi, celui, celle qui va mettre sa compassion au service d'un autre, quel qu'il soit

Voilà le tournant, le renversement que produit la parabole

 

                 Autre surprise : cette parabole nous parle-t-elle de Dieu?

Jésus, Dieu. Il descend Lui aussi. Il descend de Lui-même. Il se fait un homme au milieu des autres hommes. Le Samaritain qui passe, il est l'image de Jésus qui vient Se rendre proche de tout être humain, quel qu'il soit!

Cet homme blessé par le mal, gisant au bord de la route, c'est l'image de l'humanité

 

Aujourd'hui le livre du Deutéronome 30/10-14 s'adresse à moi, à toi

       Ecoute la voix du Seigneur ton Dieu… reviens au Seigneur Ton Dieu

                         de tout ton cœur et de toute ton âme.

Cet enseignement que Je te prescris n'est pas au dessus de tes forces, ni hors de    

   ton atteinte. Il n'est pas dans les cieux… il n'est pas au-delà des mers…

cette Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur,

                             afin que tu la mettes en pratique

               La Loi de Dieu n'est pas une ordonnance extérieure que Dieu m'impose,

             La Loi de Dieuc'est un Souffle intérieur qui construit ma propre vie

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Dimanche 3 Juillet 2016 - 14° ordinaire C - Isaïe 66/10-14 et St Luc 10/1-20

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Ce dimanche, deux textes, le 3°Isaïe et St Luc sont présentés côte à côte, pas par hasard

Isaïe 66. L'exil à Babylone a duré 70 ans. On est 500 ans avant J.C. Les rapatriés sont de retour à Jérusalem en ruines. Le prophète les réconforte, et leur annonce :

Voici ce que dit le Seigneur : Je dirigerai vers Jérusalem la gloire des nations comme un torrent qui déborde. La ville rayonnera la paix de Dieu pour toutes les nations

St Luc10   Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna soixante douze

Jésus a déjà choisi douze apôtres, suite aux douze tribus d'Israël. Maintenant, il est question de soixante douze disciples. 72 c'est le nombre des peuples de la terre selon la Genèse.

Isaïe annonce le rassemblement à Jérusalem. Jésus annonce l'envoi dans le monde entier.

Les deux mouvements ont l'air de s'opposer. En fait, il faut l'un et l'autre. L'Evangile d'aujourd'hui se termine ainsi :

Les soixante douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en Ton Nom

Jésus parle maintenant de la marche de l'Evangile dans le monde entier

Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups

Jésus sait que l'annonce du royaume va soulever des résistances, des refus. L'approche du Règne va apporter la joie, la paix, la guérison, mais aussi le combat spirituel et la lutte à mort.

N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales… dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord "Paix à cette maison"

       dans cette Parole, il y a ceux qui sont envoyés, et ceux qui sont dans les maisons

ceux qui sont envoyés n'ont rien d'autre que le meilleur d'eux-mêmes… un bien immense à apporter: la paix intérieure. Mais ils ont besoin de ceux et celles qui sont dans les maisons

ceux et celles qui sont dans les maisons ont ce qui faut pour vivre. Mais peut-être leur manque-t-il quelque chose, comme un vide, ou un manque, en eux…

Alors, l'échange est possible… et la relation peut s'établir

sur la route d'Emmaüs, il y a Jésus et ces deux personnes désemparées… mais il y a aussi l'auberge nécessaire où chacun s'ouvrira!

Jésus envoie les personnes deux par deux, pas tout seul

Dans ma vie de prêtre, je constate que ce qui reste, ce qui compte, ce sont les moments d'échanges quand je reçois du bien des autres

Des chrétiens et des chrétiennes pratiquants disent : la messe du dimanche est absolument nécessaire, mais pas suffisante. Il faut encore se connaître, se rencontrer, se parler, agir et progresser ensemble. Ces lieux existent dans les paroisses. A nous de trouver celui qui nous convient

         Souvenez-vous de cette vérité : un chrétien isolé est un chrétien en danger    

       Mystères joyeux, contempler les lieux où Dieu et les êtres humains échangent

L'Annonce de Dieu à Marie se fait dans sa maison. La visitation, Marie et Elisabeth ensemble pendant trois mois. La nativité, on refuse d'ouvrir sa maison pour la naissance de Jésus. Il naîtra avec les animaux. La présentation au Temple, Marie, Joseph et les autres, ensemble dans le Temple. Jésus perdu dans la foule, retrouvé au Temple  

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         Dimanche 26 Juin 2016 - 13° ordinaire C - St Luc 9/51-62

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Jésus décide sa dernière montée vers Jérusalem. La distance entre la Galilée et Jérusalem peut s'évaluer de soixante dix à cent Kms suivant les itinéraires. St Luc, lui attribue une durée de six mois et consacre à cette montée 10 chapitres, sur les 24 de son Evangile.

Jésus aurait pu rester en Galilée, s'éloigner en terres païennes toutes proches. Il éviterait ainsi la souffrance et la mort qui L'attendent à Jérusalem comme plusieurs prophètes.

Mais, le temps approche où Jésus allait être enlevé de ce monde… enlevé de ce monde.

retenons bien cette expression selon laquelle la mort de Jésus est présentée comme un enlèvement, une élévation, une Ascension, là, où Jésus attirera toutà Lui envisager la mort, notre mort, comme un passage vers une ascension.

Jésus prend la résolution de monter à Jérusalem, littéralement, Il durcit son visage.

Jésus fait le choix libre et courageux de coïncider entièrement avec Sa mission de Sauveur.

Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde Jésus prend la résolution de monter à Jérusalem.

En deux petites phrases, St Luc nous montre Jésus à un moment décisif de Sa vie.

Jésus envoie des messagers devant Lui. Ils entrent dans un village de Samaritains. On refuse de Le recevoir parce qu'Il va à Jérusalem.

Voila qui commence mal. Depuis très longtemps, les Samaritains sont en froid envers les habitants de la Judée et en particulier les pèlerins de Jérusalem. Jésus, comme ces millions de migrants actuels qui dépendent de l'accueil ou du refus de les recevoir. Bouleversant!

Les disciples Jacques et Jean suggèrent à Jésus d'ordonner que tombe sur eux le feu du ciel pour détruire ceux qui refusent de Le recevoir

N'aurions-nous pas, nous aussi cette idée d'un Dieu qui devrait détruire les méchants?

Jésus se retourne et les interpelle vivement.

Jésus ne s'impose pas par une intervention divine spectaculaire. Jésus révèle le vrai visage de Dieu. Celui qui a créé l'homme libre respecte cette liberté. Jésus n'est pas venu pour tuer mais pour reconstruire l'être humain. Jésus prend sur Lui le mal sans jamais le faire.

Ainsi, Ils partirent pour un autre village…

 

Les Evangiles m'apprennent à connaître vraiment la personne de Jésus.

Qu'est-ce que je retiens de concret sur Jésus, et pour moi, de tout ce qui vient d'être dit?

 

          

" Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière,

                                                n'est pas fait pour le royaume de Dieu" Jésus

                                         

" Fleuris là où tu es planté" St François de Sales

     J'ai idée que ces deux paroles s'éclairent l'une l'autre… Qu'en pensez-vous?

 

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Dimanche 19 Juin 2016 - 12° ordinaire - Saint Luc 9/18-24

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                          Aujourd'hui, Jésus pose deux questions

                                   *   Première question

                 Vous, que dites-vous? pour vous, qui suis-je?

 

Qui est Jésus? pour Christophe Simon 42 ans, ordonné prêtre aujourd'hui par MgrMarceau

A l'approche de l'ordination, je me sens tout petit face au don de l'Esprit Saint que je vais recevoir. Ma future mission est une mission de salut envers tous les hommes. La vocation, c'est une aventure extraordinaire tant sur le plan humain que sur le plan spirituel. Si le Seigneur vous appelle sur ce chemin, n'hésitez pas, c'est un chemin de joie! fort

Qui est Jésus?pour Pierre-Antoine Alaimo 45 ans ordonné prêtre aujourd'hui par Mg Marceau

J'ai avancé d'années en années au cours de ces neuf années de séminaire. A chaque étape, le Seigneur me donnait une grâce me mettant en paix profonde.

Qui est Jésus pour Jean-Marie Leysenne 69 ans, ordonné diacre aujourd'hui par Mgr Marceau

Arrivé à Tourrettes/Loup, une paroissienne me remet un prospectus "diacre, pourquoi pas vous?" je regarde mon épouse : nous y allons? elle me répond oui avec un beau sourire. Jusque là, je croyais en Dieu, sans plus. Le jour du Baptême de mon petit fils, ma foi a changé. Le 8 Mars 2003, dans une chapelle, devant le Saint Sacrement, devant Sa Présence, mon cœur s'est ouvert à Lui. A cet instant là ma vie a basculé. Petit à petit, je me laissais aller. Il m'a guéri. J'ai fait l'expérience de cet instant où l'on est saisi par la grâce comme un coup de foudre amoureux.

Qui est Jésus pour moi aussi?

Jésus, c'est Dieu en personne. Il est donné à tous les gens. Le problème, c'est de Le recevoir

 

                                           ** Deuxième question

Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, chaque jour, et qu'il me suive. Celui qui veut sauver sa vie, la perdra!

                       celui qui perdra sa vie pour moi, la sauvera!

 

Pour Christophe Simon : Durant les six années de séminaire, j'ai pris conscience que le Seigneur me veut heureux dans le sacerdoce, sans aucun mérite de ma part. Il s'agit de laisser le Christ travailler mon cœur. Le "oui" que je vais prononcer à l'ordination est un "oui" que je vais réaffirmer tout au long de mes années. Il s'agit d'un oui qui appelle au dépassement.

Je me sens tout petit.

Pour Pierre-Antoine Alaimo : Au cours de ces années, des questions se sont posées.

Est-ce le bon choix? aurai-je la carrure? Ce fut même un combat spirituel. En paroisse j'ai rencontré des personnes qui se donnent pleinement. Elles vivent cela en plus de leur vie familiale et professionnelle. Ces personnes me portent et me montrent que c'est bien ma voie.

Pour Jean-Marie Leysenne : J'ai découvert ma vocation à travers mes frères. Ils m'ont amené au Christ. Le Seigneur me transformait déjà par petites touches, depuis quelques années. Ma guérison n'est pas seulement pour moi, mais pour qu'à mon tour je vienne en aide à d'autres. A Dieu, tout est possible, et, avec Dieu, tout devient possible

Pour moi aussi : Je voudrais que Jésus soit au centre de ma vie, et non pas moi au centre.

L'Eglise est pour moi un cadre de vie. J'ai besoin d'une structure extérieure et intérieure

J'ai aussi besoin des autres. L'Eglise est ma famille à côté de ma famille parentale

Si c'est cela perdre sa vie, je suis d'accord pour la gagner de cette manière

Répondez vous-même, et avec d'autres, à ces deux questions de Jésus. Elles sont fortes

 

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Dimanche 12 Juin 2016 - 11° C - St Luc 7/36-50

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Un pharisien, pratiquant, invite Jésus à déjeuner… on se met à table, on s'allonge sur des divans selon la coutume… le déjeuner commence normalement…

entre une femme de la ville, une pécheresse, elle a appris que Jésus est là…

*  les invités, le maître de la maison, et nous… si nous étions là… imaginez le silence, lors de son arrivée… elle n'est pas invitée… tout le monde la connaît… ce n'est pas sa place ici… surtout elle… on ne voit qu'une chose en elle, sa vie décousue… un seul regard peut enfermer définitivement une personne… et nous enfermer nous-mêmes dans nos jugements intérieurs…

* Elle… vraisemblablement, elle a vu Jésus Christ au milieu des gens… elle l'a entendu parler… Tout commence par Dieu. Elle a senti qu'elle était pardonnée, aimée complètement, totalement, envahie par le pardon, remise de ses dettes, comme un être nouveau, Dieu par Jésus s'est inscrit en elle… elle n'est plus la même… Jésus a fait d'elle une autre personne… on lui dit que Jésus est dans cette maison… alors, tant pis pour ce que les gens penseront ou diront… elle risque le tout pour le tout…

elle apporte un vase précieux plein de parfum, elle s'approche, se tient derrière Jésus, ses larmes mouillent ses pieds, elle les essuie avec ses cheveux, les couvre de baisers, et y verse le parfum…

c'est sa manière à elle… elle offre à Jésus ces marques de repentance, de reconnaissance… personne dans l'assistance n'a su donner à Jésus de tels signes…              

 

*  Jésus… Il la laisse s'approcher… Le toucher devant tout le monde… aller jusqu'au bout de son repentir… Alors, seulement maintenant, Il prend la parole

un créancier a deux débiteurs. L'un lui doit cinq cent pièces d'argent (le salaire de deux années et demie de travail) l'autre cinquante (deux mois de travail). Ni l'un ni l'autre n'ont de quoi le rembourser… Toute l'attention se concentre sur les derniers mots de la parabole : il leur en fit grâce… Quel est celui qui l'aimera le plus?

Simon est comme le débiteur de deux mensualités de travail. Pourtant il na pas versé d'eau sur les pieds de Jésus, il ne l'a pas embrassé, il ne lui a pas fait d'onction d'huile sur la tête.

La pécheresse est comme le débiteur qui doit deux années et demie de travail : elle ne réussira jamais à solder sa dette!. L'unique issue est la grâce pour tous les deux!

Au départ il y a le pardon de Dieu, Son infinie Miséricorde. C'est toujours Dieu qui commence et non, nous. L'Amour qu'Il nous témoigne déclenche ensuite, l'amour que nous pouvons donner à notre tour et non l'inverse.

La traduction française "ses nombreux péchés sont pardonnés parce qu'elle a montré beaucoup d'amour" ne correspond pas au texte original grec qui s'exprime ainsi

"Je te le dis : elle aime beaucoup, celle à qui on a beaucoup pardonné. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu"

Celui qui ne se sent pas rejoint par la miséricorde de Dieu a du mal à aimer Dieu

 

Cet Evangile doit m'aider à retrouver la joie de vivre le sacrement de la réconciliation

_ dans ma vie actuelle, de quoi je veux remercier Dieu? dans quelles circonstances j'ai  

   senti Sa Miséricorde?

_ dans ma vie actuelle, qu'est-ce qui me pèse le plus? qu'est-ce que je voudrais ne pas      

   avoir fait?

_ dans ma vie actuelle, le résumé de ma foi c'est : Jésus, j'ai confiance en toi

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Dimanche 5 Juin 2016 - 10° C - St Luc 7/11-17

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Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec Lui, ainsi qu'une grande foule…
On arrive près de la porte de la Ville au moment où l'on transportait un mort pour l'enterrer. C'était un fils unique, sa mère était veuve.

Une foule considérable accompagnait cette femmedeux cortèges auraient pu se croiser dans l'indifférence généraleun cortège, celui de la maman,va vers la mort l'autre, celui de Jésus, va à la Vie

Jésus voit cette maman, Il est saisi de pitié, Il lui dit : "Ne pleure pas". Il s'avance, Il touche la civière. Les porteurs s'arrêtent les deux cortèges s'arrêtent. La marche vers la mort est interrompue Jésus dit : jeune homme, Je te l'ordonne, "lève-toi!" alors le mort se redresse, s'assoit et se met à parler. Jésus le rend à sa mère. Me voilà, et vous aussi, au cœur de la foi. Peut-être, pensez-vous, c'est impossible ce qui est raconté. On n'a jamais vu cela.
Je voudrais vous dire ce que je crois. Je pense à un monsieur. Il a 90 ans. Depuis 6 mois, dit-il j'ai baissé de 10 ans. Il est déstabilisé profondément. Il n'a jamais vécu cela. Sa vie? il s'est marié, il a eu des enfants. Durant des dizaines d'années, il a été responsable au Secours Catholique. Il a partagé son temps, ses forces, ses compétences, avec toutes sortes de gens. Des personnes qu'on appelle "les blessés de l'existence". Il a rencontré ces personnes. Il les a aimées, il les a accompagnées. Certains et certaines, il les a remis en route. Avec d'autres, il n'a pas réussi. Sa vie a été pleine, heureuse, donnée. Il a son chez-soi comme nous tous. Il a de quoi vivre. Il a sa famille. Il a un couple ami qui habite deux étage au dessus.  
Aujourd'hui, c'est lui qui est en dérive. Tout à coup, il se découvre totalement dépendant. Cela, ne lui est jamais arrivé. Il n'est pas prêt. C'est un bouleversement complet. En plus, il a des doutes, non par rapport à Dieu, mais par rapport à son Eglise à la suite d'un livre. Tout ce sur quoi il s'appuyait semble s'écrouler. Il se demande que vais-je devenir? où dois-je aller? Ai-je une maladie grave?
Notre ami, celui dont je vous parle, il a un dernier pas qu'il doit franchir :
    Se jeter dans la confiance! se jeter dans la confiance! Jésus, j'ai confiance en Toi! c'est la nouvelle et dernière étape de sa vie. Si il y arrive, cette façon de vivre autrement qui se propose, la vie aura gagné en lui sur la mort. Dieu, l'Eglise, sa famille, ses amis, l'aideront à cela.

     Affrontés à ces sortes de morts et de résurrections, cela arrive à tous et toutes.  Chrétiens, c'est dans ce sens que nous croyons que la Vie est plus forte que la mort. L'Evangile d'aujourd'hui se décline en termes extraordinairement concrets un regard le regard de Jésus sur cette maman, notre regard sur toute personne une parole simple, humaine, délicate, divine "ne pleure pas" un ordre "lève-toi" ces verbes que les premiers chrétiens utilisaient pour parler de résurrection, se lever, se redresser, se réveiller, qui sont ceux de la vie de tous les jours.

Tous, ils rendaient gloire à Dieu en disant : Dieu a visité son peuple.

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Dimanche 29 Mai 2016 - Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ.

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En prologue, un extrait d'un article de Matisse dans le Time du 24 Octobre 1949

L'artiste travaille et arrive à un stade où se produit une explosion. Je ne puis dire pourquoi dans le cas de cette chapelle, les couleurs se sont avérées si subtiles et harmonieuses

 

   Oui, cette chapelle a des choses à dire à propos de Jésus dans le Saint Sacrement

D'abord, c'est une chapelle de lumière et de reflets comme Jésus quand Il rencontrait les gens. Ici, il y en a qui trouvent un moment la paix. Je veux que ceuxqui entreront dans ma chapellese sentent purifiés et déchargés de leurs fardeaux Matisse

Ensuite,en ce dimanche du Saint Sacrement, regardons l'autel. C'est une table.

L'espace réservé à l'autel et au chœur occupe à lui seul presque le tiers de la chapelle. C'est montrer distinctement que ce lieu est le point de convergence.

Maintenant, approchons-nous. Des carrières de pierres il y en a autour de Vence, elles sont blanches comme la chapelle. Matisse a choisi la pierre de Rogne, celle qui a servi à la construction du Pont du Gard. Quand on la regarde de près, par sa couleur et par les concrétions qui la compose, cette pierre… fait penser à du pain! C'est pour cela que Matisse l'a choisie. La Table entière est devenue Pain du Seigneur! Et, en plus, creusé en elle, le tabernacle, où sont gardées les hosties consacrées! avec la lampe du Saint Sacrement qui brûle jour et nuit. Il y a de quoi rester en silence… les fins bougeoirs avec leurs cierges comme des fleurs d'anémone, la fleur de Matisse, entourent la croix de Jésus

L'orientation de la table permet de célébrer le messe tournée vers les sœurs et les fidèles. 14 ans avant le concile Vatican II! Cet autel est orienté vers le soleil levant, symbole du Christ qui sort de la nuit du tombeau pour éclairer le monde

Que de signes, que de symboles inscrits dans ce qui est devant nous!

Si vous prolongez un peu votre regard, Mr Matisse met devant nous, le vitrail de la Vie. La Vie surgit et fleurit dans ces plantes même dans une terre désertique et sèche. La Vie gagne, en dernier lieu, après les étapes de la Table du Pain partagé. Tout le Credo sous nos yeux!

Maintenant, il reste à parler de nous qui sommes là, tout autour.

Le prêtre préside. Oui, mais pas du tout pour lui. Il a été ordonné par l'Eglise pour rendre présent Jésus dans les sacrements, dans sa conduite avec les gens, et dans son lien avec l'évêque.

Comme le prêtre, vous êtes plus que vous-mêmes. Ensemble, nous sommes le Corps actuel du Christ ici. Attention! Dans les prières eucharistiques, au centre de la messe, chaque fois que le prêtre dit "nous" c'est de nous tous et toutes dont il est question. Nous ne venons pas que pour nous. Nous venons pour les gens qui nous connaissent. Chacun, chacune, nous portons notre part du visage de l'Eglise. Nous venons communier pour que notre visage d'Eglise se voit mieux

 

Dans la fête d'aujourd'hui, le nom qui conviendrait à Jésus pourrait être :

Jésus a prit en main sa vie, Il en a fait du Pain partagé pour la Vie du monde

Quand je communie, ai-je envie, moi aussi, de faire de ma vie un peu de pain partagé?

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Dimanche 22 Mai 2016 - Solennité de la Sainte Trinité.

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préambule du livre sur la Trinité de Jean-Noël Besançon "Dieu n'est pas solitaire"

Sophie a trois ans. C'est l'une des première fois qu'elle entre dans une église. Elle est saisie par le silence et fascinée par le buisson ardent des cierges…

Sa maman lui prend la main droite et lui fait toucher son front… son cœur… ses deux épaules… Elle lui murmure à l'oreille : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit

prenez le temps…vous êtes, vous aussi dans cette église… imaginez… contemplez… priez...

sa maman lui prend la main droite et lui fait toucher son front, elle murmure à l'oreille au nom du Père, elle lui fait toucher son cœur, elle murmure à l'oreille et du Fils, elle lui fait toucher ses deux épaules, elle murmure à l'oreille et du Saint Esprit

Tout est fait, tout est murmuré par cette maman, son enfant, devant moi, le témoin.

Je n'ai plus envie de discuter interminablement sur 3 et 1. Non. Mais j'ai envie de me fondre en toutes les deux! Je me sens pris. Je suis la maman. Avant tout, elle met en place Dieu Trinité dans l'univers de son enfant. Elle espère que c'est pour toujours. Elle a raison de ne pas attendre. Elle dit Dieu comme elle a reçu la foi. Je suis l'enfant. je suis heureux que ma maman soit à côté de moi. Je suis heureux que ma maman me parle tout bas dans ce lieu mystérieux. Je suis le témoin ébloui de ce qui vient de se passer. Nous trois… nous sommes INSEPARABLES, UNIES, dans une même action. Dieu Lui-même qui vient de s'imposer à moi d'un seul coup! Je ne veux jamais oublier cette scène.

        

Dieu le Père est en haut. Il est l'origine de tout, de tout. Ma main monte… haut  

Dieu Jésus le Fils descend très bas, le plus bas possible. Ma main descend en bas

Dieu le Saint Esprit renouvelle et Souffle. Ma main balaie d'une épaule à l'autre

Je viens d'imprimer Dieu sur moi, sur mon corps. Je suis fier. Je n'ai plus envie de diviser Dieu. Il me donne ma vraie dimension

Il est ensemble en haut. II m'appelle en haut et j'essaye de monter pour Lui répondre

Il est ensemble en bas. Il descend Lui-même profondément dans la pâte humaine où je glisse. Il y est, tout en bas. Si je veux bien Le regarder

Il est ensemble dans l'ouverture. Il déborde ensemble dans le don de soi-même. Il m'appelle quand je me rétrécis sur moi. Comme si j'étais mon seul salut personnel

                         Le signe de la croix dit tout ça, et fait tout ça.

                                               Quelle est mon image de Dieu?

                                  Dieu? Quelqu'un, Il faut L'accueillir EN SOI.

                                           Là, est la seule et vraie attitude

       Elle s'acquiert peu à peu. Elle demande beaucoup d'amour et de patience

                                            Elle apporte une joie profonde

 

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Pentecôte 2016 - Dimanche 15 Mai C - Actes des apôtres 2/1-11

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St Luc est l'auteur de l'Evangile et aussi des Actes des Apôtres. Ce second livre témoigne du début de l'Eglise, dans les années 30 jusqu'aux années 60 où St Pierre et St Paul sont à Rome. Rome, qui paraissait le centre du monde connu en ce temps-là. Au commencement l'Eglise connaît la tentation de se centrer sur elle-même , de s'enfermer dans le milieu où elle est née. L'Esprit, le Souffle, de Son côté, va pousser sans cesse plus loin cette jeune Eglise d'étapes en étapes. D'abord au grand jour à Jérusalem, puis vers la Turquie, l'Egypte, la Grèce, Rome. En même temps, l'Esprit, le Souffle, centre les disciples sur la personne de Jésus, Ses paroles et Ses actes. Aujourd'hui, encore, le Pape François nous le rappelle, L'Esprit nous pousse, nous aussi, dans ce double mouvement vers Jésus, vers les autres, vers les périphéries.

Le jour de la Pentecôte,dans le monde Juif, c'est jour de fête, de pèlerinage à Jérusalem. On fait mémoire du don de la Loi signe de l'Alliance entre Dieu et Son peuple rassemblé au pied de la montagne du Sinaï. (le livre biblique de l'Exode chap.19 à 24)

Le jour de la Pentecôte, les disciples se trouvent, eux aussi ensemble dans un même lieu

St Luc construit son récit en référence à l'évènement du Sinaï pour en faire comprendre l'importance

Hier, au Sinaï, lors de la première alliance, le tonnerre faisait trembler la montagne (c'est le langage biblique conventionnel pour dire la présence de Dieu)

Aujourd'hui, vient du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent

Hier au Sinaï, le Seigneur était descendu dans le feu. Les rabbins, pour montrer que cette Loi est destinée à tous les hommes, disaient dans leurs commentaires que la voix de Dieu se partagea en 70 langues de façon que tous les peuples puissent l'entendre

Aujourd'hui, une sorte de feu se partage en langues et se pose sur chacun. Tous les disciples sont remplis de l'Esprit Saint

Or, il y avait… à Jérusalem un rassemblement de juifs fervents issus de toutes les nations qui sont sous le ciel, Parthes, Mèdes,( Iran) Elamites, (Golfe persique) habitants de Mésopotamie, (l'Irak) de Judée, ( Palestine) de Cappadoce, du Pont, d'Asie, de Phrygie, de Pamphylie, ( tous ses état sont en Turquie) d'Egypte, de Lybie, de Rome, de l'Ile de Crète, de l'Arabie, tous entendent ces Galiléens dans leur propre langue! tous étaient stupéfaits, et, se disaient, perplexes, l'un à l'autre : que peut bien être cela? D'autres encore disaient en se moquant : ils sont pleins de vin doux!

                         Que veut nous faire comprendre St Luc?

A peine née, la jeune Eglise est confrontée à la multitude, et aussi à la dérision

L'Esprit Saint, le souffle de Dieu, va-t-Il arriver à faire que tous, nous nous comprenions les uns les autres, avec toutes nos différences?

Les apôtres qui s'étaient enfermés, sortent devant tout ce monde et St Pierre se met à parler en face, dehors, sans crainte : Jésus, vous l'avez pris et fait mourir en le clouant à la croix. Dieu l'a ressuscité ce Jésus, nous en sommes tous témoins. Maintenant, Il a reçu du Père l'Esprit Saint et Il l'a répandu. C'est là ce que vous voyez et entendez. C'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera et beaucoup se firent baptiser

Ainsi commence l'histoire de l'Eglise, semblable à celle de son Seigneur et Maitre Jésus. Heureusement, cette première Pentecôte sera suivie d'autres Pentecôtes pour renouveler la face de l'Eglise et celle de la terre !

Que retenez-vous de tout cela?

 

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-   Dimanche 8 Mai 2016 - 7° de Pâques C -

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Entrons dans la semaine qui nous prépare à recevoir l'Esprit Saint, ou encore appelé Le Souffle de Dieu. Belle image biblique : Le Souffle de Dieu, la Vie avec un V majuscule.

Notre vie terrestre est souvent considérée seulement dans un niveau horizontal. Comme si il n'y avait rien au dessus, ou rien en dedans. Nous croyons connaître le début et la fin, de notre vie, et, c'est tout. Comme si notre vie était dépourvue du Souffle de Dieu.

Dieu agit dans Sa création, Il la conduit vers le Bien, vers le beau, vers le Vrai. Dieu instaure une verticalité dans tout ce qui existe.

Il y a aussi des personnes qui n'emploient pas le mot Dieu. Mais ils parlent du Sacré comme quelque chose de plus grand, de plus haut qu'eux. Il ne faut mépriser aucune façon d'exprimer la verticalité qui nous habite

Encore faut-il donner corps à cette dimension de notre être. Il y a des conditions à respecter. Comme en cuisine, rien ne nous est donné tout cuit à point. Il y a beaucoup d'éléments à préparer. Pour que notre vie ne soit pas plate, sans consistance, il faut le vouloir (c.f. les essentiels de la Vie de cette semaine)

                        Mets des temps de silence dans tes journées

nous sommes entourés de bruit, en nous, autour de nous, cela nous rassure. Nous avons peur du silence. Nous devons le mettre, déjà en nous. Entre deux activités, s'arrêter, cinq minutes, c'est court et c'est long. Tant pis. Se recentrer, arrêter le trafic intérieur… Un silence avant de passer à une autre activité. Plusieurs fois dans l'année, faire une halte spirituelle dans un lieu prévu pour cela.

                             regarde comment fonctionne la nature

une fleur, des petites fleurs, comme les pâquerettes, si mignonnes, des arbres si différents les uns des autres, ce qui pousse, ce qui repousse sous nos yeux. Tout ça nous repose, nous resitue dans la création, ce qui meurt, ce qui revit, les oiseaux qui apprennent à chanter, la mer qui va, qui vient, un ruisseau, ce n'est jamais du temps perdu

                                    fais partie d'un groupe d'amis

un lieu où l'on peut se ressourcer en se parlant sans appréhension, un lieu où l'on peut s'écouter sans se juger, un lieu de vérité réciproque. Tout cela existe, à notre portée, en tout cas dans l'Eglise. On n'en profite pas, c'est très dommage

choisis ou relis un livre, écoute une musique qui t'ont donné le gout de vivre,      

                                la force de rêver, la joie de croire

Pour préparer la Pentecôte, une prière que tu répartiras le long de la semaine :

 

Viens, Esprit en nos cœurs, et envoie du haut du ciel un rayon de Ta Lumière

                                                               Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes

 

Dans le labeur, le repos; dans la fièvre, la fraîcheur; dans les pleurs, le réconfort

                                 Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé

 

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé

   A tous ceux et celles qui ont la foi, et qui en Toi se confient, donne Tes sept dons sacrés.

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         L'ascension 2016 C - Saint Luc 24/46-53

En ce jour de l'Ascension du Seigneur, si vous voulez bien, je vous demande de vous tourner vers la représentation du chemin de croix conçu par Mr Matisse.

Au premier abord, peut-être êtes-vous rebutés, froissés, déconcertés … ne vous détournez pas. Cette œuvre est le résultat d'un long processus qui a duré deux années. Matisse a demandé qu'on lui lise les pages des quatre Evangiles sur la passion de Jésus Christ. Il a dit ces textes, il faudrait les connaître par cœur. Il a voulu voir à ce sujet, les tableaux des grands peintres VanDyck, Mantégna, Rubens. Sur sa table de nuit, était posé le livre "L'imitation de Jésus Christ."

Il réalise des dizaines, des dizaines et des dizaines de dessins préparatoires. Au cours de ce travail, il va épurer ses dessins, enlever les détails superflus pour ne garder que les traits essentiels.

Pour lui, il s'agit de dire quelque chose de la souffrance et de la violence qui accompagnent ce drame, le plus profond de l'humanité. Devant ce drame dit-il l'artiste doit s'engager. Il devrait pouvoir arriver à représenter chacune des stations, les yeux fermés. Il ne s'agit pas de faire de la beauté, mais de faire de la vérité. Voila ce qu'il pensait et ce qu'il a dit.

Après ce long temps de mûrissement et de méditation, il réalise ce tableau en quatre heures comme un jaillissement profond de lui-même

Fixons maintenant notre regard sur la station 12. Elle se trouve tout à la fois au sommet et au centre de la composition. Il y a plusieurs personnages à ses pieds, comme si la croix était plantée en terre humaine et tout le tableau converge vers elle. Il semble que Matisse ait voulu illustrer cette parole du Christ :

Quand Je serai élevé de terre, J'attirerai tout à Moi.

Regardons maintenant ce qui est le plus étonnant : les mains du Christ ne sont plus clouées sur la croix, ses bras s'élèvent au-delà de la croix, vers le ciel et dessinent le début d'un grand V, Vie, Victoire. Jésus, devant nous, est déjà en Ascension de Vie. Image saisissante et unique de Jésus sur la croix et en Ascension de Vie. L'évènement de Pâques en une seule image. La croix, un passage, une victoire de la Vie sur la mort ! Merci, Merci, Merci, Mr Matisse

A la suite de Matisse, et dans la même ligne, écoutons, maintenant St Luc. Avant qu'il écrive la suite de l'évènement de Pâques dans "les Actes des apôtres", voici, les deux ultimes phrases de son Evangile, brèves et chargées de sens

Alors, Jésus les emmène jusque vers Béthanie, et, ayant levé les mains, Il les bénit. Pendant qu'Il les bénissait, Il fut séparé d'eux et Il fut emporté vers le ciel.   Contemplons Jésus, emporté vers le ciel, tandis qu'Il ne cesse de nous bénir

Et eux, s'étant prosternés devant Lui, retournèrent vers Jérusalem avec une grande joie, et ils étaient continuellement dans le Temple à bénir Dieu

Prosternons-nous devant Jésus, comme les disciples. Découvrons la joie de croire.

Agissons en prenant notre part du travail de l'Eglise dans le monde.

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       Dimanche 1er Mai 2016 - 6° de Pâques C   -   St Jean 14/23-29

         En deux phrases, St Jean me dit que Dieu vit en nous. J'écoute

                   si quelqu'un m'aime, il gardera Ma Parole

tout être humain, quel qu'il soit, s'il le veut, peut aimer Dieu. Aimer Jésus, c'est aimer Sa Parole, être attentif à Sa Parole, la méditer

                                         il gardera Ma Parole

".Gardez Ma Parole " nous dit Jésus. En prendre soin comme quelque chose de très précieux qui donne un sens à ma vie. Ce verbe est au futur, pour dire que cela se fera progressivement

Mon Père l'aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui nous ferons une demeure.

Mon Père l'aimera celui qui croit être aimé par Dieu, celui-là a franchi la porte de la foi.

Chez lui, Nous, ferons une demeure. Nous, au pluriel, c'est-à-dire Dieu Lui-même, qui est Un, tout ensemble, Père-Jésus-le Souffle

chez lui, une demeure C'est inattendu, car, entre Dieu et nous, il y a un tel écart! Dans la Bible, Dieu habite dans Israël, dans son Temple.

Ici, et maintenant, avant son départ vers le Père, Jésus annonce que cela ne signifie pas Son absence. Jésus-Dieu est toujours avec nous. voila le sommet de la foi :

               Jésus est passé d'une présence extérieure à une demeure intérieure.

Ai-je conscience que Dieu vit en moi? que Dieu vit dans nos relations les uns les autres?

 

Extraits du numéro de "La Vie" de cette semaine, dans 'Les essentiels'

Cédric Petit, Né en 1974 à Rouen dans une famille anti cléricale. Sa maman meurt, il a 27 ans.. Il est directeur marketing dans une grande entreprise, ça marche bien. Noël 2013, il a 39 ans, dans les grandes artères de la ville, les vitrines des grands magasins ont revêtu leur look. Une question s'impose à lui : mais, qu'est-ce que Noël? Il ne sait pas répondre. Je me mis à lire, à m'intéresser au christianisme. Je me mis à pousser les portes des églises de mon quartier. La messe? quelque chose de très exotique. Un moment me touchait, le baiser de paix. Jamais de ma vie, je n'avais encore regardé dans les yeux les personnes que je ne connaissais ni n'avais choisies, pour leur dire un petit mot sincère. Moment de fraternité gratuite. Mon rythme de vie était effréné. L'idée de ma décentrer une heure par semaine où je n'étais plus le nombril de mon petit monde me plaisait. Un an après, je découvre un livre, Le Royaume, d'Emmanuel Carrère, Pol. Quand je le refermai, je sus que j'étais chrétien. Dans une société qui privilégie la force à la faiblesse, la richesse à la pauvreté, Carrère m'a montré cette "folie" du christianisme qui consiste à inverser les valeurs, et toute la joie qui en découle.

Jusqu'alors, j'étais très fier de ne pas être baptisé. Je me sentais au dessus des chrétiens, je voyais la religion comme un carcan. Je suis petit fils d'immigrés économiques, j'ai grandi avec la peur de manquer. Ma vision de l'entreprise est désormais centrée sur l'humain. L'argent, le pouvoir, mon statut, je me surprends à les regarder d'une autre façon. Je reconnais là, le Souffle de l'Esprit. Peu à peu, j'apprends à me débarrasser de ces mauvais leviers. Mais ce travail de détachement demande du temps. Le chemin d'une vie, sans doute. Les interstices de la vie sont comme des signes de la Présence de Dieu. A 42 ans, et à Pâques 2016, Cédric a reçu le Baptême, l'Eucharistie, la confirmation en l'Eglise St Vincent de Paul, à Paris x°.

Parmi ses conseils : Sur le plan spirituel, on ne chemine jamais seul. Il y a toujours des traits d'union entre Dieu et soi, des choses ou des gens qui sont là, sans doute guidés par l'Esprit Saint, pour nous aider à aller plus loin dans notre relation à Dieu. En cherchant à mettre en pratique les Paroles de l'Evangile vous porterez plus d'attention aux personnes démunies, à l'égard de votre conjoint, sa famille, vos amis, et dans le travail

C'est beau le travail de Dieu en nous… Pâques 2016 Alleluia! C'est une bonne cuvée!...

Dimanche 24 Avril 2016 - 5° de Pâques - St Jean 13/31-35

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Comme chaque dimanche, l'Eglise nous propose trois textes de la Bible

Les actes des Apôtres 14/21-27 nous assistons à la fondation des communautés chrétiennes en Turquie. Mission difficile et risquée de Paul et Barnabé en terre étrangère.

L'apocalypse 21/1-5 au terme de l'Histoire du monde, une création nouvelle sera manifestée. Elle ne cesse de surgir aujourd'hui comme hier et demain, nous révèle ce passage

L'Evangile de St Jean 13/31-35 au soir de la Cène, Jésus annonce son départ et Il donne à ses disciples "le commandement nouveau".

Mes petits enfants, ce soir là, quelle tendresse de la part de Jésus! JE SUIS, encore avec vous, mais pour peu de temps…

Jésus ne veut pas les abandonner, mais Il veut les préparer à passer de Sa présence corporelle à une autre forme de présence, intérieure à chacun, profonde, forte, sensible, parfois

Oui, il y a le même "passage" à faire pour nous, tous et toutes, vis-à-vis de Jésus

     Jésus le Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler

   Jésus le Christ, Lumière intérieure, donne-moi d'accueillir Ton Amour.

Pâques, "Pessah" en hébreu, veut dire : passage. Nos vies sont faites de "passages" successifs

                     Je vous donne un commandement nouveau.

         Comme, Je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres

   Pour nous, les chrétiens habitués, ce n'est pas nouveau. On nous l'a dit, répété, redit

Pour les chrétiens, chrétiennes neufs et neuves, c'est fondamental. C'est le cœur du message,        

ça change notre comportement, notre façon de voir. La langue française emploie deux verbes "aimer" et "adorer". L'un et l'autre servent indifféremment à propos de tout. La langue italienne dit "ti amo' "je t'aime" elle dit aussi "ti voglio bene" "je te veux du bien" "aimer" c'est d'être tourné vers l'autre, vers les autres. C'est difficile d'aimer quand on juge

Le Pape François compare souvent l'Eglise à un "hôpital de campagne"

J'ai d'abord été étonné de cette dénomination, puis, je crois avoir compris ceci :

Dans les situations extrêmes personnelles, échecs successifs, maladies graves, burn-aout

Dans les situations extrêmes collectives, guerres, tremblements de terre, populations déportées

Oui, l'Eglise peut servir "d'hôpital de campagne" pour apporter avec d'autres organisations les secours fondamentaux, assistance, nourriture, hébergement, accompagnement, tendresse

mais, dans les situations habituelles de l'existence, je vois l'Eglise comme "un laboratoire"

un lieu où l'on apprend à vivre mieux ensemble malgré nos différences. Pour, ensuite, laisser tomber nos préjugés, s'efforcer de vivre mieux, en couple, avec les autres, dehors, au travail,

qui sont-ils ceux du dernier repas autour de la table avec Jésus? Beaucoup les sépare, d'abord la géographie. Ainsi, les fils de Zébédée viennent de Nazareth. Plutôt bonne famille, du genre conformiste, alors que Pierre et André, des environs de Capharnaüm, regardent peu l'étiquette, ce qui ne les empêche pas d'être jaloux! Si on y ajoute un Judéen détesté des Galiléens, un maquisard nationaliste, et un percepteur d'impôts collaborateur…voilà un bon début d'Eglise!

Jésus les a choisis différents. Il leur a demandé d'apprendre à vivre ensemble

L'Eglise d'aujourd'hui, elle aussi, est traversée par des sensibilités différentes.

 

En chacun, c'est le versant tourné vers Jésus que nous avons à discerner et à aimer

Comment durer dans l'amour au milieu de la violence, de la jalousie, du ressentiment?

Ressuscité Jésus, Tu es vivant dans chacun de nos gestes, chacune de nos paroles.

Par Ton Esprit, Tu transformes nos vies. A commandement nouveau, vie nouvelle

 

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Dimanche 17 Avril 2016 - 4° de Pâques - Evangile selon St Jean 10/27-30

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 L'Evangile d'aujourd'hui est court, mais, quelles paroles!

" Mes brebis " est-ce que vous acceptez, sans broncher, que Jésus-Christ vous appelle "mes brebis?"… Cela veut dire que Jésus établit avec nous une relationvivantesemblable à ce qui se passe entre un berger et ses brebis!

Et nous, de notre côté, nous osons chanter de tout notre cœur

" Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer"…

Nous vivons en ville, donc, nous ignorons totalement ce que sont les relations d'un berger et son troupeau. C'est dommage d'oublier tout ce qu'il y a de concret sous ces expressions

Jésus précise " mes brebis écoutent Ma voix, et Moi, Je les connais "

Le bon berger connaît chacune de ses brebis, comme si, pour lui, chacune avait un nom. Il faut ajouter que le verbe 'connaître', dans la Bible, signifie 'aimer'

alors, j'en conclue que Jésus dit à chacun et chacune de nous, Moi, Je t'aime!

     cela fait tout drôle, c'est La Vérité, mais j'ai besoin de le croire vraiment

Jésus avance encore : elles Me suivent! Je leur donne la Vie éternelle!

                           La vie éternelle, c'est la Vie de Dieu

   Jésus communique le meilleur de Lui-même, sa vie, sa manière d'être!

         La foi chrétienne se dit toute entière dans ces Paroles!

C'est exactement l'envers de ce que nous propose la mentalité actuelle : chacun veut être son propre maître, sans avoir besoin de dieu! On veut bien parler de spiritualité, à condition que ce soit une spiritualité sans dieu, que nous inventons, à notre mesure.

 

                               Les Actes des Apôtres 13/14. 43-52

On est vers les années 46-47 après J.C. Paul et Barnabé proclament la foi chrétienne dans la synagogue d'Antioche en Turquie. Résultat, ils sont exclus violemment de la synagogue. Devant ce rejet, Paul et Barnabé déclarent : maintenant, nous nous tournons vers les nations païennes pour que le salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre!

La petite Eglise naissante est en train de vivre un grand risque, témoigner de sa foi; en s'adressant, désormais, à tout le monde, sans distinction.

 

l'Eglise, comme au long de son histoire affronte bien des défis, aujourd'hui, celui de la famille : faire réfléchir les fiancés qui se préparent au mariage chrétien… parler avec les familles désunies, décomposées… aider à l'éducation chrétienne des enfants…

le Pape a donné le résultat des deux synodes sur la famille dans un exhortation apostolique Amoris laetitia l'amour dans la famille.Informez-vous grâce aux hebdomadaires chrétiens

 

Hier, le Pape était sur l'île de Lesbos entre la Grèce et la Turquie avec le Patriarche orthodoxe de Constantinople et l'Archevêque orthodoxe d'Athènes. Ils viennent manifester leur proximité, leur solidarité, leur soutien aux 3000 personnes qui vivent dans un camp de rétention dont beaucoup sont des musulmans. Ils veulent attirer le regard du monde sur les réfugiés, alors que nous préférons ne pas y penser. Ce voyage représente une critique de l'attitude européenne sur le récent accord Union Européenne-Turquie qui conduit à refouler les migrants.En Septembre dernier, le Pape demandait que chaque paroisse, chaque communauté accueille une famille de réfugiés. Les deux paroisses du Vatican, St Pierre et Ste Anne logent respectivement une mère érythréenne avec ses enfants et une famille syrienne. A Cagnes, un Africain est logé dans une famille.

L'association Welcome accompagne les personnes qui envisagent un accueil temporaire

 

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         Dimanche 10 Avril 2016 - 3° de Pâques C - St Jean 21/1-14

Le lac de Tibériade, Simon-Pierre avec six autres pêcheursje m'en vais à la pêche! on se dirait au commencement de l'Evangile … et pourtant, on estaprès Pâques! Première surprise : les voilà qui reprennent leur vie, comme avant… comme si rien ne c'était passé dans leur vie de disciples!

Au lever du jour, sur le rivage, Jésus est là, les disciples ne savent pas que c'est Lui. Deuxième surprise : Jésus, d'abord, ils ne Le reconnaissent pas! Ils s'attendaient, peut-être, à une apparition éclatante

           Jésus prononce seulement quatre paroles très ordinaires

1° auriez-vous un peu de poisson?quoi de plus simple que de demander du poisson àdes pêcheurs? tout commence ainsi de la part de Jésus ressuscité! Il demande un service à ses apôtres! Ils répondent : non. Nous n'avons rien pris toute cette nuit

2° parole : Jetez les filets et vous trouverez ce qui revient à dire, recommencezvotretravail de tous les jours. C'est ce qu'ils vont faire, et cette fois-ci, cela dépasse leur espérance!

3° parole : apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. C'est-à-dire apportez le résultat de votre travail amplifié par le travail de Dieu en vous et avec vous

4° Parole : venez déjeuner! Quoi de plus simple!

Maintenant, ils savent que c'est le Seigneur. Et l'Evangile remarque, c'est la troisième fois que Jésus ressuscité Se manifeste à Ses disciples.

                     Que comprendre et retenir de tout cela?

Nous aussi, nous sommes après Pâques. Qu'attendons-nous de Jésus?

qu'Il fasse une grande apparition qui éblouisse tout le monde! Il est entré dans le monde, sans faire de bruit ni de publicité. Il se révèle autrement, concrètement.

Eric-Emmanuel Schmitt, auteur de plusieurs livres, quitte son groupe et, se perd une nuit, dans le désert du Sahara. Là, Dieu se révèle à lui. Le matin, il retrouve son groupe, sa vie n'est plus la même. IL dit, Je suis un agnostique croyant.

Comment discerner la présence du Seigneur aujourd'hui? Comment en vivre?

               Comment garder la joie de Pâques dans nos cœurs?

Je répondrai, certainement pas en restant tout seul. L'expérience que je fais, est celle de vivre en Eglise. Vivre avec les autres, est à la fois difficile et revivifiant. Je pense en particulier à des rencontres d'Eglise où l'on se parle en vérité, où Dieu se révèle aux uns et aux autres dans le partage concret de nos existences. Souvent nous reconnaissons Dieu dans nos vies, grâce à des coïncidences providentielles! Il y a aussi des groupes qui décident de commencer leurs réunions par un repas comme dans l'Evangile d'aujourd'hui. Et les temps de prière, d'adoration que nous mettons volontairement dans nos journées, ne sont-ils pas des moments de Lumière Intérieure?

L'Eucharistie, ce moment fort de la semaine, où nous sommes ensemble.

Les assemblées pénitentielles, là, nous est donnée l'expérience forte de vivre une réconciliation avec Dieu et avec les autres qui nous libère

Heureux sommes-nous quand, Jésus vivant, Se manifeste à nous Ses amis, pour éclairer de Sa Présence le plus ordinaire de nos existences

 

Magnifique est le Seigneur, tout mon cœur pour chanter Dieu! Magnifique est le Seigneur!

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Dimanche 3 Avril 2016 - 2° de Pâques -   Evangile de St Jean 20/19-31

Ce 2° Dimanche après Pâques s'appelle le Dimanche de la Divine Miséricorde parce que La Miséricorde c'est d'abord la nature même de Dieu. Dieu, Son nom, c'est : Le Miséricordieux selon les trois religions juive, chrétienne, musulmane.

Au 20° siècle, sœur sainte Faustine Kowalska, religieuse polonaise, a redonné toute sa place à la spiritualité de la Divine Miséricorde.

L'Eglise catholique reconnaît officiellement qu'elle a reçu des Paroles du Christ dont celle-ci

"Je désire que le premier Dimanche aprèsPâques soit la fête de la miséricorde. Je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s'approcheront de la source de Ma Miséricorde". Il lui fut demandé de faire peindre un tableau, désormais bien connu, qui montre cette réalité : deux grands rayons lumineux, l'un rouge et l'autre blanc jaillissent du côté de Jésus. La devise de sœur Faustine : Jésus, j'ai confiance en Toi

Le Pape Jean-Paul II en souligna le lien avec l'Evangile de ce jour :

Jésus montre à ses Apôtres et à Thomas Ses mains et Son côté. C'est-à-dire qu'Il montre les blessures de Son Amour, en particulier la blessure du Cœur, source d'où jaillit la grande vague de Miséricorde qui se déverse sur l'humanité.

St Thomas sans toucher Jésus lui dit : mon Seigneur et mon Dieu

Le Pape François, a désiré mettre cette année toute entière sous le signe de la miséricorde

" Nous sommes dans le temps de la miséricorde, cette consigne vient d'en haut. Un monde sans miséricorde est un monde froid et injuste. J'ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse sur les œuvres de miséricorde, corporelles et spirituelles "

 

Miséricorde, misère et cœur face à un besoin, un malheur. Avant de venir en nous, la Miséricorde vient d'abord de Dieu. Elle n'est pas qu'un sentiment, elle se traduit en actes. C'est pourquoi on parle des œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles.

 

Parmi les œuvres de miséricorde corporelles, en plus des premiers soins, nourriture, habillement, logement, on en cite d'autres : accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, accompagner des familles en deuil. Tout cela se fait grâce à des mouvements, des services d'Eglise accomplis par de très nombreux bénévoles dont vous faites partie les uns et les autres.

Il y a aussi les actions de miséricorde spirituelles, je ne savais pas que c'était leur nom l'accompagnement et le renseignement des personnes en difficultés, le pardon des offenses, l'une d'entre elles s'intitule "supporter patiemment les personnes ennuyeuses"

celle-ci concerne tout le monde! un proverbe biblique dit 'la langue douce broie les os'; et un dicton niçois 'tu avales amer et tu craches doux'; Jésus dans sa patience se montre tolérant comme Notre Père des cieux : Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons; la patience est un art lorsqu'on supporte quelqu'un d'ennuyeux, de lent…la patience est également un art lorsqu'elle nous conduit à découvrir ce qui est dérangeant et insupportable en nous peut aussi l'être pour les autres.

"La miséricorde est la meilleure des vertus" St Thomas d'Aquin

"La joie est faite de petits actes de miséricorde quotidiens

La divine miséricorde, unique source d'espérance face au mal

"Celui qui pratique la miséricorde, qu'il ait le sourire" St Paul aux Romains 12/8

 

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                   Pâques 2016 - Evangile selon saint Jean 20/1-9

 

                                 Amis, Pâques! Pâques! Pâques!

Pâques aujourd'hui? avec tout ce qui se passe chaque jour? et Mardi dernier?

soyons vrais; ne tournons pas autour du pot; c'est difficile; disons-le en direct

Pâques c'est un combat entre les forces de mort et les forces de vie, qui, elles, gagneront

         pour le moment, je n'ai pas d'autre définition sur la résurrection

La guerre en Syrie = 270.000 morts = ce qui correspond à un attentat tous les jours pendant 5 an. Et nous, en Europe, nous avons peur de l'avenir

                 Assez, nous sommes venus ici, ce matin, pour Pâques

Regardez! En ce moment, dans nos villes, les arbres sont comme des bras décharnés qui se tournent vers là haut, le ciel. Regardez! En ce moment, des infimes et fragiles bourgeons éclosent sur ces mêmes bras qui paraissaient morts!

Ouvrez vos fenêtres! Ecoutez! les petits oiseaux viennent de naître. Ils apprennent à chanter! Dans toute la nature, la victoire de la vie!

               La vie aussi passe en nous! mais non sans nous

   En nous, et, entre nous, le vrai combat, la véritable lutte, c'est que la vie gagne

Le premier jour de la semaine, Dimanche, Marie-Madeleine court au tombeau.

                                  Pâques commence dans un tombeau

Il fait encore sombre, partout. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, elle leur dit : on a enlevé le Seigneur de son tombeau, nous ne savons pas où on l'a mis.

                       En elle, le combat, la lutte entre les forces de mort et les forces de la vie

A leur tour, Pierre et l'autre disciple courent tous les deux ensemble pour se rendre au tombeau… L'autre disciple arrive le premier… il n'entre pas… Simon-Pierre arrive… il entre dans le tombeau…il entre dans la mort… il regarde… le linceul est resté là… le linge qui avait recouvert Sa tête, roulé à part, à sa place…

le linge rangé à sa place, quoi de plus ordinaire, de plus normal, Simon-Pierre reste perplexe

                                alors, entre l'autre disciple,

il voit seulement ces mêmes choses qui viennent d'être décrites, rien d'autre. Pas d'apparition. Sauf que, tout à coup, ces mêmes choses, prennent un autre sens. Il les voit d'une autre manière. Elles lui parlent, elles deviennent pour lui, un signe : elles n'ont plus leur raison d'être, elles ne servent plus à rien. Nait en lui un sentiment, une conviction : aucune preuve, c'est l'épreuve qui tout à coup s'éclaire, les repères habituels fondent, la mort recule, la vie gagne…                                il voit et il croit

       Jésus n'a plus besoin de tout ça. Il est vivant! La foi nait dans un tombeau

 

                                    Et maintenant, Pâques, pour moi?

les signes de mort :   la peur, la méfiance,le stress,la volonté de puissance, l'inquiétude

les signes de vie : la confiance, le calme, le don de soi, l'accueil, les petits détails de la vie

la résurrection dans tout ça? elle est force et victoire de la vie de Dieu, en Christ et en chaque être humain. Vive Pâques en nous et dans le monde!

 

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Les Rameaux 2016 année C - homélie devant le chemin de croix de Matisse

 

Nous sommes arrivés, au récit du chemin de croix. Je vous propose de vous lever et de vous tourner vers la représentation qu'en a faite Matisse. Contemplons-la

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Ce chemin de croix est difficile. Il est tout cassé, il est dur, il est tempétueux.

Là est la rencontre de l'artiste avec le grand drame du Christ et de l'humanité. Tout d'abord, il en avait fait une procession par la succession des scènes. Mais, s'étant trouvé empoigné par le pathétique de ce drame si profond, il a bouleversé l'ordonnance de sa composition.

L'artiste en est devenu, tout naturellement le principal acteur. Au lieu de refléter ce drame, il l'a vécu et exprimé ainsi. Ce tableau est le résultat de centaines de dessins préparatoires, de recommencements sans fin, pour atteindre la force de ces traits noirs et brusques.

                     Le récit de St Luc, nous présente deux étapes de ce chemin

Etape 5 : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

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Regardez la force physique de celui qui aide à porter la croix. A côté, Jésus est courbé, fragile, Il vacille; Il a presque l'air de s'appuyer sur la croix… regardez la croix qui les traverse tous les deux : une flèche toute orientée vers en haut, au sommet du chemin. Jésus en croix, Ses mains, Ses bras sont déjà libérés des clous, en écho à cette parole d'Evangile :

                   "quand Je serai élevé de terre, j'attirerai tout à Moi"

 

Etape 8 : Les femmes de Jérusalem pleurent

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A droite du 8, sont esquissées quelques femmes… à gauche, Matisse ose représenter Jésus : un tronc d'arbre nu, sans branches, ni feuilles, ni fruits…

mais sur le tronc, à droite, tout en haut, un bourgeon! la vie qui va éclore, la sève divine qui habite ce tronc d'arbre qui paraît mort. La force de la vie à Pâques!

               Car si l'on traite ainsi l'arbre vert, que deviendra l'arbre sec?

    

" J'ai commencé par le profane, écrit Matisse, et voici qu'au soir de ma vie, tout naturellement, je termine par le divin. Au cours de ma carrière, j'ai bataillé, je me suis heurté contre des forces qui semblaient vouloir m'arrêter. Un jour, je me suis trouvé devant l'issue tant désirée. Ce n'est pas moi qui l'ai découverte, qui ai réalisé mon état d'âme; il me semble qu'une idée, un idéal, se sont imposés à moi! "

           Ce cheminement spirituel nous est bon à entendre au cœur de ce récit

 

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             Dimanche 13 Mars 2016 5° de Carême St Jean 8/1-11

Deux personnes de la chapelle Matisse ont décidé d'avoir un échange sur l'Evangile de Dimanche dernier "Le Père et ses deux fils" St Luc 15/1-3.11-32.

                                 Le fils cadet, c'est tout moi.

                   Pendant 45 ans, j'ai vécu en oubliant mon Père céleste…

Bien sûr pour donner un sens à ma vie…, j'ai frappé à de nombreuses portes

l'amour humain, sans le Christ comme appui… la tendresse, sans Marie… le chemin, sans l'Esprit-Saint comme guide… diverses spiritualités et philosophies, sans dieu…

alors… quelles pertes d'énergie, dépression, mélancolie profonde

et puis, un jour, la Providence. A la Ste Baume que je ne connaissais pas : Marie-Madeleine, la Grâce, le retour au Père! Depuis 2 ans, jour après jour, Il ouvre mon cœur, me témoigne Sa tendresse me donne la joie.

Il y a 3 semaines, une retraite avec la spiritualité de St François de Sales à Tarascon.

                     Là, un appel fort à une vie nouvelle. "Me voici"

         Une réponse claire, simple, pour rayonner en l'honneur de Son Nom

                                 

Le fils ainé, c'est moi

Souvent je me suis interrogée sur le fils ainé et sur la réponse du Père, après que celui-ci ait exprimé sa colère " mon enfant, toi, tu es toujours avec Moi, et tout ce qui est à Moi est à toi!"

Je le trouvais moche, ce frère ainé, besogneux, un fils de DEVOIR, qui ne sait pas laisser la place à l'inattendu, à l'amour. J'étais ce fils ainé et j'étais en colère. La garde de mes petits enfants revenait tout le temps. En deux mots, je ne disposais pas de mon temps. Je n'arrivais pas à faire ce qui me semblait bon et ce que je voulais. Je me croyais empêchée.

Puis, lors d'une retraite, un texte du Frère Christian de Chergé pose cette question :

" quel est notre appel, quelle est la grâce qui nous est donnée à vivre"?

Et là, tout d'un coup, une réponse lumineuse et pacifiante :

Je ne te demande pas d'être autre chose que d'être une grand-mère heureuse, comblée et disponible." Il m'était juste demandé de vivre mon quotidien de grand-mère avec mes qualité et mes défauts. Que la banalité devienne GRÂCE. Me décentrer pour laisser la place à

                                          mon Seigneur et mon Dieu.

               "Mon enfant, toi, tu es toujours avec Moi, et tout ce qui est à Moi est à toi"

                             Bravo pour vos deux témoignages!

maintenant, l'Evangile d'aujourd'hui, celui que l'on appelle "La femme adultère"

Je n'aime pas ce titre. Cette femme est réduite à cette définition. Elle est classée une fois pour toutes. La loi, sauf si je me trompe, condamne à mort, à coups de pierres, lui et elle

"Va, et désormais ne pèche plus" lui dit Jésus.

Quelle différence de regard! quelle remise en cause de soi-même avant de juger!

d'ailleurs, ils s'en vont l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés!…

et elle? qu'est-elle devenue? L'Evangile ne nous le dit pas…

Elle, j'en suis sûr, un bonheur immense et inattendu l'envahit… elle n'oubliera jamais ce qui s'est passé ce jour-là! elle, elle n'oubliera jamais la parole de Jésus Rentrée chez elle, tout est changé, elle est devenue une autre femme!

Dans le sacerdoce, tout récemment, et dans ma vie de prêtre, j'ai vu et j'ai vécu des moments similaires!

Quand on vit un bonheur spirituel, on fait du bien aux autres!

 

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 Dimanche 6 Mars 2016 - 4° de Carême - St Luc 15/1… 32

 

Voici comment tout commence : les publicains les collaborateurs avec l'armée d'occupation et les pécheurs ceux et celles qui ne respectent pas la loi de Moïse, venaient à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes les spécialistes de la loi de Moïse, récriminaient contre Jésus : cet homme fait bon accueil aux pécheurs il parle avec ceux qui ne sont pas de notre religion, et il mange avec eux! au lieu d'entrer en discussion, Jésus raconte cette parabole                       

Un homme avait deux fils… et vous connaissez la suite …mais pas la fin.

La parabole ne nous dit pas si la fin a été heureuse ou triste, avec le choix du fils ainé. Nous ne savons pas s'il s'est laissé convaincre par son Père de rentrer dans la maison, ou bien s'il a décidé de demander, à son tour, la part d'héritage qui lui revient pour abandonner la maison du père, ou encore si il a croisé finalement le regard de son jeune frère.

Elle est immense la force de cette parabole dans la question qu'elle devrait poser à chacun !

Je vous invite à regarder longuement ce tableau de Rembrandt le retour du fils prodigue ou toute autre représentation, après avoir relu l'Evangile d'aujourd'hui.

Regardez le père, il est âgé avec son châle sur les épaules, ses yeux ont pleuré, il est penché vers son fils, il le couvre de ses mains, l'une est maternelle, l'autre masculine… son fils est revenu, il est vêtu de haillons, il est à genoux, sa tête couchée sur la poitrine et le ventre de son père, il était comme mort, il est revenu à la vie… je regarde encore le père.

En vérité, quel est cet homme, dont Jésus nous parle?

Comme le fils était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié; il court se jeter à son cou et le couvre de baisers. Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds… mangeons, festoyons…

et quand le fils ainé revient des champs, il entend la musique et les danses. On lui dit : ton frère est revenu! Alors, il se met en colère, et il refuse d'entrer.

Son père sort ( une nouvelle fois ) il le supplie d'entrer.

Avez-vous compris? cet homme, ce père, rejoint tour à tour ses deux fils, il sort pour les rejoindre et parler avec eux… ce père est tiraillé par ses enfants qui ne se regardent plus … or, ce père, c'est l'image même de Dieu que Jésus nous révèle !

Oui Dieu éternellement Jeune … Dieu, éternellement Père … Dieu tellement Père qu'Il est Père et Mère tout ensemble… Père éternellement présent à ses enfants dispersés, séparés... Dieu qui voit les choses autrement que nous…

 

Je m'interroge : le fils ainé a été réglo, lui. A première vue il n'a rien à se reprocher. Le cadet, c'est autre chose … comme il est bon que la parabole me pose cette question :

dois-je établir mes relations sous le signe du droit et de la justice distributive ou bien entreprendre le sentier sinueux de la grâce et de la miséricorde ?

Si je choisis cette deuxième solution, on ne peut plus considérer le père comme ingrat lorsqu'il use de miséricorde envers le pécheur; Il faut plutôt se réjouir parce que un pécheur qui était comme mort est revenu à la vie.

On critique Jésus, parce qu'Il accueille les publicains et les pécheurs.

Or, à eux, Il a en vue de leur redonner une chance de vie…

   à nous, Il a en vue de nous aider, à être frères et fils du même Père

     Elle est unique, simple, cette histoire. Elle est valable jusqu'à la fin du monde!

 

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Dimanche 28 Février 2016, 3° de carême, 1° lettre aux Corinthiens 10/1…2

A Corinthe, ce grand port méditerranéen, Paul a fondé une communauté chrétienne. Il évoque avec eux les évènements très lointains de la sortie d'Egypte, de ce qui s'est passé durant la longue marche au désert.

… Nos pères étaient tous sous la protection de la nuée, tous ils ont passé la Mer rouge… tous, ils ont mangé le même nourriture, qui était spirituelle, tous, ils ont bu à la même source qui était spirituelle tout cela, non pour rappeler seulement le passé, mais, pour voir, dans ces récits lointains, une figure actuelle de ce que nous avons à vivre, maintenant, nous aussi. C'est le vrai sens profond de la Bible. En racontant le passé, la Bible exprime le présent. Ainsi le Baptême, c'est notre passage personnel de la mer rouge. Ainsi cette nourriture spirituelle dont il est question, c'est l'Eucharistie. Ainsi la marche dans le désert, c'est la vie de chaque jour avec son cortège d'évènements sombres et de moments heureux

St Paul continue dans sa lettre

Cependant, beaucoup n'ont fait que déplaire à Dieu, et, ils sont tombés au désert. Ces évènements étaient destinés à nous servir d'exemple pour nous empêcher de désirer le mal comme l'ont fait nos pères…

et, St Paul tire les leçons du passé ainsi donc, celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber

chemin intérieur, chemin vers l'essentiel.

Cette semaine, deux personnes ont échangées sur internet à partir des questions posées dans le petit carnet Carême 2016. Voici ce que dit la première.

* J'ai aimé les paroles de Dom Helder Camara… en ce moment, je vis beaucoup de clivages qui m'effraient par leur radicalisme…

Qu'est-ce qui peut changer en moi? Voilà une très bonne question! moi-même je parle souvent par opposition… sans assez de souci pour tisser des liens au delà des différences… combien de fois, dans la vie courante (vécue au galop) suis-je portée à exclure et à être exclue… le désert, dans ce cas, n'est-ce pas de dépasser ces exclusions, et de croire qu'il y a aussi du bon et du vrai, dans ce qui est hors de mon champ de vision * la seconde personne, répond de son côté "Veillons à n'écraser personne" Je suis quotidiennement confrontée à ce problème… comment, avant d'agir, prendre la peine de me demander si "mes solutions" sont les seules à envisager… au lieu de m'interroger sur celles proposées par l'autre! Qu'est-ce qui peut changer en moi? voila une très bonne question!

je prends conscience que je suis une privilégiée… comment vivrais-je maintenant si mes conditions de vie étaient celles de tellement de gens dans le monde, ici et ailleurs? Je viens de lire dans un livre du Père Varillon " ne pas empêcher Dieu de faire Son travail à travers moi! Que je ne trahisse pas Dieu!"

Ainsi le carême est un temps de remise en cause de soi-même.

Mon rapport à Dieu correspond exactement à mon rapport aux autres

Je ne peux dissocier Dieu des autres. Cela entraîne bien des conséquences concrètes dans ma vie

A votre tour, voulez-vous me dire comment, cette semaine, ce petit carnet de carême 2016 a permit un échange avec quelques personnes, et, ce qui a changé en vous.

 

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Dimanche 21 Février 2016 - 2° de Carême - Lettre aux Philippiens 3/18-4/1

A la suite d'un songe durant lequel un Macédonien invite Paul : "viens à notre secours" il part avec Silas pour se  rendre en Grèce dans la ville de Philippe. Une ville, carrefour de peuples et brassage de religions. C'est la première ville évangélisée du continent Européen vers l'an 50.

Plus tard, St Paul écrit une lettre à ses amis bien aimés, les chrétiens et les chrétiennes de la ville de Philippe. La deuxième lecture de ce jour est un extrait de cette lettre. St Paul exprime que toute sa foi est dans Jésus Christ. Une dame  disait pourquoi parlez-vous tout le temps de J.C. moi, Dieu ça me suffit. Je vous laisse le soin de voir, vous-mêmes, où vous en êtes entre Dieu et J.C. J.C. n'est pas autre que Dieu, mais J.C. c'est Dieu en un homme.

Voici comment St Paul s'adresse aux chrétiens et chrétiennes de la ville de Philippe qui sont des gens comme nous

*  Je vous le redis en pleurant : beaucoup se conduisent en ennemis de la croix du Christ.

Nous achoppons tous sur la croix. Nous essayons de l'évacuer et de ne pas en parler. A vue humaine ,la croix n'a pas de sens. La croix fait partie de la vie du Christ. Le Christ s'abaisse dans son humanité. Il s'abaisse jusqu'à mourir. Là, Il partage à fond notre condition humaine. La croix, c'est le don de soi-même. Sur la croix, Jésus a les bras largement ouverts aux autres, même à ses ennemis. St Paul ne cache rien de l'engagement du chrétien, du don de sa vie.

*  Mais nous, continue St Paul, nous avons notre citoyenneté dans les cieux qu'est-ce que ça veut dire? un chrétien d'Egypte vivant au 2° siècle écrit ceci  : "les chrétiens ne sont pas différents des autres hommes. La vie qu'ils mènent, c'est la vie de tout le monde… pour s'habiller… pour manger… Ce sont des hommes et des femmes, mais ils ne vivent pas n'importe comment. Ils vivent sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois, mais leur façon de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tous les hommes. Pourtant, on les fait beaucoup souffrir. On les tue, et, par là, ils gagnent leur vraie vie"

*  Le Seigneur Jésus Christ transfigureras nos pauvres corps à l'image de Son  

   Corps glorieux

En ce Dimanche de la transfiguration du Christ, St Paul nous annonce notre propre transfiguration à nous. C'est quand même quelque chose de s'entendre dire cela! Il est vrai que c'est pour le futur. Si on en parlait au présent! On pourrait dire que la transfiguration, c'est le travail intérieur que Dieu suscite en nous.  La transfiguration intérieure, ça nous arrive de temps en temps comme un temps d'éblouissement, un moment d'émerveillement, un sentiment de plénitude intérieure, de joie profonde … S'ouvrir à l'étranger, comme l'a fait St Paul est un acte de foi. Je fais mémoire d'une belle rencontre… que m'a-telle apporté? ai-je été à l'écoute? ai-je pu me confier? les différences ont-elles été un frein? ai-je ressenti la richesse de la complémentarité? Me suis-je transformé? quelle ouverture s'en est suivi? des coïncidences imprévues, moments de transfiguration… une réunion d'équipe, la rencontre en vérité dans une maison d'Evangile…Ne nous est-il pas arrivé de vivre cela? Il faut absolument nous en parler  les uns aux autres

*  St Paul conclut ainsi sa lettre : tenez bon dans le Seigneur, mes bien aimés

    "dans le Seigneur" voila une expression inventée par Paul. quel sens y mettons-nous?

Avez-vous pu parler du petit carnet de Carême 2016 avec quelques personnes?

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1er Dimanche de Carême C - 14 Février 2016 -  St Luc 4/1-13

         En ce temps-là, Jésus PART avec tous ceux et celles qui vont se faire baptiser par Jean-Baptiste pour être purifiés. Jésus n'en n'a pas besoin, mais Il veut être à leur côté.

Jésus rempli de l'Esprit Saint  s'entend appelé  " Tu es Mon Fils bien aimé "  et puisque cela est répercuté dans l'Evangile, cette Parole de Dieu Père est aussi pour nous.

Il quitte les bords du Jourdain,  Jésus décide de PARTIR…partir? pour aller où?…  quand?... pour quoi faire?...

Il est conduit par l'Esprit Saint à travers le désert, quel désert?  Le désert, c'est le silence, le désert, c'est la prière, le désert, ce n'est pas soi tout seul, c'est soi-même dans sa vie de relations, le désert, c'est revenir à l'essentiel.

Jésus décide de PARTIR, DANS UN CHEMIN INTERIEUR VERS L'ESSENTIEL  

JESUS N'EST PAS SEUL. JESUS EST CONDUIT AVEC DIEU PERE AVEC DIEU ESPRIT. JESUS DECIDE D'AFFRONTER LUI AUSSI CE QUE TOUT ETRE HUMAIN DOIT AFFRONTER  DANS SA VIE

pendant 40 jours, c'est long. Dans la Bible cela recouvre aussi bien des jours que des années. Un espace de temps où se vit quelque chose de fondamental.

Il fut tenté par le diable, autre traduction, Il est mis à l'épreuve par le démon, le provocateur l'éprouve.  L'épreuve, voila le mot lâché, le mot que nous n'aimons pas.

L'épreuve peut s'appliquer à notre corps, à notre psychisme, à notre âme, à notre Esprit Saint. L'épreuve, petite ou immense nous rejoint au profond de nous-mêmes. J'apprends que Jésus, comme tout un chacun, n'est pas à l'abri, Lui non plus. L'épreuve, la tentation, sont inhérentes à notre condition humaine. A notre naissance, nous sommes loin d'être achevés. A travers les évènements, les situations, nous avons toute la vie pour nous réaliser.  Nous sommes des êtres en devenir le mal est symbolisé par le diable. Ce mot comporte le préfixe di… di  able veut dire di  viseur. Le mal divise.

Il s'oppose à Dieu qui est l'Unité. Ce qui divise est mauvais. Le mal cherche à diviser Jésus à l'intérieur de Son Père, à l'intérieur de l'Esprit Saint. Le mal cherche à me diviser à l'intérieur de moi-même et des autres. Le mal cherche à diviser les gens entre eux.

                     Cette première phrase de l'Evangile nous amène loin.

    Après son " passage à travers les eaux du Jourdain "…  Jésus part pour un nouveau  " passage  à travers le désert "…

Une grande tenture est placée dans le chœur de la Cathédrale de Vence. Elle s'intitule chemin de vie, chemin de foi. Cette toile suggère cinq grands moments correspondants aux cinq dimanches du carême.

En bas de l'image, Jésus quitte le Jourdain. Une odeur de terre, et de verdure. La plus grande partie de l'image, c'est la couleur brune de la terre. Un large chemin qui monte en lacets et les silhouettes sombres des gens en marche. Au sommet, le ciel rejoint la terre.

Un petit livret correspond à cette tenture. Il est édité par le ccfd, comité catholique contre la faim et pour le développement-terre solidaire. Il est mis à la disposition de ceux qui le désirent. Il est fait pour être lu et commenté à plusieurs personnes. Une page par Dimanche.

Ce serait un beau projet de se mettre à quelques uns pour échanger avec ce livret durant ce carême! Voulez-vous tenter cette expérience? Elle peut être très bénéfique

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Dimanche 7 Février 2016 - 5° C

Aujourd'hui, dans la chapelle Matisse, se célèbre l'Entrée en Eglise de Sophie et de sa fille Lucie qui a 7 ans. Une étape vers le Baptême de l'une et l'autre à Pâques prochain. Fabrice, le mari de Sophie et le papa de Lucie, leur entourage, le groupe "Maison d'Evangile", les sœurs, la communauté du Dimanche, nous allons vivre ce moment tous ensemble

Si le Père vous appelle…  si le monde vous appelle…  si l'Eglise vous appelle…

tressaillez de joie! tressaillez de joie! car vos noms sont inscrits dans le cœur de Dieu!

La Liturgie de la Parole d'aujourd'hui…  tombe à pic

Isaïe, le jeune aristocrate de Jérusalem… Simon, André, Jacques, Jean, les pêcheurs du lac… Sophie, Lucie,  nous tous et toutes et bien d'autres encore…

Isaïe 6/1-8

740 ans avant J.C. Dans le Temple de Jérusalem, Isaïe raconte Je vis le trône élevé, le manteau de cérémonie, les statues des Séraphins, le Temple se remplissait de la fumée de l'encens, tous les fidèles rassemblés, les chants : "Saint, Saint, Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers" Isaïe se sent si petit, Dieu, trois fois saint, Dieu, si haut. Isaïe confesse son indignité, ses péchés  je suis un homme aux lèvres impures et, en même temps Isaïe entends la voix du Seigneur : Il disait "Qui enverrai-je? qui sera notre messager?" Dieu si proche Isaïe tout simplement fait le pas dans l'inconnu : "moi, je serai Ton messager : envoie-moi"

Saint Luc 5/1-11

Au bord du lac, une foule de gens écoute la Parole de Jésus… tout près, les pêcheurs travaillent, ils nettoient leurs filets…  Jésus a besoin de la barque de Simon et André. Jésus a besoin de leur aide… les voilà embarqués ensemble… quand Jésus a fini de parler , Il dit "avance au large, avance en eau profonde, jette les filets"  Tu ne vas pas m'apprendre mon métier! on ne va pas à la pêche en plein jour! "nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre"  toute la lassitude, le poids du travail, une pesanteur qui nous empêche de nous jeter dans l'inconnu… plutôt que de rentrer au port tranquillement et rejoindre les autres …

Simon fait le pas dans l'inconnu  : "je vais jeter les filets!"

il s'ensuit toute une succession de signes imprévus : la pêche est réussie au contraire de tous les pronostics, l'appel à l'autre barque de venir les aider, Simon, ses compagnons font l'expérience de la sainteté de Jésus, le Seigneur. Il les dépasse infiniment : " Seigneur, éloigne-Toi de moi"  C'est à ce moment que Jésus dit : Sois sans crainte"  comme l'annonce à Abraham, à Zacharie, à Marie, et d'autres :   "désormais"  une nouvelle histoire commence…

L'entrée en Eglise

Une maman, son mari, sa fille, sa vie professionnelle, son entourage, parrain, marraine, les messes du dimanche, la maison d'Evangile, le catéchuménat, toutes ces rencontres, Dieu, là, simplement, au milieu de tout cela…Sophie fait le pas dans l'inconnu l'entrée en Eglise  avec nous ce matin "avance en eau profonde"

Tout cela a été écrit et vécu pour que nous reconnaissions que Dieu vit en nous car,  c'est aussi notre histoire secrète de Dieu en nous!

   N'aie pas peur, laisse-toi regarder par le Christ; laisse-toi regarder, car Il t'aime

Si le Père vous appelle, si le monde vous appelle, si l'Eglise vous appelle, tressaillez de joie!

      

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Dimanche 31 Janvier 2016  -  4° C

 Le prophète Jérémie 1/4-5.17-19

     Ne tremble pas devant eux… ils te combattront, mais, ils ne pourront rien contre toi,

                                        car  JE  SUIS AVEC TOI  pour te délivrer

                                                                                             Saint Luc 4/21-30 

Ils poussèrent Jésus hors de la ville… pour le précipiter en bas. Mais LUI passant au milieu d'eux, allait Son chemin.

L'Evangile d'aujourd'hui, c'est la suite directe de celui de dimanche dernier.

Tout a bien commencé dans la synagogue de Nazareth.

Jésus commente un passage du livre d'Isaïe,

L'Esprit du Seigneur est sur Moi pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres…proclamer aux captifs la libération, aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année favorable accordée par le Seigneur, Isaïe 61/1.2.

A l'autre bout du même Evangile de St Luc, " le retour à la vue "  annoncé par Isaïe s'applique bien aux pèlerins d'Emmaüs. Quand les Ecritures leur sont expliquées et quand le pain est rompu, alors,  leurs yeux s'ouvrent enfin!  et, ils reconnaissent Jésus quand Jésus annonce la dimension universelle de Sa mission en citant deux grandes figures bibliques,

Elie, nourrissant une veuve étrangère,  et Elisée,  purifiant de la lèpre un général Syrien c'est tout le mouvement des Actes des Apôtres écrit par St Luc qui est préfiguré l'Evangile passe les frontières d'Israël pour être annoncé aux païens alors un tournant s'opère, furieux, ils pensent que Jésus ne fait rien pour eux.

A ces mots, dans la synagogue, tous se lèvent, ils poussent Jésus hors de la ville pour le précipiter en bas exactement comme on entraînera Jésus hors de Jérusalem pour Le crucifier.

Le récit de St Luc s'accomplit tout simplemen. Mais Lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin!

Et nous ? Ne nous sentons-nous pas transportés comme au matin de Pâques où Jésus passant au milieu d'eux, va son chemin et nous entraîne avec Lui.

Pour St Luc, le récit de ce qui s'est passé dans la synagogue de Nazareth est présenté comme une annonce de ce que sera toute la vie de Jésus.  

Etonnant, le présent à la lumière du futur! Les récits bibliques ont été écrits après Pâques. Il faut les recevoir après Pâques. Les lire ensemble comme on le fait dans "les maisons d'Evangile" pour découvrir qu'ils sont chargés de sens actuel.

Les habitants de Nazareth appelaient Jésus, le fils de Joseph. Nous, nous appelons Jésus, Fils de Dieu. Quelles conséquences en tirons-nous pour notre façon de croire en Dieu et de vivre les uns avec les autres?

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- Dimanche 24 Janvier 2016 - 3° C -

Livre de Néhémie 8/1-10 - Saint Luc 1/1-4 . 4/14-21

Pourquoi mettre en rapport ces deux lectures séparées de plus de 400 ans? Parce qu'elles ont, tous les deux, pour cadre une célébration de La Parole de Dieu.

* une grande assemblée autour du livre de la Loi, à Jérusalem, au temps d'Esdras, après le retour d'exil.

* une assemblée du Sabbat, dans la synagogue de Nazareth, où Jésus déclare accomplies les annonces du premier testament. Et nous, nous commençons à écouter l'Evangile selon St Luc durant cette année.

J'ai décidé dit-il, après m'être informé soigneusement de tout depuis les origines, d'en écrire moi aussi, un exposé suivi

Jésus vient à Nazareth, où Il a été élevé. Selon Son habitude, Il entre dans la synagogue, le jour du Sabbat, le Samedi.

Les rouleaux de la Bible sont rangés dans l'Arche recouverte d'un rideau brodé. A son pied, un pupitre, au plafond, une lampe toujours allumée pour dire l'actualité de la Loi et des prophètes. Les hommes portent la kippa. Les femmes, la tête couverte, sont assises un peu à l'écart.

Jésus se lève pour faire la lecture. On Lui remet le livre du Prophète Isaïe. Il ouvre le livre et trouve le passage où il est écrit :

L'Esprit du Seigneur est sur Moi parce que le Seigneur M'a consacré par l'onction. Il M'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu'ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.

Jésus referme le rouleau, le rend au servant et s'assoit. Tous, dans la synagogue, ont les yeux fixés sur Lui. Ce texte d'Isaïe (61/1-2) ils l'ont entendu 100 fois… comme ceux des autres prophètes… ils sont habitués… à priori, rien de nouveau pour ceux et celles qui sont là!

Jésus s'assoit pour en faire le commentaire que St Luc résume d'une phrase admirable

Aujourd'hui s'accomplit ce passage de l'Ecriture que vous venez d'entendre

Deux mots importants : Aujourd'hui, s'accomplit

Selon l'Evangile de St Luc, il y a :

D'abord le temps de la promesse avec tous les prophètes, et les récits de l'histoire du peuple de Dieu telle que la Bible la raconte puis le temps de l'accomplissement par Jésus, accomplir veut dire que ce qui était annoncé depuis des siècles, se réalise aujourd'hui en Jésus et maintenant, le temps de l'Esprit répandu et communiqué par le Christ ressuscité. Nous, nous sommes nous, dans le temps de l'Esprit.

On peut comprendre que les fidèles de la synagogue ne soient pas préparés à ce message. Dimanche prochain, l'Evangile de St Luc en décrira les conséquences dans cette même synagogue de Nazareth

Si il n'y a pas de place en moi pour une nouveauté, si je ne peux m'ouvrir à ce qui me dépasse, si je ne peux croire à l'impossible, alors, la Parole de Dieu restera imperméable

Un chrétien isolé est un chrétien en danger.

En tout temps, la foi nous expose à prendre des risques.

En tout temps nous avons besoin de nous rencontrer pour apprendre à nous dire la foi !

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Dimanche 17 Janvier 2016 2° C

L'Evangile d'aujourd'hui selon St Jean 2/1-11 commence ainsi :

Il y eut un mariage à Cana de Galilée… Cana n'est pas très loin de Nazareth

On apprend que la Mère de Jésus est là, tandis que Jésus et ses disciples sont invités. C'est donc, dans le cadre d'un festin de noces, que Jésus débute Sa vie publique après Son Baptême par Jean. A première vue, c'est étonnant… Mais le mariage, on en parle souvent dans la Bible. La Bible, c'est l'histoire tourmentée de L'ALLIANCE de Dieu avec les êtres humains.

La première lecture de ce dimanche nous en apporte la preuve Isaïe 62/1-5.

On situe ce texte 500 ans avant J.C. Après l'enthousiasme du retour de la déportation à Babylone en Irak, voici venir le temps du découragement, du doute. Tant d'obstacles à surmonter pour reconstruire le pays. Non affirme le prophète qui s'adresse aux gens de Jérusalem un peu comme un mari s'adresserait à sa femme. Pour la cause de Jérusalem, Je ne Me tairai pas… avant que sa justice ne se lève comme l'aurore on ne t'appellera plus "la délaissée", on n'appellera plus ta contrée "terre déserte", mais on te nommera "Ma préférée", on nommera ta contrée "Mon épouse".

Le prophète va donc jusqu'à parler des noces de Dieu avec tout le monde !

Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t'a construite t'épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. Ces formules sont fortes. Elles concernent le mariage, mais s'appliquent aussi à tout amour. Et, la base de l'amour c'est la fidélité. La fidélité par rapport à Dieu, la fidélité par rapport aux autres. tout le monde est concerné, les personnes seules, les consacrés. Dieu se révèle à nous comme Celui qui est fidèle.

Relisons, maintenant, la dernière phrase de l'Evangile d'aujourd'hui :

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. A Cana en Galilée, Jésus manifesta Sa gloire, et Ses disciples crurent en Lui.

St Jean n'emploie pas le mot miracle, il emploie le mot "signe". Jésus fait signe, ce jour-là à travers ce don surabondant. Ne s'en aperçoivent que Sa Mère, les disciples et les serviteurs. Pas les autres personnes qui sont à table. Jésus ne procède pas directement. Il ne commande pas à l'eau dans une attitude d'autorité. Dieu ne s'impose pas.

Quel est le centre de cette homélie? Vivre notre vie sous le signe d'une Alliance.

Réfléchissons :

Dieu ne procède-t-Il pas souvent avec nous par des signes ?

Dieu nous parle par des évènements, par des personnes, même par des incroyants

La foi nous apprend à discerner l'Alliance que Dieu construit avec nous et les autres.

 

 

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Voeux de Nouvel An 2016

             Voici cette image faite par Slobodan. Il est un peu âgé, grand, et une belle moustache blanche. Il me fait penser aux prophètes représentés dans les vitraux. Son atelier, dans le vieux Nice est en face de l'église Ste Rita, la sainte des causes désespérées. Ses images veulent-elles montrer un autre côté des choses?…  On peut tenir deux ou trois dans l'atelier de l'artiste. Il y a des cartons, de multiples objets en désordre, des cartes postales éparses, dessinées par lui depuis des dizaines d'années. Lui, ne dit rien. Il est assis caché derrière un chevalet.  Il se lève, il s'approche lentement, on entre en conversation. Avec Françoise et Suzanne, ou lui explique mon projet de lettre pour cette année. La fois suivante, 'voila l'image que ma femme a choisie'.

Il faut composer le texte, respecter les dimensions. Il grommèle. On est amis, je le tutoie.

Peut-être trouvez-vous cette image naïve… elle est choisie pour ça!

Je regarde avec respect ce petit bonhomme. Il est beau. J'aime sa posture. Il est à genoux par terre, il regarde le monde et il l'élève.

Je pense à ce qui s'est passé en 2015 chez nous, et ailleurs. Ces hommes, ces femmes, ces enfants abattus. Peut-être, sont-ils ce petit bonhomme dans sa posture… Et ceux qui ont fait ça? Les vrais responsables sont ceux qui les ont commandités. Ils ont tué leurs âmes, le meilleur d'eux-mêmes, pour qu'ils agissent ainsi. Là est le mal profond qui peut nous habiter.

Je regarde l'image entière. Tout est grand, le ciel, la nuit profonde, les étoiles… Nous, souvent, nous n'avons pas le temps de nous arrêter, ou même l'idée de lever les yeux. Il y a cette grande main ouverte. Chagall l'a quelques fois représentée dans ses tableaux. Il y a un grand cœur, offert. C'est fort, tout ça!

Je fais silence, je me laisse envahir profondément.  Est-ce naïf ?

Le Pape François, étudie beaucoup, il écoute encore plus. Il choisit d'aller dans  les périphéries du monde, les cités difficiles des grandes mégapoles, des hôpitaux, des prisons, des pays pauvres et aussi des pays riches. Il a quelque chose à dire  aux uns et aux autres. La terre, c'est notre maison commune, dit-il.

Il nous demande de vivre la miséricorde durant toute une année, et même plus…c'est long, c'est exigeant, c'est difficile. Le prieur de Taizé parle aux jeunes du courage de la miséricorde. Cela ne prétend pas résoudre tous les problèmes du monde. Mais, 'ressentir la miséricorde cela change le monde' Connaissez-vous l'histoire du colibri? La grande forêt est en feu….Le colibri apporte  gouttes d'eau après gouttes d'eau pour éteindre l'incendie!

D'aucuns se moquent…  il répond  :  je fais ma part!   

                           Et, si vous mettiez cette carte bien en vue chez vous? 

         et si vous disiez aux gens,  " bonne année miséricordieuse "     Est-ce si naïf?

 

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Dimanche 3 Janvier 2016  -  L'Epiphanie de Notre Seigneur Jésus Christ

Les trois lectures de ce Dimanche s'enchaînent les unes aux autres pour que se révèle à nous toute la signification de la venue du Christ dans l'histoire humaine.

Avec Isaïe 60/1-6, c'est le temps de la promesse de Dieu.

Il s'agit d'abord du retour des exilés à Babylone, vers 520 avant notre ère, tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche.

Cet événement est considéré comme les prémices d'un immense rassemblement à venir, comportant les amis tous les gens de Saba, en Egypte, et aussi les ennemis les gens de Madiane de la région du Sinaï, et les gens d'Epha…il s'agit de peuples lointains, divers par leurs races,  leurs cultures, leurs religions, tu verras, les nations marcheront vers la lumière, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera.

Avec St Matthieu 2/1-12, c'est le temps des Mages des mages venus d'Orient, des Sages pratiquant l'astrologie venus de la Perse. Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Leur étoile ne leur suffit plus. Ils ont besoin du peuple Juif et de ses Ecritures. Les plus hautes autorités religieuses, les chefs des prêtres et les scribes, leur répondent : Bethléem, de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. Pour autant, ils ne se dérangent pas pour y aller. Les mages, eux,  écoutent les Ecritures, ils partent pour Bethléem. Ils trouvent l'enfant avec Marie sa mère. Ils se mettent à genoux, ils se prosternent devant Lui. Ils Lui font hommage des dons les plus précieux

Ces mages sont, en quelque sorte, l'avant-garde des païens qui se convertiront au Christ fait homme. Ils repartent chez eux par un autre chemin… ils ne repartent pas comme ils sont arrivés. Ils ont changé… Ils ont reçu la lumière

St Matthieu, dans ce court passage, vient de nous présenter un Evangile en miniature : ceux qui devraient  accueillir le Messie envoyé par Dieu ne le reconnaissent pas, leur savoir est stérile, et ne leur sert à rien. Au contraire, ce sont les païens qui viennent Le reconnaître et L'adorer! N'est-ce pas l'histoire de tous les temps, et l'opposition décrite par Matthieu n'habite-t-elle pas le cœur de tout homme?

Avec la lettre aux Chrétiens d'Ephèse 3/2-6, c'est le temps de la Révélation

Saint Paul écrit cette lettre alors qu'il est en résidence surveillée à Rome :

Dieu m'a fait connaître le mystère du Christ. Ce mystère, Dieu ne l'avait pas fait connaître aux hommes des générations passées. Il me l'a révélé maintenant.

Ce mystère, c'est que les païens sont associés au même héritage, au même Corps, au partage de la même promesse, faite depuis toujours : rassembler toute l'humanité en un seul Corps dans le Christ.

Le projet universel de Dieu c'est faire tomber les murs qui séparent les gens, de les réconcilier avec Dieu, et entre eux, pour les faire participer à la Vie de Dieu.

En quoi, tout ce qui vient d'être dit change ma façon de croire au Christ?

Pour moi, en quoi consiste la promesse de Dieu?

Pour moi, que signifie rejoindre ma vie de tous les jours, "par un autre chemin"?

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Dimanche 27 Décembre 2015 - Sainte Famille

Est-ce à un prêtre de parler de la famille? Oui, si il est témoin des familles qu'il rencontre. En tout cas, l'Eglise en parle et considère que c'est même son droit. Les politiques aussi sont d'accord, me semble-t-il, pour reconnaître : lorsque la famille va bien, la société va bien. Quand la famille va mal la société va mal. "La croix" du dimanche 27 décembre 2015 parle de l'acteur très populaire Guillaume de Tonquédec. J'apprends qu'il est connu au cinéma, au théâtre et à la télévision où il revient dans la série " Fais pas ci, fais pas ça " (ça me rappelle quelque chose de mon enfance!) Il incarne le père de la famille Lepic "catho" face à la famille "bobo" (les Bouley). Deux familles, deux styles d'éducation… Cet artiste a dit l'éducation, la transmission, le monde de l'enfance me fascinent. Il me fait penser justement à une dame qui habite à côté. On se croise souvent. Elle est gardienne d'enfants et passe tous les jours avec sa poussette et trois petits. J'ai l'impression qu'ils n'arrêtent pas d'être curieux, de se parler, de poser des questions. Elle cause avec eux et continue son chemin tranquillement. Si l'un pleure, elle sent si c'est vrai, ou si c'est pour qu'on le remarque  davantage.

Les grands parents se désolent : mes enfants et mes petits enfants ne vont plus à l'église. Ils disent qu'ils ne croient pas, que ça ne sert à rien, qu'on s'y embête.

Un soir, après diner, toute la famille, papa, maman, le petit, les plus grands se tournent vers la cheminée pour la prière. Le petit fait une grimace. J'imagine que cela l'ennuie. Non, dit maman. Il se prépare car c'est lui qui éteint la bougie!

Je pense à un grand-père dont le petit fils est handicapé profond. Au lieu de regarder ce qu'il n'a pas, regarde, me dit-il, ce qu'il a en lui de plus. Ainsi, il sent tout de suite quand on l'aime. Un soir son grand-père est couché, malade. Il s'est mis à genoux par terre et il a dit 'grand-père, je prie pour toi' Il avait bien 15 ans. Son grand-père a trouvé pour lui un travail temporaire dans un grand magasin. quand il est parti, tous les employés le connaissaient et l'appréciait.

Quand il y a des difficulté dans un couple, je n'arrive pas à comprendre pourquoi on attend toujours le dernier moment pour aller consulter un conseiller conjugal.

Chaque année, il y avait le pèlerinage au Temple de Jérusalem pour commémorer la délivrance d'Egypte. Quand Jésus eut 12 ans ses parents montèrent avec lui…Après la fête… Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents… Au bout d'une journée, ne le voyant pas dans le groupe, ils retournèrent à Jérusalem… c'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple. Dès que ses parents le virent, ils furent bouleversés. Marie lui dit : ton père et moi nous avons souffert en te cherchant! Jésus répond : ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père? Mais ils ne comprirent pas cette parole.

Mon Père dit Jésus en parlant de Dieu, Votre Père, Notre Père, dira Jésus pour nous c'est la première révélation sur Dieu. Elle passe avant tout, elle importe plus que tout c'est la vérité, nous sommes, fils ou fille de nos parents, et nous sommes, fils ou fille du Père

à condition d'en tirer toutes les conséquences dans la vie quotidienne c'est douloureux que des parents n'apprennent pas à leurs enfants, dès le plus jeune âge "Notre Père" "je vous salue "Marie".

L'éducation chrétienne commence par la prière, celle qui est faite devant eux et avec eux. Un jour ou l'autre, devenus grands, au moins ils pourront dire ça, sans se tromper.

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NOËL 2015

Tourrettes sur Loup a offert pour la nuit de Noël à tous ceux et celles qui sont venus une mise en scène de la Pastorale des santons de Provence d'Yvan Audouard. C'était beau, l'église pleine d'enfants, de parents, de jeunes, d'ainés.

Il y a l'ange boufaréou avec ses grosses joues à force de jouer de la trompette; Joseph, Marie, le berger, pour qui Dieu est comme un berger; les Niçoises et leurs fleurs; Mireille avec ses ganses; le chasseur offre un lièvre; Melchior porte l'encens de son pays; Gaspard un coffret de pièces d'or; Balthazar son urne remplie de myrrhe; et, Jésus qui vient de naître de la Vierge Marie

une phrase de Joseph, lui qui ne parle jamais dans l'Evangile

Marie, tu es la maman de Jésus… mais oui, et c'est vrai pour toujours. Elle est la maman de Jésus, mais aussi notre maman à tous et à toutes. Quelle tristesse de ne pas apprendre dés le plus jeune âge le Je vous salue Marie à un enfant

Par toi, Marie, ce soir, DIEU se fait plus proche, plus près de nous!

La religion chrétienne est la seule qui ose proclamer que Dieu est proche au point de se faire un être humain parmi les autres êtres humains! Ce n'est pas rien de dire cela. Dieu n'est pas en l'air, Dieu en personne est sur la terre, dans le monde des humains. JE SUIS avec vous jusqu'à la fin des temps. Il y a des moments où vraiment, Il est là, ça se sent. Ce peut être les grands moments de la vie : on sent surgir en nous, le meilleur qui se révèle. Même quand la vie est ordinaire, plate, dure, méchante, froide, fracassante, veuillez m'excuser qu'en ce jour je fasse allusion à ce qui s'est passé à Paris en Novembre. Ces mêmes familles vivent Noël aujourd'hui, sans rien oublier. Mais aussi, quelques jours après, quelqu'un, une foule, qui tout à l'heure ne se connaissait pas, s'ignorait, ils sont venus, ils arrivent de partout, ils expriment un geste d'affection… des paroles… des dessins… des lumières… On se sent reprendre courage, on se sent redressés, réchauffés, revivifiés. Pour moi, je dis : là, il y a Dieu au profond.

Voici une lettre parue dans "La croix" Antoine Leiris "Vous n'aurez pas ma haine"

Vendredi soir vous avez volé la vie d'un être d'exception, l'amour de ma vie, la mère de mon fils. Vous n'aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. Alors, non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l'avez bien cherché pourtant. Mais répondre à la haine par la colère… vous voulez que j'ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Je l'ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d'attente. Elle était aussi belle que lorsqu'elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j'en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu'elle nous accompagnera et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n'aurez pas accès. Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n'ai d'ailleurs pas plus de temps à vous consacrer. Je dois rejoindre Melvil qui se réveille. Il a 17 mois à peine. Il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours. Toute sa vie ce petit garçon vous fera l'affront d'être heureux et libre. Car, non, vous n'aurez pas sa haine non plus

S'il vous plait, ne dites pas que Dieu ne fait rien quand quelqu'un vit cela

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Dimanche 20 Décembre 2015 - 4° de l'Avent C - St Luc 1/39-45

Dans la tradition chrétienne, cet Evangile s'appelle de ce beau nom de Visitation.

Il faudrait des futures mamans pour commenter cette visite de Marie à Elisabeth.

Marie est jeune, elle habite Nazareth. Elisabeth est âgée, elle habite Aïn Karim, banlieue Ouest de Jérusalem, 150 Km de distance que Marie va faire à pied. Elles portent l'une et l'autre un enfant qui va naître d'elles, et qu'elles n'attendaient pas. Une rencontre marquée de la mystérieuse présence de Dieu!

J'ai eu la possibilité vendredi de rencontrer des petits enfants de 7 ans, en éveil à la foi. On leur a demandé de rencontrer un prêtre individuellement, ce qui est intimidant pour eux. Après avoir fait connaissance, nos prénoms, notre famille, j'ose avancer une question : Peux-tu me dire quelque chose sur Jésus?

Silence… puis Louis me répond, c'est un gars magique!... Merci de ta réponse… ce n'est pas très juste… il faut que tu grandisses pour le dire d'une autre façon

A un autre enfant, après avoir fait le signe de croix, et une connaissance rapide… Peux-tu me dire quelque chose sur Jésus?... silence…

je ne le connais pas personnellement! silence de ma part, je reste ébloui. connaître personnellement Jésus, c'est ce que j'essaye de faire depuis tant d'années! je n'ai jamais entendu un adulte me dire cela à propos de Jésus!

On me fait comprendre que la réponse de l'enfant ne correspond pas à ce que j'y mets dessous… je veux bien… Je sais en tout cas deux choses : je n'avais pas trop envie de rencontrer ces enfants l'autre soir. Pour le coup, je ne regrette rien. Je sais aussi que Dieu m'a dit une vérité par cet enfant. "connaître personnellement Jésus" Depuis je ne cesse de réfléchir à sa réponse et d'en parler, et je reste ébloui… j'espère pour longtemps. Cet enfant m'a fait vivre une vraie visitation. Je comprends en même temps que j'ai très souvent raté mes rencontres qui auraient pu devenir des visitations où l'on se révèle l'essentiel

 

Le mot visitation a un sens très large. Il s'applique d'abord à Dieu Lui-même. La bible nous le dit : Dieu a visité Son peuple de multiples manières, jusqu'à venir Lui-même dans la personne de Son fils Jésus Christ.

La visitation nous apprend que la rencontre n'est jamais à sens unique. Marie ne fait preuve d'aucune supériorité. C'est Elisabeth qui parle la première. C'est d'elle que Marie reçoit un nouveau titre : tu es bénie de Dieu, pas de l'ange. Marie l'apprend parce qu'elle est venue chez Elisabeth. Marie n'a pas chanté le Magnificat au moment de l'annonciation. Elle ne dit ce chant que par et dans la rencontre avec Elisabeth.        

               …     L'annonciation s'approfondit dans la visitation     …

 

 

Chacun peut relire sa propre expérience quand il se risque dans la rencontre des autres :

                               Qu'est-ce qui me met en route vers l'autre?

                               Quelle hâte m'habite?

                               Quel visage du Christ ai-je reçu des autres?

 

 

Dimanche 13 Décembre 2015 -  3° de l'avent C - St Luc 3/10-18

Jean-Baptiste avait quand même du succès : Que devons-nous faire? demande la foule qui vient pour être plongée dans les eaux du Jourdain… et les publicains aussi, ces financiers palestiniens aux ordres de l'occupant romain. Ils posent la même question : Que devons-nous faire?… même les soldats du contingent s'enquièrent auprès de Jean-Baptiste Que devons-nous faire? elle est belle cette question! elle prouve qu'ils sont décidés à poser des actes, à changer quelque chose dans leur vie. C'est déjà un premier pas

Chacun remarque que Jean-Baptiste ne demande rien qui soit du côté d'un idéal inaccessible. Il répond en fonction de la situation de chacun

  Cette question : Que devons-nous faire?  si nous nous la posions, nous aussi!

Hier soir, à Vence, à 18 heures, des petits enfants, des jeunes, des parents, des personnes plus âgées se sont rassemblées à l'extérieur de la Cathédrale. Derrière le cierge pascal porté par le diacre, et à la suite des enfants de chœur, une procession s'est formée dans la rue. Elle a contourné la Cathédrale jusqu'à la Place Godeau. Là, cette foule s'est rassemblée devant la porte de la Cathédrale, fermée. Instant de silence impressionnant. Le Père Louis, Curé, a frappé à la porte, plusieurs fois    

                   Seigneur… ouvre-nous la porte de la miséricorde

 le temps que chacun, chacune, fasse résonner en eux mêmes cette demande

A première vue, la miséricorde, semble dépassée par les situations personnelles A première vue, la miséricorde, semble dépassée par l'état actuel du monde

       Aujourd'hui, le Pape François ose s'adresser à tous et à toutes

                           entrez dans une année de miséricorde!

          une année de miséricorde, c'est long, c'est exigeant, c'est vraiment une       

           démarche de conversion personnelle à entreprendre. Il faut le vouloir 

    

                               Qu'est-ce donc que la miséricorde?

            La miséricorde, c'est la manière d'être profonde de Dieu

            La miséricorde, c'est la manière d'être profonde de Jésus

Quand il nous arrive quelque chose de difficile à vivre, nous pensons : qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu? C'est faux ce raisonnement. Dieu n'est pas quelqu'un qui se venge. Dieu est comme Jésus. Dieu n'est pas loin. Dieu nous fait vivre. Dieu, comme Jésus nous fait revivre. Sur la miséricorde, Jésus nous a dit

" efforcez-vous d'entrer par la porte étroite " Oui, efforcez-vous

" Heureux les miséricordieux " "heureux" le secret de la vraie joie est là

Etty Hillesum, une jeune juive hollandaise, est morte en 1943 à Auschwitz à 29 ans

Un peu de TOI EN NOUS, mon Dieu. Je vais T'aider, mon Dieu à ne pas T'ETEINDRE EN MOI … mais je ne puis rien garantir d'avance…C'est tout ce qu'il nous est possible de sauver en cette époque, et c'est aussi la seule chose qui compte. Peut-être pourrons-nous aussi contribuer à TE mettre au jour dans les cœurs dévastés des autres

 en nous, mon Dieu. Je vais t'aider, mon Dieu à ne pas T'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d'avance. Peut-être pourrons-nous aussi contribuer à Te mettre au jour dans les cœurs dévastés des autres

restaure, le soutienne, lui donne encore espérance et courage? que faire devant la complexité du monde? Comment bien faire son métier d'homme de femme dans la situation qui est la nôtre… partager, nourrir, ne pas faire violence, aider, se déranger pour autrui, cela s'appelle miséricorde corporelle.

parler à l'inconnu, vouloir écouter un autre différent, pardonner même à un adversaire, être modeste, ne pas loucher sur une autre vie que la sienne, habiter celle-ci avec justesse, donner du temps à la prière personnelle, recevoir le sacrement de la réconciliation cela s'appelle miséricorde spirituelle

Dieu ne demande pas l'impossible, mais ce que nous pouvons faire, Il ne le fait pas à notre place

Le livre du prophète Sophonie

* Sophonie et la joie : Pousse des cris de joie… réjouis toi de tout ton cœur...

Nous sommes vers l'an 650 avant J.C. Jérusalem est en ruines. Les gens n'ont plus d'espérance

* Sophonie proclame : Le Seigneur est en toi, le Seigneur ton Dieu est en toi

Cette déclaration est fondamentale. Elle est le cœur de notre foi actuelle

"Réjouis-toi" "Le Seigneur en ton sein"  se retrouvent dans le récit de l'annonciation

* Sophonie en conclue : Ne crains pas! Ne laisse pas tes mains défaillir!

Par ces paroles, Sophonie reconstruit le peuple et lui redonne espérance

La prière d'Etty Hillesum page 37

Dimanche 6 Décembre 2015 - 2° de l'Avent C

- Une année de Miséricorde où ? quand  ?
Le Pape François vient d'accomplir un voyage pastoral dans trois pays africains dont le dernier à Bangui, capitale de la République Centrafricaine l'un des pays les plus pauvres du monde 176°/178°. Le Pape est entré à la mosquée centrale de Bangui, dans un quartier dangereux. Malgré les mises en garde, François n'a pas renoncé. Il a dit : Chrétiens et Musulmans, nous sommes frères. Nous devons donc nous considérer comme tels. Celui qui dit croire en Dieu doit être aussi un homme et une femme de paix. La Cathédrale de Bangui, est un bâtiment en briques dont les routes d'accès sont en terre. Ce lieu a accueilli, l'année dernière, des centaines de réfugiés chassés de chez eux. Le dimanche 29 Novembre dernier, le Pape a dit c'est ici que j'ai voulu ouvrir la première porte sainte du Jubilé de la miséricorde, en signe de foi et d'espérance pour ce peuple
Le 8 Décembre prochain, le Pape ouvrira la porte de la miséricorde à la basilique St Pierre de Rome, 50° anniversaire de la fin du concile Vatican II.
Dans chaque diocèse du monde, s'ouvrira l'année de la miséricorde.
Dans notre diocèse, plusieurs lieux ont été choisis par l'Evêque : la Cathédrale de Nice, les autres cathédrales du diocèse, Vence, Antibes, Grasse, N.D. de Laghet, le sanctuaire de Valcluse. A Vence, l'année de la miséricorde s'ouvrira Samedi 12 Décembre à 18 h. Voir le feuille 'ensemble'

Qui est concerné?
Tous les Chrétiens, tout être humain de bonne volonté qui voudra entrer lui-même dans " le défi de la miséricorde". Il en sera question via Internet et les réseaux sociaux, même pour les prisonniers, même les criminels, si ils ont la volonté de se repentir, toute personne décidée à "changer de vie"

Pour Quoi?
La miséricorde, c'est le nom propre de Dieu. Dieu est Miséricorde La miséricorde est la nature même de Dieu tourné vers le monde créé par Lui.
Dans le mot miséricorde, il y a misère et cœur
Un monde privé de compassion et privé de miséricorde est un monde froid et injuste. La mentalité contemporaine tend à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. La miséricorde est le mot clé de l'existence chrétienne

Cette année de la miséricorde comporte des actes spécifiques
- Se rendre dans un lieu ou plusieurs lieux indiqués signe que la vie est un pèlerinage
- Entrer par la porte de la miséricorde la miséricorde est un but à atteindre, qui demande engagement et sacrifice. " passer par la porte étroite " selon l'expression de Jésus
- Recevoir le sacrement de réconciliation, communier, dans un esprit de conversion
- Ressentir de la miséricorde, ce mot change tout, cela change le monde. Un peu de miséricorde fait en sorte que le monde soit moins froid et plus juste. Pape François
En avant, c'est l'Avent!

Dimanche 29 Novembre 2015 - 1er de l'Avent C - St Luc 21/25-28 . 34-36

Aujourd'hui, une nouvelle année liturgique s'inaugure : premier Dimanche de l'Avent. Il s'agit de revivre les fondements de la foi au long de l'année chrétienne.

Je crois en Dieu Père. Il existe, avant tous les siècles. Il est créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible. Il est Père

Je crois en Jésus Christ. Il est Dieu. Il est né de Dieu avant tous les siècles.

Par l'Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie, Il s'est fait un homme. C'est Noël. L'Eglise appelle cet évènement, l'incarnation.

Crucifié pour nous, Il souffrit Sa passion, Il est mort.

Le troisième jour Il est ressuscité des morts.

Pâques Dieu arrache l'humanité du péché, de la perdition, de la mort. L'Eglise appelle cette situation la rédemption/libération

Je crois en L'Esprit Saint. Il est Seigneur et Il donne la vie.

Pentecôte. Jésus se rend intérieur à nous par le don de l'Esprit Saint. L'Eglise appelle ce don la sanctification

J'attends la résurrection des morts, la vie du monde à venir. L'Eglise appelle cet évènement l'Eschatologie, ou la Parousie, la doctrine des "derniers temps".

Tous les dimanches, debout, nous proclamons les fondements de la foi

Que nous dit la Parole aujourd'hui?

des malheurs arriveront sur le monde… oui, la terre crie, la terre souffre, le monde est dur, il y a de la violence, de la haine.

le Fils de l'homme viendra dans la nuée avec grande puissance et grande gloire

La première communauté chrétienne pensait que la deuxième venue du Seigneur était imminente et qu'il fallait s'y préparer tout de suite. Nous, maintenant, nous ne pensons pas souvent à ce retour du Christ qui mettra un terme à l'histoire du monde. Cela nous paraît si lointain. Cela ne veut pas dire que Dieu nous a quittés et nous laisse seuls, désemparés. Maintenant, la présence du Christ est devenue intérieure à chacun et chacune. Je serai avec vous tous les jours

Mais pour autant, Dieu ne fait pas à ma place ce que je peux faire moi-même

Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur s'alourdisse… ainsi, vous serez jugés dignes de paraître debout devant le Fils de l'homme.

Il y a plus de 30 ans Françoise Rudetzki a été frappée par une bombe alors qu'elle fêtait ses 10 ans de mariage dans un restaurant près du Palais-Royal à Paris. Jusqu'alors, très préservée par la vie, elle a puisé, depuis trois décennies, une force admirable après des semaines de coma. J'ai lutté pour conserver mes jambes, pour garder l'intégrité de mon corps. Au-delà de plusieurs opérations et du sida, contracté lors de transfusions sanguines, j'ai pu remarcher avec une seule béquille. Je ne mesurais pas ma chance. Cette question a surgi en moi : que sont devenues les victimes des attentats? J'ai créé l'association SOS attentat, alors qu'il n'existait rien. L'association s'est dissoute depuis. Ce combat a été essentiel dans ma reconstruction. Le stress post traumatique, je l'ai surmonté comme ça. La semaine dernière, elle a offert son aide à la Mairie du 11° arrondissement. Son regard est lumineux. 'La croix' Dimanche 29 Novembre 2015.

 

Dimanche 22 Novembre 2015 - Christ Roi de l'univers - St Jean 18/ 33-37

Dans l'Evangile de St Jean, Jésus est toujours face à autrui. Ici, Jésus est face à Ponce Pilate, le gouverneur romain qui a tout pouvoir sur Lui. Roi, royauté, sont cités 6 fois

Mais, en quel sens Jésus est-Il roi?

Sa royauté n'est ni celle qu'attendent les Juifs, ni celle qu'imagine Pilate, ni celle des hommes qui la juge à la force des armées et à l'étendue des conquêtes…

Dans cet interrogatoire, Jésus se révèle Le Maître

Pilate lui demande pour la deuxième fois : Alors, tu es roi? Jésus répond

Tu l'as dit : JE SUIS ROI. Jésus s'engage entièrement

Ma royauté ne vient pas de ce monde… ma royauté ne vient pas d'ici…

Sa royauté vient d'ailleurs. Elle vient de là où Jésus est venu, elle vient de Dieu

Je Suis venu dans le monde, le monde, c'est nous c'est la multitude, Son expression

Pour rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la Vérité entend ma voix. Appartenir, s'ouvrir à la vérité pour entendre la voix du Christ. Pilate, lui, il choisit de ne rien entendre en disant qu'est-ce que la vérité?

 

Le jour de notre baptême, chacun de nous a été établi prêtre, prophète et roi. Dans ces temps que nous vivons, comment être roi à la manière du Christ?

Résumé d'un article de Jean-Claude Guillebaud "La Vie" 19-25 Novembre 2015

… Les Européens ont vécu une période de paix de 70 années… le terrorisme, même le plus meurtrier est une guerre bien particulière… On pourrait remplacer le mot 'guerre' par "états de violence" qui s'insinuent jusque dans notre univers quotidien : cafés, gares, restaurants, lieux publics… que voulaient les commanditaires? ils voulaient d'abord nous faire trembler, et ensuite nous pousser vers une contre-violence vengeresse en France contre les Français musulmans. Ils visaient une victoire psychique et non pas militaire. C'est la "grosse caisse" médiatique qu'ils voulaient faire fonctionner dans ce but.

- première remarque. Cette fois-ci, la cible des terroristes n'était ni des caricaturistes de Charlie Hebdo, ni des juifs, ni même des chrétiens, ou je ne sais qui. La vraie cible, indifférenciée, c'était tout le monde. Il s'agissait de tuer le plus d'hommes et de femmes possible pour épouvanter les politiques et mettre en branle les médias. C'est ce qui se passe en Irak, en Syrie, dans le Caucase.

- Deuxième remarque. Pour la première fois, sur le sol français, on a utilisé des kamikazes, des gens prêts à mourir. Il y a ceux que la mort indiffère et ceux qui, comme nous, attachent encore, avec raison, un grand prix à la vie humaine. Eux, ils savent qu'ils vont mourir avec le statut de martyrs, qu'on leur a promis. Leur détermination calme est de nature psychotique.

… Il faut donc nous préparer, collectivement et civiquement à ces "états de violence" sans céder à la panique.

         Notre vraie réponse aux terroristes sera de ne plus jamais être 'terrorisés'

 

Cette dernière phrase est facile à dire, difficile à pratiquer. La peur se terre dans nos entrailles. Si nous vivons en "états de violence" alors, chacun, chacune est concerné.

Comment est-ce que je vais m'y prendre pour assainir mes peurs? en parler…ne pas attendre tout des autres… des décisions politiques…

Qu'est-ce que je dois changer dans ma façon de vivre?

Qu'est-ce que je dois changer dans mes comportements, dans mes relations aux autres?

Qu'est-ce que je dois m'interdire? les jugements tout faits, les assimilations hâtives, ramener mon égo, mon sentiment de supériorité… à de plus justes proportions

Ces jours derniers, des comportements nouveaux se sont révélés. Donnons des exemples

 

Dimanche 15 Novembre 2015 - 33° ordinaire B - St Marc 13/24-32

Les attentats meurtriers à Paris, les morts, les blessés très gravement atteints, leurs familles, les premiers secours, le corps médical, la police, les répercussions Que nous dit la foi? La terreur, la haine, la rage de tuer, ne viennent pas de Dieu. Il est Créateur, Il est puissance de Vie. Il est force d'Aimer.

Que nous dit la foi? En Jésus, Dieu s'est fait un homme. Sa vie a été tournée vers les autres, tous les autres, sans distinction. Il est venu en faisant le bien. Il n'entrait pas dans les arrangements, les combines, les double jeu, les mensonges. Alors, on l'a tué.

Que nous dit la foi? la haine, la vengeance, la mort n'auront pas le dernier mot

Que nous dit la foi? En Jésus, Sa Vie, Sa force d'aimer sont plus fortes.

Que nous dit St Marc dans l'Evangile d'aujourd'hui?

Il rédige son Evangile à Rome vers l'année 70. Les Chrétiens sont persécutés par l'Empereur Néron et ses successeurs. Pierre et Paul ont été mis à mort. La guerre a lieu en Palestine. La foi des chrétiens a de quoi être ébranlée. St Marc s'adresse à eux, il ne cache pas l'abomination de la désolation. Il présente un Jésus très humain, proche des gens, qui guérit, qui donne la vie dès maintenant. Il annonce surtout un Jésus plus fort que le Mal et que la mort.

Jésus est assis sur le mont des oliviers, et, en face, de l'autre côté de la rivière du Cédron, il y a Jérusalem avec son Temple magnifiquement reconstruit par Hérode. Il a fallu 42 ans de travaux. Nous sommes en pleine Semaine Sainte.

Il a, avec Lui ses disciples. Jésus leur annonce que ce temple sera détruit.

Donc, il n'y a pas à attendre la restauration du royaume de David, ni du sanctuaire qui centralisait le culte d'Israël.

D'autre part, Il les avertit, prenez garde qu'on ne vous abuse, et Il leur répète cette consigne, veillez donc… ce que Je vous dis à vous, Je le dis à tous, veillez! Méfiez-vous des faux messies prometteurs d'espérances vaines. La prédication de l'Evangile dans le monde entier s'accompagnera d'oppositions, de conflits, de persécutions et d'épreuves de toutes sortes. Tout cela s'est vérifié au long de la vie des Eglises chrétiennes dans l'histoire du monde.

Venons-en maintenant à La Parole au centre de ce chapitre 13/26-27 :

" Et alors ils verront le Fils de l'homme venant des nuées avec grande puissance et gloire,

et alors   il enverra les anges     et il rassemblera ses élus,     des quatre vents, de la pointe de la terre à la pointe du ciel "

 

L'à venir n'est pas à la destruction, l'à venir est au retour du Fils d'homme.

L'expression "Fils d'homme" ne nous est pas familière. Elle résume qui est Jésus. Dieu Fils dans sa relation à Dieu Père, et, en même temps un homme, parmi tous les hommes. Jésus, à notre porte, maintenant. Jésus qui enverra les anges, Jésus qui rassemblera de la pointe de la terre à la pointe du ciel. Tout se passe comme si présent et futur se rejoignent. La foi? un certain regard. Il discerne l'à venir quand sortent les feuilles fragiles du figuier. Il n'y a que Jésus pour dire les évènements, la Vie de cette manière!

  

Dimanche 8 Novembre 2015  -  32° Dimanche ordinaire

1°livre des Rois 17/10-16 - Lettre aux Hébreux 9/24-28 - St Marc 12/38-44

Voici trois pages de la Bible. La première dans le 1er livre des Rois, parle d'une veuve avec son enfant, au Liban, hors du peuple Juif. Elle est sans ressource. Cependant, elle va donner au Prophète Elie, un verre d'eau et tout ce qui lui reste, un morceau de pain. Ce don sera une source qui se renouvèlera sans cesse

La lettre aux Hébreux s'adresse à une communauté bouleversée. En l'an 70 de notre ère, le Temple de Jérusalem, son culte, le fondement de la religion juive, tout cela est détruit. Plutôt que de se réfugier dans la nostalgie d'un passé perdu, l'auteur tourne les chrétiens vers le Christ : tout est accompli par le Don Total de Lui-même une fois pour toutes

La troisième page se situe dans le Temple de Jérusalem, la salle du trésor. Une pauvre veuve s'avance et met deux petites pièces de monnaie. Jésus admire le don de cette personne. Jésus appelle ses disciples : Je vous le dis, cette pauvre veuve a mis dans le trésor plus que tous les autres. Tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre.

Je transpose ces trois récits dans l'actualité

Quelles sont 'les peurs' de notre société, française?

-  la peur des migrants que nous appelons avec mépris, les envahisseurs étrangers. Le Liban reçoit actuellement des réfugiés de Syrie qui atteignent la moitié de ses habitants. En France, on parle de 30.000 personnes qui viendraient dans les années à venir, alors que nous sommes 60 millions d'habitants!

-  la peur de l'Islam fanatique. L'Islam fanatique existe. Il fait des ravages horribles, il détruit des régions, il tue, il sépare des familles entières, hommes, femmes, enfants, innocents de cette guerre, ni de cette sois disant religion. L'Islam fanatique ne résume pas tout l'Islam.

Nos peurs nous enferment; nous emprisonnent.  E lles ne sont pas bonnes conseillères

Le Christ regarde avec une immense bonté cette femme veuve qui a donné tout ce qu'elle avait, Il connaît et suscite tous les gestes de miséricorde anonymes à travers le monde

Depuis le début de l'année, 430.000 personnes ont traversé la Méditerranée, plus de 2.500 sont mortes noyées. Tout le monde a entendu parler  de l'île de Lampedusa. A Palerme, sur le quai Puntone, en Sicile, qui est au courant de l'infinie délicatesse dans la prise en charge des corps, de ces noyés? le soin sourcilleux accordé à l'identification, les mille précautions pour offrir à chacun, la sépulture la plus digne. Que de modestie, que de tendresse dans tous ces gestes dont on ne parle pas.

Et les associations de tous ordres pour venir en aide sont nombreuses. Dimanche prochain, sera la journée nationale du Secours catholique. Dans les Alpes maritimes, il y a 409 bénévoles qui oeuvrent  dans 33 lieux d'accueil. Ces bénévoles ont rencontré, aidé, et accompagné 8.239 personnes cette année.

Oui, il faut encore et encore revenir, insister,… recommencer. Rien n'est jamais gagné. Il faut toujours se battre pour faire le bien, alors que le mal est la pente naturelle. La lettre aux Hébreux nous dit : Jésus Christ s'est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude. Tout en nous est sauvé par le Croix de Jésus

 Quand on a plus rien à donner, ou à faire, il ne reste plus qu'à se donner soi-même

Dimanche 1er Novembre 2015

- La Toussaint - St Matthieu 5/1-12-

Tous les saints et saintes sont réunis aujourd'hui dans une seule grande fête, La Toussaint. Je voudrais montrer que des gens ordinaires vivent la sainteté dans la vie de tous les jours… * Le 1er Novembre 1975, il y a 40 ans, le Cardinal Marty confie l'église St Gervais à Paris, 4° à La fraternité monastique de Jérusalem, appelée les moines et moniales en pleine ville. L'intuition de départ vient de Pierre-Marie Delfieux 1934-2013, prêtre du diocèse de Rodez. A l'issue de 2 années au Sahara, près de l'ermitage du Père Charles de Foucauld, il a découvert la nécessité de se dépouiller pour faire l'expérience de Dieu : Etre moine dans la ville, cela signifie que nous entendons l'appel de Dieu, non dans le silence de la campagne, mais dans le bruit de la ville. La nuit de Noël 1973, il a reçu une très belle vision : le globe terrestre entouré d'une multitude de visages humains dessinant, peu à peu, le Visage du Christ. Le Christ Total avec une part de chacun, de chacune d'entre nous. Puisse cette image s'inscrire en nous durablement. Pierre-Marie Delfieux découvre l'écartèlement du Christ : totalement tourné vers le Père, et revenant sans cesse vers les foules. Depuis, plusieurs communautés de moines, de moniales, de laïcs suscitent en pleine ville des lieux de prière, de pardon, d'accueil * François est le premier Pape à être issu d'une Mégapole, Buenos Aires, 13 millions d'habitants. Il y est né et il la traversait en transports en commun pour en atteindre les faubourgs miséreux. Son pontificat est jalonné de passages dans les Ninive contemporaines, Rio de Janeiro, Séoul, Istanbul, Manille, Cuba, New-York… * Et Madeleine Delbrêl 1904-1964. A vingt ans, elle se convertit dans un émerveillement qui ne la quittera jamais. Elle venait de découvrir Celui qui fut pour elle "un quelqu'un" selon sa propre expression. Peu à peu naquit en elle le désir de partir au milieu des incroyants et des pauvres pour y vivre l'Evangile "au coude à coude" avec eux. Avec deux de ses amies, elles passent le diplôme d'assistante sociale. C'est ainsi qu'elles se retrouvent à Ivry-sur Seine, en pleine banlieue communiste, qu'elles ne devaient plus quitter N'est-ce pas une bonne introduction à la fête de la Toussaint que de regarder toutes ces personnes, transformées profondément par la Sainteté de Dieu? Partout existe le pire, et partout, il y a la Sainteté de Dieu à l'œuvre " Les Béatitudes " ces paroles de Jésus qui commencent toutes par "Bienheureux" ou par "en marche", ou "en avant", selon les traductions, évoquent les situations quotidiennes qui arrivent un jour ou l'autre sans préavis - Les pauvres de cœur, ceux et celles qui s'efforcent d'aimer malgré tout - Ceux et celles qui pleurent leurs malheurs, et ceux des autres - Ceux et celles qui sont assez forts pour être doux - Ceux et celles qui ont faim et soif de la justice - Ceux et celles qui ont de la compassion pour autrui - Ceux et celles dont le cœur est pur, c'est-à-dire unifié - Ceux et celles qui créent la paix autour d'eux et d'elles - Lorsqu'on vous insulte, que l'on vous persécute, et que l'on dit faussement, contre vous, toute sorte de mal à cause de Moi des millions sur terre vivent ces situations dans le quotidien de leur existence. Quand une joie profonde, une force les habitent, ça se voit, ça se sent, ça passe Les vies qui sont à Dieu sont des vies qui prient, quelles qu'elles soient, où qu'elles soient. Leur prière est à la fois un don de Dieu et une conquête. Une vie dans le monde qui ne prie pas n'est pas à Dieu. Madeleine Delbrêl

Dimanche 12 Juin 2016  -  11° C  -  St Luc 7/36-50

Un pharisien, pratiquant, invite Jésus à déjeuner… on se met à table, on s'allonge sur des divans selon la coutume… le déjeuner commence normalement…

entre une femme de la ville, une pécheresse, elle a appris que Jésus est là…

*   les invités, le maître de la maison, et nous… si nous étions là… imaginez le silence, lors de son arrivée… elle n'est pas invitée… tout le monde la connaît… ce n'est pas sa place ici… surtout elle… on ne voit qu'une chose en elle, sa vie décousue… un seul regard peut enfermer définitivement une personne… et nous enfermer nous-mêmes dans nos jugements intérieurs…

*  Elle… vraisemblablement, elle a vu Jésus Christ au milieu des gens… elle l'a entendu parler… Tout commence par Dieu. Elle a senti qu'elle était pardonnée, aimée complètement, totalement, envahie par le pardon, remise de ses dettes, comme un être nouveau, Dieu par Jésus s'est inscrit en elle… elle n'est plus la même… Jésus a fait d'elle une autre personne… on lui dit que Jésus est dans cette maison… alors, tant pis pour ce que les gens penseront ou diront… elle risque le tout pour le tout…

elle apporte un vase précieux plein de parfum, elle s'approche, se tient derrière Jésus, ses larmes mouillent ses pieds, elle les essuie avec ses cheveux, les couvre de baisers, et y verse le parfum…

c'est sa manière à elle… elle offre à Jésus ces marques de repentance, de reconnaissance… personne dans l'assistance n'a su donner à Jésus de tels signes…               

 

*    Jésus… Il la laisse s'approcher… Le toucher devant tout le monde… aller jusqu'au bout de son repentir… Alors, seulement maintenant, Il prend la parole

un créancier a deux débiteurs. L'un lui doit cinq cent pièces d'argent (le salaire de deux années et demie de travail) l'autre cinquante (deux mois de travail). Ni l'un ni l'autre n'ont de quoi le rembourser… Toute l'attention se concentre sur les derniers mots de la parabole : il leur en fit grâce… Quel est celui qui l'aimera le plus?

Simon est comme le débiteur de deux mensualités de travail. Pourtant il na pas versé d'eau sur les pieds de Jésus, il ne l'a pas embrassé, il ne lui a pas fait d'onction d'huile sur la tête.

La pécheresse est comme le débiteur qui doit deux années et demie de travail : elle ne réussira jamais à solder sa dette!. L'unique issue est la grâce pour tous les deux!

Au départ il y a le pardon de Dieu, Son infinie Miséricorde. C'est toujours Dieu qui commence et non, nous. L'Amour qu'Il nous témoigne déclenche ensuite, l'amour que nous pouvons donner à notre tour et non l'inverse.

La traduction française "ses nombreux péchés sont pardonnés parce qu'elle a montré beaucoup d'amour" ne correspond pas au texte original grec qui s'exprime ainsi

"Je te le  dis : elle aime beaucoup, celle à qui on a beaucoup pardonné. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu"

Celui qui ne se sent pas rejoint par la miséricorde de Dieu a du mal à aimer Dieu 

 

Cet Evangile doit m'aider à retrouver la joie de vivre le sacrement de la réconciliation

_  dans ma vie actuelle, de quoi je veux remercier Dieu? dans quelles circonstances j'ai  

    senti Sa Miséricorde?

_  dans ma vie actuelle, qu'est-ce qui me pèse le plus? qu'est-ce que je voudrais ne pas      

    avoir fait?

_  dans ma vie actuelle, le résumé de ma foi c'est : Jésus, j'ai confiance en toi