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Groupe Oecuménique 

Objectif : Vivre des rencontres de "Partage Biblique" (rencontres mensuelles un vendredi soir à 18h 30 à la Cité Paroissiale de Vence.

Vivre des temps de Célébrations communes

(lors de la semaine de Prière pour l'Unité des chrétiens....

le Matin de Pâques, au col de Vence à 6h pour chanter Le Christ Soleil Levant, autour d'un feu...) .....

Partager la joie dans les Fêtes des uns et des autres, chez les uns chez les autres....

 

  • Contacts : Paroisse 04 93 58 42 00

 

Célébration Oecuménique ce Samedi 16 janvier 2016 en la Cathédrale de Vence,

avec la Présence du Révérend Peter Jackson de l'église Anglicane, et du Pasteur de l'église protestante unie de Vence.

Voici l'homélie du Pasteur Christian Barbery:

Mathieu 5, 13 à 16

« Vous êtes le sel… la lumière du monde»

Jésus nous interpelle : « Vous êtes le sel de la terre ! Vous êtes la lumière du monde ! Sans vous, dit Jésus, la terre est fade, la terre devient inconsommable. Sans vous, le monde devient sombre.

Chers frères et soeurs, c’est avec un peu d’effroi que je lis ce passage. Quelle immense exigence ! Elle risque même de nous surpasser à telle point que je peux me poser la question : mais ces paroles sont-elles vraies ? Les chrétiens sont-ils le sel de la terre, la lumière du monde ?

Et même si cela était vrai, ces paroles ne sont-elles pas l’expression d’une conscience élitiste insupportable, d'un manque d'humilité ? Nous sommes la lumière du monde, nous les chrétiens ! Avant nous étaient les ténèbres. Avant nous il n’y avait rien ! On entend ici et là des chrétiens qui affirment qu’avant le christianisme, le monde était celui des barbares, de même qu’on entend quelquefois des protestants dire qu’avant la Réforme, il n’y avait pas grand chose d’interessant.

Pour enlever à ces paroles de Jésus une interprétation élitiste, je voudrais rappeler deux figures émientnes du XX siècles : la figure de Gandhi.
Gandhi a été bouleversé par le message de l’Evangile. Mais s’il n'est pas devenu pas devenus chrétiens, ce n’est pas à cause de l’Evangile, c’est à cause de l’Eglise. Gandhi dans son autobiographie dit avoir été particulièrement touché par le Sermon sur la Montagne Pensant que le christianisme pouvait être une réponse au système des castes en Inde, il a pensé devenir chrétien. Mais il raconte qu’un jour en Afrique du sud, lorsqu’il a voulu entrer dans une église pour prier un dimanche, on lui a dit qu’il serait le bienvenu dans une église réservée aux Noirs. En Inde, il verra l’attitude des riches colons anglais face à la misère de millions d’Hindous. Et il dira un jour : le christianisme est très bon. Mais bpc de chrétiens sont très mauvais.

Voilà qui devrait nous appeler à l’humilité, si ce n’est à la repentance. Mais, je voudrais maintenant faire trois remarques sur cette parole de Jésus. Il me semble en effet que ces paroles sont sous le signe d’une triple promesse liée à la lumière dans le chapitre 4 de l’évangile de Mathhtieu.

D’abord, pour l’évangéliste, à travers les paroles et les actes de Jésus se réalise

une promesse de l’AT, une promesse d'Esaie qui dit ceci : « le peuple qui était dans les ténèbres voit une grande lumière ; sur ceux qui habitent le pays de l’ombre de la mort, une grande lumière resplendit. »

Ainsi, avant qu’il nous soit dit que nous sommes la lumière, nous entendons la promesse selon laquelle la lumière est apparue. Ce n’est pas à nous de la créer. Ce n’est pas à nous à l’introduire dans le monde. La lumière perce dans le monde comme au travers de sombre nuages. Elle trouve en un lieu une trouée pour tous : en Jésus, dans ses paroles et ses actes. En lui resplendit une lumière qui brille depuis le début, qui illumine chaque être humain venu au monde. Il est la lumière de Dieu. Dieu lui-même est lumière.

Voilà pourquoi ce n’est pas nous qui jetons l’étincelle de sens dans un monde de non-sens, mais c’est elle qui est allumée en nous par l’appel de Dieu. Cet appel de Dieu est l’étincelle de sens qui allume dans l’obscurité une lumière, la lumière de la vérité

La seconde promesse liée à la lumière, au début du sermon sur la montagne fait de nous des représentants de lumière. Je la relis « vous êtes la lumière du monde… lire les versets en question.
En lisant ces versets, ma première impression est la suivante : cette promesse n’arrive t-elle pas un peu trop rapidement ? Il y a à peine un instant, les auditeurs de Jésus étaient un peuple assis dans les ténèbres, soupirant après le lumière et voilà qu’à présent ces gens qui écoutent le Sermon sur la Montagne doivent devenir eux-mêmes lumière. Et parmi eux des boiteux, des possédés, des estropiés, des gens faibles, des disciples.

Mais finalement, n’est-ce pas cela qui est la caractéristique de la lumière de Dieu en ce monde : elle rayonne de façon d’autant plus lumineuse qu’elle tombe dans l’obscurité. Elle rayonne d’autant plus qu’elle atteint une vie sans lumière. C’est précisément parce qu’il y a l’ombre que la lumière peut se répandre, se rendre visible pour l’entourage. C’est précisément là que l’obscurité devient lumière, que ceux qui reçoivent la lumière deviennent diffuseurs de lumière.
Mais on peut alors se poser une question : par quel moyen ou par quel miracle ce qu’il y a autour de nous s’illumine-t-il ?

Le sermon sur la Montagne dit que c’est par de bonnes œuvres. On ne doit pas les cacher sous le boisseau mais les rendre visibles pour tous.
A ce sujet, je voudrais poser une autre question : cela n’est-il pas en contradiction avec un autre passage du sermon sur la montagne où il est dit qu’il faut prier, jeuner et faire l’aumône dans le secret ? Ici en revanche, Jésus invite à faire de bonne œuvres devant les hommes, non en secret, mais en public.

La contradiction ne tient plus en fait lorsque l’on sait la manière dont le judaïsme comprenant le terme « bonnes œuvres ». C’étaient des actes qui exigeaient l’engagement propre d’une personne, comme par exemple visiter des malades, héberger des étrangers, participer à un enterrement, consoler des endeuillés, faire la paix… L’aumone était parfois distinguée de ces bonnes oeuvres en ce sens qu’on pouvait s’y consacrer incognito, en restant en retrait. Alors que les autres bonnes œuvres, les œuvres d’amour ne sont véritables que si on les fait en tant que personne propre. Et ce faisant, il est nécessaire d’entrer en contact avec ceux à qui s’adressent ces œuvres. Ce faisant, on ne peut pas rester incognito. Il faut se rendre visible, paraître en public.

Une dernière question découle alors immédiatement de cela : à quel public est-il fait allusion ici ? A quel public s’adresse le sermon sur la montagne ? On comprend souvent le sermon comme s’il se rapportait au fond au domaine privé de notre personne, à notre disposition intérieure. C’est là-bas que devrait rayonner la lumière de l’Evangile dit-on.
Dans la promesse de lumière qui nous est adressée, il est au contraire fait allusion à trois domaines.

D’abord le monde. Ceux qui suivent Jésus se doivent de ne pas être seulement la lumière pour leurs amis, mais « lumière du monde ». Ensuite, on rencontre l’image d’une ville située sur une montagne. Une ville dans l’Antiquité est identique à la société. Enfin, on parle du porte-lampe dans la maison. La maison, c’est la famille. C’est donc le domaine public le plus réduit. Mais dans l’Antiquité, la maison est plus que la famille, c’est déjà une petite entité économique.
Alors que conclure sinon que c’est le monde entier, la société toute entière et la maison tout entière aussi qui doivent être remplis de la lumière des bonnes œuvres. Il n’y a aucune restriction à un domaine intériorisé, il n’y a pas un endroit où l’Evangile ne doive briller. Ce que les chrétiens font par leur engagement personnel, cela doit rayonner dans tous les domaines. Ce qu’ils font pour instaurer la paix, assurer la liberté, la justice, conserver la création, c’est cela qui doit être visible, visible en ce qu’ils s’engagent personnelelement.

Mais j’en reviens à ma question de départ : n’est-ce pas un peu trop élitiste tout cela ? Quand nous voyons ce que nous représentons , le nombre d e protestants, de chrétiens, une minorité, ?

Et bien, à cela, je ne peux que répondre que personne ne peut dire « nous sommes la lumière du monde », nous sommes le sel de la terre. Ces deux choses, elles nous sont dites. On nous les confie. Ceci est confié aux humains qui sont assis dans les ténèbres. Ceci est confié à ceux qui sont interpellés par les béatitudes : les boiteux, les pauvres en forces vitales, les endeuillés, ceux qui ont faim et soif de justice, ceux qui sont persécutés. Vous le voyez, les gens à qui s’adresse ces paroles ne sont pas membre d’une élite. Et pourtant, c’est avec ces personnes comme ça que Dieu veut faire des grandes choses. C’est à travers eux qu’il veut faire luire sa lumière dans le monde. Avec nous, il prévoit de faire plus que ce que nous pensons être capables nous-mêmes de faire.

Et c’est justement un grand problème car : en avons-nous le courage ? Ne disons-nous pas plus souvent : je ne suis pas une lumière ou bien encore, je ne peux vraiment rien faire ou mettre en œuvre.

Je pourrais alors avoir une parole consolatrice en disant : il n’est pas dit que « tu es la lumière » mais « vous êtes la lumière ». Non pas « tu es le sel », mais « vous êtes le sel ».
Cela signifie que tu n’es pas seul. Et puisque c'est la semaine de prière pour l'unité, extrapolons et disons que c'est tous ensemble, protestants, anglicans, catholiques, orthodoxes, c'est tous ensemble que nous sommes lumière ; Tous ensemble et chacun en particulier.

Alors, soyons lumineux. Nous sommes lumineux si nous laissons entrer en nous cette lumière qui vient de Dieu en Jésus.
Nous sommes lumière à travers notre existence, lorsque nous faisons tout pour que les humains n’oublient pas de louer Dieu et de lui rendre grâce et de proclamez ses hauts faits comme nous y invite Pierre dans son épitre.

Amen.
Pasteur Christian Barbéry